1946-2017 : un peu d'Histoire

 

Frises Parutions

 

Le Journal


Mgr Parisot écrit parution journal 1946 Lettre de monseigneur Louis Parisot, parue dans le premier numéro du journal, en 1946.

Le bulletin catholique de doctrine et d’information La Croix au Dahomey est fondé au mois de janvier 1946 par le Père Jean-Louis Caër, prêtre missionnaire de la Société des missions africaines. C'est le journal le plus ancien du Bénin, et seule publication en Afrique francophone qui paraisse sans interruption depuis si longtemps.

Parution 1970 la Croix du Bénin du Dahomey

Parution de 1970, intitulée à l'époque "La Croix, bimensuel catholique du Dahomey"





D’abord mensuel, La Croix au Dahomey devient bimensuel à partir du mois de janvier 1963. 
En 1975, La Croix au Dahomey devient La Croix du Bénin. Le journal traverse des moments difficiles durant la période communiste (1974-1989), sous la République populaire du Bénin (sous laquelle il modifie son nom en "La Croix du Bénin" en 1975). La légitimité de l'existence du journal était remise en cause, et la censure du régime révolutionnaire effectuait des saisies d'éditions dont le contenu était jugé "contre révolutionnaire".

Parution La Croix du Bénin Election Pape Jean-Paul 2 1978Parution de 1978 peu après l'élection de Jean-Paul II. Le nom du journal est depuis 3 ans "La Croix, Bimensuel catholique de doctrine et d'information du Bénin"

 



En 1976, l'Imprimerie Notre-Dame, créée en 1976 dans les locaux même du journal, en assure l'impression depuis cette date. En janvier 2006, La Croix du Bénin se dote d’un nouveau logo. Dans le même temps, le contenu est revu dans son ensemble, et plusieurs rubriques sont créées. En janvier 2008, le bimensuel devient hebdomadaire. Fin 2010 La Croix du Bénin se dote d’une maison d’édition, «Les Éditions La Croix du Bénin ». En avril 2017, le journal est publié (de manière partielle) sur son site internet (croixdubenin.com).

 

 

Les directeurs successifs

Père Jean-Louis Caër (Fondateur - 1946)

Père Jean Louis Caer

Jean-Louis Caër est né en France, à Plabennec, dans le diocèse Breton de Quimper, en 1910. Il fit ses études dans les maisons de la Société des Missions Africaines et y fut ordonné prêtre en 1934.
Au séminaire, il se révèla posséder un caractère énergique et travailleur. Il passa deux ans à Rome et présenta à l'Angelicum une brillante thèse de théologie positive. Puis, le nouveau docteur fut nommé professeur de dogme à Lyon.
Assuré, entier, il donnait à ses élèves une impression de sécurité et engageait tout son être dans ce qu'il entreprennait. Incapable de prendre du "bon temps", ne trouvant son ascèse que dans le travail.
Il tomba malade en 1942 (de la tuberculose semble t-il). En 1945, d'attaque pour de nouvelles tâches après plusieurs périodes de convalescence active, le père Caër obtient de partir pour le Dahomey. 
D'abord Vicaire à Abomey, il s'attelle à son ministère, particulièrement l'école, avec une intelligence, un esprit de clarté, d'ordre et de méthode, qui émerveille Mgr Steinmetz, curé d'Abomey.
Mais après seulement 11 mois de séjour, le mal le reprend. Repartant en France afin d'y recevoir des soins mieux appropriés, le père Caër laissa une œuvre : le bulletin catholique de doctrine et d'information, "la Croix au Dahomey".
Il mourrut seulement quelques mois après son retour.

(Source : https://defunts.smainternational.info). Lien vers l'article d'origine.

Père Joseph Guérin (de 1946 à 1947)

Joseph Guérin

Joseph Guérin est né et a été baptisé le 14 août 1901 à Campbon, en Loire-Atlantique et dans le diocèse de Nantes, dans une famille très pauvre mais riche de sept enfants : une fille et six garçons. Deux deviendront membres des Missions Africaines et un sera frère de l'Instruction Chrétienne.

Ils feront tous leurs études primaires à l'école libre de la paroisse et Joseph poursuivra ses études secondaires au petit séminaire de Pont-Rousseau. Il entrera ensuite au noviciat de Chanly où il prononcera son serment missionnaire le 31 juillet 1921. Après ses deux années de service militaire à Châteauroux, il commence sa théologie au grand séminaire de Lyon. Pour sa deuxième année de théologie, il rejoint Pont-Rousseau où l’on a besoin d'un surveillant d'études chargé aussi de la musique et du chant. Joseph Guérin est ordonné prêtre le 3 juillet 1927.

Le jour même de son ordination, il est nommé professeur de mathématiques et de sciences à Offémont dans l'Oise. Deux ans après, il devient aussi directeur du séminaire, mais il précise surtout préfet de discipline. En 1931, il est nommé supérieur du petit séminaire de Pont-Rousseau, tout en assurant aussi quelques classes de mathématiques et d'anglais. Il s'efforce aussitôt de réorganiser cette importante maison et qui le deviendra encore plus quand, en 1937, on fermera Offémont pour ouvrir à Rezé les classes du second cycle, de la troisième à la terminale.

Il donne pleine satisfaction au conseil provincial, si bien qu'en 1937, il est nommé supérieur du noviciat de Chanly et professeur de philosophie scholastique. La déclaration de guerre viendra perturber la vie des uns et des autres. Le noviciat se replie au Rozay et le père Joseph Guérin, attendant sa mobilisation, en est l'économe jusqu'en janvier 1940. A cette date il est mobilisé à Nantes comme secrétaire au bureau de recrutement et, au mois de mai, désigné pour Rochefort, puis Port-Vendres et l'Algérie. En fait, il sera démobilisé à Perpignan le 22 juillet et rejoindra Lyon où, pendant un mois, il sera vicaire-auxiliaire à Lyon-Monplaisir. Nommé de nouveau supérieur au Rozay, il y arrive comme économe, au mois de septembre. Nous sommes dans une époque troublée ; les élèves du sud de la ligne de démarcation ne pouvant rejoindre Pont-Rousseau, Chamalières est désigné pour les recevoir et le père Joseph Guérin reçoit encore une nouvelle affectation. Il est choisi pour devenir le supérieur de ce séminaire agrandi et professeur de mathématiques et de sciences. Il y arrive vers le 15 novembre 1940. Le père Audrain, jusqu’ici prisonnier et hospitalisé, va être libéré en 1941 et peut donc reprendre sa place de supérieur de Chamalières.

Le père Joseph Guérin demande alors à partir en Afrique. Sa demande est acceptée et il s’embarque à la mi-novembre 1941 pour le Dahomey. Il est d’abord vicaire à Porto-Novo jusqu'au 22 février 1945. C'est pendant ce séjour à Porto-Novo qu'il lance le Frères d'Armes des Missions pour maintenir le contact entre les pères mobilisés et les autres. Ce petit bulletin ne durera qu’un an. On lui demande de quitter Porto-Novo pour devenir professeur de troisième au petit séminaire de Ouidah. Dès le mois de juillet 1945, il devient supérieur des deux séminaires de Ouidah et est nommé vicaire délégué de monseigneur Parisot. Il retrouve certains problèmes de son supériorat à Pont-Rousseau : les bâtiments devenant trop petits, il lui faut commencer de nouvelles constructions.

Le 17 mai 1947, le père Joseph Guérin est élu conseiller et vicaire général de la SMA. Il quitte le Dahomey le 2 août 1947. Après quelques mois en famille et une cure à Vichy, il arrive à Rome le 10 octobre. Il restera dans la ville éternelle pendant 21 ans : vicaire général jusqu'en 1968 et procureur général, de 1952 à 1969.

Comment décrire tout ce que le père Joseph Guérin a été et rappeller tout ce qu'il a fait pendant ces vingt et un ans de séjour au Généralat ? Le père Hardy et le père Bonfils le rappelleront le 25 mars 1977, quand le père reviendra à la Nocetta pour y célébrer ses 50 ans de sacerdoce.

Le Père Hardy : Il y a peu de confrères dans la Société qui soient hors de leur province aussi connus que le père Joseph Guérin. Il est connu pour les innombrables actes de service personnel rendus avec dévouement et bonté à tous ceux qui sont venus à Rome ou lui ont demandé un service. Le père Guérin était là pour tous sans exception : évêques, prêtres, frères ou amis. Il était là toujours prêt à rendre tous les services qui lui étaient demandés. A tout cela s'ajoutait son travail de vicaire général et de procureur près du Saint-Siège.

Le père Bonfils : Pour nous qui l'avons connu Via dei Gracchi, au temps de nos études, le père Guérin était le symbole vivant de l'internationalité de la Société, par sa maîtrise de l'anglais et de l'italien. A cette époque de nos constitutions, il n'existait pas encore de textes sur la collaboration interprovinciale, mais le père Guérin la vivait. Pas plus qu'il n'existait de texte sur l'exercice de l'autorité, mais le père Guérin était un supérieur proche et cordial. La vie d'un témoin de la Société en dit plus long que tout ce que l'on peut écrire sur elle.

De 1969 à 1980, le père est aumônier des Sœurs nda de Marino près de Rome et il donne jusqu'à trente heures de cours privé par semaine, en anglais, italien, mathématiques, musique. A 76 ans, quel bel exemple de vitalité et d'esprit de service. (Père Hardy)

Début 1980, le père parle de plus en plus de Montferrier et il se décide à venir s’y installer. En juillet 1980, conduit par le P. Hardy venu le prendre à Marino, il arrive dans notre maison de retraite pour y déposer ses bagages, mais repart avec son frère Alphonse pour une dernière visite au pays natal. Il se plaira beaucoup dans cette maison de repos comme il le dira quatre mois après son arrivée en ajoutant : Je remercie le Bon Dieu de m'y avoir amené.

Il décède à Montferrier le 29 juillet 1981, un an après son arrivée. La leçon principale de sa vie me semble être la manière dont il a su harmoniser une grande fidélité - il faudrait dire une piété filiale - vis-à-vis de la Société et un sens aigu du service de l'Afrique. La SMA était pour lui à la fois une famille et une institution ecclésiale qui lui permettait de réaliser sa vocation missionnaire. Son sens du devoir et son attachement à sa famille missionnaire l'ont amené à ne jamais refuser les services qu'on lui a demandés. (P. J. Hardy)

Outre sa valeur humaine, qu'il me soit permis de souligner ces qualités de cœur et de l'esprit : gentillesse, discrétion, délicatesse qui rendaient si agréable sa compagnie. On aimait bien parler avec lui, car il mettait tout le monde à l'aise. Ajoutons à cela ses vertus sacerdotales de piété, de ponctualité, de dévouement qui traduisaient une vie spirituelle profonde. (Abbé Fortineau)

Père Paul Falcon (de 1948 à 1952)

Paul Falcon

Paul Falcon est né le 27 juin 1917 de Blaise Falcon et de Anna Maurin à Prévenchères dans le diocèse de Mende, département de la Lozère. Il est baptisé à Prévenchères le 2 juillet 1917. Il fait ses études primaires à l'école laïque de Crouzet dans la Lozère et ses études secondaires à Clermont-Ferrand et à Offémont. Il se fait remarquer par son intelligence, sa mémoire, son ardeur au travail, par la rectitude de son jugement et son bon caractère, mais on signale déjà sa santé médiocre.

Il rejoint ensuite le noviciat de Chanly. Sa mauvaise santé l'oblige à quitter pendant quelques mois. Le 18 juillet 1937, il peut cependant prononcer son serment qui le fait membre des Missions Africaines. Après quoi, il rejoint sa famille pour se reposer à Mâlons dans le Gard. Après son service militaire, il entre au grand séminaire de Lyon où il est ordonné prêtre le 6 janvier 1942.

Très brillant élève, ses supérieurs pensent l'envoyer aux Facultés catholiques de Lyon pour y prendre des grades en théologie, mais le professeur de dogme du séminaire sma étant tombé malade et ceux qui auraient pu le remplacer étant mobilisés, le père Falcon est désigné comme professeur de théologie au '150'. De l'avis de tous, il réussit parfaitement. Après la guerre, en 1946, on se trouve dans la nécessité de fournir un corps professoral au grand séminaire de Ouidah, au Dahomey. Le manque de personnel qualifié - conséquence de la guerre - conduit à faire appel, de nouveau, au père Falcon. (P.Bruyas)

De retour en France, en 1952, il est encore nommé professeur de dogme au séminaire sma de Lyon. Le père Falcon accepte mais, cette fois-ci, douloureusement. C'est qu'il a été nommé également directeur spirituel des séminaristes, fonction qu'il redoutait un peu. Il fera pourtant merveille, aux dires du père Delhommel.

En revenant au Dahomey en 1956, il est d'abord nommé curé de Saint-François-Xavier de Porto-Novo où il ne reste qu'un an. Puis, monseigneur Bernardin Gantin, son évêque, lui confie l'important collège Aupiais de Cotonou.

Il rentre assez fatigué en 1961 et, après une année à la Faculté de Toulouse, il est nommé supérieur du grand séminaire de Lyon en remplacement du père Dalbin. En 1963 on écrit de lui : Il a été fatigué au début de l'année… Il travaille énormément… Nos jeunes théologiens le trouvent sévère mais l'apprécient hautement. En 1964 cependant, le père, dans l'enseignement de la théologie, va rencontrer quelques difficultés avec certains séminaristes qui trouvent son enseignement un peu trop traditionaliste. Le père Falcon laisse à d'autres la charge d'enseigner le dogme et donne sa démission de supérieur. Le père provincial n'accepte pas et, l'année suivante, pensant que les difficultés s'apaiseront, renouvelle au père Falcon son mandat de supérieur. Mais le père n'accepte plus d’enseigner et donne de nouveau sa démission qui est acceptée en 1966.

Le père retourne donc au Dahomey où il est nommé aumônier national des Equipes enseignantes et professeur de religion auprès des élèves des collèges non-catholiques de Cotonou. C'est au collège Aupiais, en janvier 1967, qu'en présence de monseigneur Gantin et de monseigneur Boucheix, de nombreux prêtres, religieuses et laïcs qu'il célèbre ses 25 ans de sacerdoce. A cette occasion, monseigneur Gantin rappelle que le jubilaire a aidé à la formation intellectuelle et spirituelle de centaines de prêtres africains et européens, que plusieurs évêques africains sont passés entre ses mains, qu'il a profondément marqué les laïcs qu'il a eu à former et qu'il a aidé à mieux faire connaître le Dahomey par sa brillante thèse de doctorat en théologie sur la religion du Vodou et les superstitions au Sud-Dahomey.

En 1968, l'Assemblée provinciale choisit le père Falcon comme responsable de la Province. C'est au cours des années suivantes que la question des contrats entre les évêques et la SMA va se poser. Le père Hardy écrit le 17 janvier 1970 à ce sujet : Du point de vue des contrats, je crois que c'est un plein succès. A part quelques changements de forme, rien d'essentiel n'a été changé au texte que j'avais emporté dans mes valises.

Cependant, quelques problèmes vont surgir entre le père Falcon et les membres de la conférence épiscopale du Dahomey. Monseigneur Gantin est prêt à dialoguer avec le père Mondé, supérieur général. Celui-ci arrive accompagné par le père Falcon. Ce sera justement l'occasion, écrit le père Mondé à monseigneur Gantin, de discuter bien fraternellement et de repartir avec un esprit nouveau. Cette visite et les visites que le père Falcon fera plus tard aux évêques montreront que les rapports entre le clergé africain et les missionnaires sma demeurent excellents : Mon dernier voyage au Dahomey et en Côte d'Ivoire, dira en 1972 le père Falcon, avait pour but principal d'écouter les évêques et les prêtres africains… De part et d'autre, il y a partout une nette volonté de travailler ensemble. On m’a dit : nous avons encore besoin des missionnaires. En mars 1971, le père Falcon sera fait officier de l'Ordre National du Dahomey.

Au cours de l'année 1973, dans le questionnaire préparatoire à l’Assemblée provinciale, une large majorité de confrères désire garder le père Falcon comme provincial. Mais c’est le père Jean Bonfils qui est élu comme supérieur provincial. Le père Hardy écrit au père Falcon le 6 juillet 1973 : Pour tout ce que vous avez fait durant ces cinq années, je vous remercie… Je sais bien que vous partez le cœur en paix, acceptant en esprit de foi et avec confiance, la nouvelle situation. Je suis sûr que d'autres seront heureux de profiter de vos qualités et de votre expérience.

Le père Falcon a la joie de revoir le Dahomey. A Djimé, petit séminaire situé près d’Abomey, il travaille, comme autrefois à Saint-Gall de Ouidah, à la formation du clergé dahoméen. Il va donc se remettre à l'enseignement et il va s'occuper aussi d'un petit village voisin : il faudrait me remettre au fon comme je m'étais remis à l'anglais. Son adaptation à Djimé n'est cependant pas facile, physiquement et psychologiquement. Il pense alors revenir à Lyon pour suivre une année de recyclage en théologie et aller ensuite à l'ISCR à Abidjan, où l'abbé Isidore de Souza le réclame.

En novembre 1976, le père Falcon est effectivement à Abidjan et tout à fait adopté à l'ISCR où on le considère comme le "vieux" que l'on applaudit beaucoup le jour de l'ouverture. Il est heureux de constater la bonne entente entre étudiants et professeurs. Il a beaucoup de travail, mais il s'y intéresse. Ce seront ses dernières années.

En 1980, il rentre en congé pour quelques mois. Comme chaque fois qu'il était en France pour l'été, le père Falcon était aux Houches dans son cher massif du Mont-Blanc. Après une sortie en montagne, le lundi 4 août, il contacta son médecin ; son cœur donnait des signes de fatigue. Le mercredi 6 au soir, il faisait cependant une longue conférence sur l'Afrique, très appréciée par les vacanciers.

Dans la nuit, il s'éteignait brusquement, sans doute d'une crise cardiaque. Après une belle célébration avec les amis des Houches, la messe d'enterrement avait lieu à Sainte-Marie de la Guillotière à Lyon, messe concélébrée par trente-cinq confrères. Le père Jean Bonfils prononça l'homélie : Partout où il est passé, le père Falcon a eu le souci d'aider une Eglise locale à naître. C'était la vocation de monseigneur de Brésillac aux Indes. C'est la vocation de la Société en Afrique. Ce fut la vocation du père Falcon pour qui il n'existait pas de projet personnel qui ne s'inscrive dans le projet de l'Institut auquel il appartenait et de l'Eglise qu’il voulait servir.

Père François-Xavier Brégainst (de 1952 à 1953, puis de 1954 à 1958)

Xavier Brégainst

 

Père Pierre Guégaden (de 1953 à 1954)

Pierre GUÉGADEN

 

Père Christophe Adimou (de 1958 à 1960)

Monseigneur Chistophe ADIMOU

 

Père Maurice Grenot (de 1960 à 1966)

GRENOT Maurice, ancien directeur de publication de la croix du benin

Maurice Grenot est né le 30 décembre 1915, à Dijon, où son père est employé de chemin de fer. Il aura deux frères : André et René. Après la mort de leur maman en 1938, leur père s'est remarié, et deux autres enfants sont nés : Bernadette et Jean-Louis. A l'age de 3 ans, Maurice attrape la grippe espagnole et risque d'en mourir. Il va à l'école à Saint-Jean de Losne, où son père est affecté, puis aux Laumes, et à Besançon, où il devient enfant de chœur. Maurice n'envisage pas devenir prêtre, mais son père le pousse à entrer au petit séminaire de Flavigny, où lui-même a fait ses études. Là, Maurice décroche le baccalauréat et, en 1934, après réflexion, il entre au grand séminaire de Dijon.

Le 28 octobre 1935, monseigneur Louis Parisot, vicaire apostolique de Cotonou, est ordonné évêque à Dijon. Au cours de la cérémonie, Maurice entend par trois fois résonner dans sa tête : Et toi, pourquoi ne partirais-tu pas là-bas ? Et cela dure plusieurs mois. En octobre 1936, Maurice part à l'école militaire de Saint-Maixent, d'où il sort aspirant. Il est heureux et rêve de devenir officier. Mais sa maman tombe malade, et meurt le 5 janvier 1938. C'est un choc pour lui ; il renonce à se rengager dans l'armée d'active pour revenir au séminaire. En mars 1939, c'est le rappel sous les drapeaux, puis la drôle de guerre, la défaite de 1940, et la démobilisation. Maurice retourne au grand séminaire, et il est ordonné prêtre à Dijon le 29 juin 1942.

L'abbé Maurice Grenot est nommé au petit séminaire de Flavigny comme préfet de division et maître de chapelle, fonctions qui le passionnent. Depuis l'armée, il a abandonné l'idée des missions. Et voici que l'appel retentit à nouveau. Maurice fait sa retraite à l'abbaye de Cîteaux. Là, le père Abbé le renvoie à sa tâche de professeur. Mais, le 30 novembre 1948, en la fête de Saint-André, le texte de Saint-Paul retentit en lui comme un coup de tonnerre : Comment croire et être sauvé sans avoir entendu sa Parole ? Et comment entendre sa Parole si personne ne la proclame (Rom. 10,14) ? Maurice en parle à son évêque qui lui demande d'attendre. Pourtant, Maurice contacte les Missions Africaines et, trois jours plus tard, il obtient la permission de partir.
Il s'embarque, le 1er septembre 1951, pour le Dahomey, où il est nommé à Allada, vicaire du père Michel Cousteix. L'année suivante, il rejoint la paroisse Sainte-Anne de Porto-Novo. C’est là qu’il devient membre des Missions Africaines, le 19 septembre 1952, en prononçant son serment missionnaire. D'abord vicaire du père René Bothua, il le remplace comme curé en janvier 1954. Monseigneur Parisot lui demande d'implanter la Légion de Marie dans sa paroisse. Il forme les légionnaires et, tous les soirs, pendant 4 mois, il visite avec eux les 900 familles de la paroisse qui se déclarent, plus ou moins, chrétiennes.

En 1955, le père Grenot est nommé à Savalou et, l'année suivante, il devient directeur des écoles du grand diocèse de Cotonou, tout en développant la Légion de Marie à travers tout le pays. Il demeure 3 ans responsable des écoles catholiques, mais il n'en gardera pas un souvenir enthousiaste.

En 1959, sans être passé par le moule de la SMA, le père Grenot se retrouve vice-régional, alors que le père Bothua est régional. Il est, en même temps, curé du Sacré-Cœur d'Akpakpa. En 1960, il est dégagé de cette responsabilité et nommé directeur et rédacteur du journal "La Croix du Dahomey", alors qu'il n'a aucune formation en journalisme. Il s'y intéresse et transforme la petite revue en un journal mensuel, puis bimensuel de 8 pages. Grâce aux Légionnaires dont il s'occupe toujours, le journal augmente sans cesse son tirage.

Le père Grenot va jusqu'à l'extrême limite de ses forces pour assurer seul un travail confié après lui à 3 personnes ! Ce surmenage détériore sa santé dès le milieu de l'année 1965. Il cherche alors un laïc pour le remplacer. Il le trouve en la personne de monsieur Ernest Mihami, et, fin janvier 1966, il embarque sur le Mermoz pour revenir en France. Il accepte, alors, la charge d'une petite paroisse de son diocèse, à Chailly-sur-Armançon. Il s'y plait beaucoup : les paroissiens l'aident à rénover l'église, avec un nouvel autel face au peuple, et à faire électrifier les cloches. Ainsi, il réveille la communauté paroissiale de ce village, depuis longtemps abandonné.

En 1968, le père Grenot se prépare à retourner au Dahomey, mais il est élu délégué à l'assemblée provinciale. Il devient un des conseillers du père Paul Falcon, qui vient d’être élu provincial. Il quitte alors Chailly pour Lyon, mais il y revient pour les grandes fêtes et à l'occasion de ses congés annuels.

Le père Grenot va s'initier aux affaires de la Province, alors qu'il n'a jamais reçu de formation sma. Il est chargé, particulièrement, des confrères de la diaspora, de la maison de la Croix-Valmer, de la rédaction du Lien, et du secrétariat du Conseil provincial. En 1969-1970, il retourne au Dahomey pour l'ordination de monseigneur Vincent Mensah, puis pour l'intronisation de monseigneur Christophe Adimou, nouvel archevêque de Cotonou, après le départ de monseigneur Gantin pour Rome. Il en profite pour accomplir une vaste tournée en Côte d'Ivoire, pays qu'il connaît peu.

En 1973, le père Grenot est élu supérieur des confrères en Europe, alors que le père Jean Bonfils est le nouveau provincial. Il accomplit cette responsabilité avec beaucoup de fidélité. En juin 1975, il tombe brusquement malade, alors qu'il est en Ardèche. On le ramène à Paris, et on lui découvre un cancer de la thyroïde ; on lui fait l'ablation totale de cette glande au mois d'octobre. Pour lui, ce sont des mois pénibles avec une décalcification de la colonne vertébrale. Son moral devient parfois défaillant. Néanmoins, 3 mois après l'intervention chirurgicale, il participe, en 1976, au COPREX qui a lieu à Bouaké en Côte d'Ivoire.

Arrivent les élections de 1978. Le père Grenot veut repartir au Bénin, où monseigneur Adimou le réclame, mais le nouveau provincial, le père Raymond Domas l'en empêche et le nomme à l'information de la Province. En lien avec le père Pierre Legendre, il travaille à l'encart de l'Echo des Missions Africaines, dans la revue Peuples du Monde, au grand calendrier sma, et à la revue l'Appel de l'Afrique. Pour enrichir sa documentation, il va sur place, en 1979, au Bénin et en Côte d'Ivoire, et en 1980, il fait le tour de toutes les Provinces, en Europe et en Amérique. Il partage son temps en deux lieux de résidence : au 150, à Lyon, et au 36 rue Miguel Hidalgo, à Paris. En collaboration avec quelques confrères, il fait paraître l'album La Joie que je vous souhaite, pour présenter le travail missionnaire de la SMA.

En 1983, le père Grenot est libéré de l'information, et veut repartir au Bénin, mais il doit y renoncer à cause d'une allergie dans les yeux. Le père François Fénéon lui demande alors de mettre de l'ordre dans les archives de la Province. Puis, le 1er juillet 1984, il accepte, à contrecoeur, de succéder au père André Martin comme supérieur à la procure de Paris ; mais, n'arrivant pas à s'adapter à l'ambiance de cette maison, il donne sa démission, trois mois plus tard, et revient à la rue Hidalgo pour achever le classement des archives.

Fin novembre 1984, le père Grenot est à Rome pour la béatification d'une carmélite de Dijon, sœur Elisabeth-de-la-Trinité (1880-1906). C'est l'occasion pour la maison générale de lui demander d'apporter son aide à la publication des écrits de monseigneur de Brésillac. De 1986 à 1988, il fait alors de longs séjours à Rome. Ces écrits de notre fondateur paraissent en 1987, parmi lesquels Souvenirs de douze ans de mission. En 1988, il en choisira les passages les plus significatifs, et les publiera sous le titre : Je les aimais. Depuis fin 1985, le père Grenot se consacre, aussi, à la rédaction de quelques 200 biographies des confrères de la Province, décédés depuis juillet 1963 ; bon connaisseur des archives, il fait des recherches pour ces biographies qu'il rédige longuement.

Le père Grenot poursuit ce travail à Paris pendant 10 ans, dans l'attente du face à face avec le Seigneur, surtout après la découverte d'un nouveau cancer à la lymphe, contre lequel il lutte courageusement. Au mois de juillet 1993, son hémogramme devient mauvais. Il sait alors que ses jours sont comptés. Pourtant, assis devant son "traitement de textes", et pianotant avec dextérité, il continue à travailler jusqu'au jour où il doit être hospitalisé à l’hôpital de la Pitié-Salpétrière. C'est là qu'il nous quitte le 1er juillet 1994, à l'âge de 78 ans.

Lui-même avait préparé une homélie pour ses funérailles: c'est son testament spirituel dont voici quelques lignes : Je remercie Dieu de la marche qu'il m'a fait suivre, qui m'a paru parfois tortueuse, mais qui me fut toujours bienfaisante : j'ai toujours cru davantage au signe des événements qu'à mes propres imaginations… Le plus beau jour de ma vie, c'est celui de ma mort, car, enfin, je vois Dieu face à face, tel qu'Il est ! Depuis mon enfance, j'ai éprouvé une immense curiosité : voir Dieu.

Ernest Mihami (de 1966 à 1975)

Ernest Mihami

 

Barthélemy Assogba Cakpo (de 1975 à 2004)

Barthélemy Assogba Cakpo

 

Père André S. Quenum (de 2004 à 2014)

Père Andre Quenuum

Né au Bénin le 30 novembre 1966, le Père André Quenum a été ordonné prêtre par le pape Jean-Paul II le 3 février 1993.

Il a vécu 8 ans aux États-Unis, où il a suivi des études de journalisme (MA en journalisme (1999) et PhD en communication (2004) à l’Université de Duquesne à Pittsburgh) et a enseigné le français.

Directeur de publication de La Croix du Bénin depuis 2004, il a tiré sa révérence le Lundi 10 novembre 2014.

Père Crépin M. Acapovi (2015)

Père Crépin Acapovi