L’horizon de la vérité

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Il y a vingt ans paraissait l’encyclique Fides et ratio (La foi et la raison) du pape Jean-Paul II le 14 septembre 1998. Ce livre fut un véritable manifeste pour la pacification des rapports entre la foi et la raison. En effet le pape philosophe y soulignait l’importance de conjuguer la raison et la foi dans le respect de leur spécificité pour atteindre la Vérité. Ainsi, la fécondité de la foi chrétienne tient principalement à l’accueil des possibilités de discussion rationnelle entre raison et foi dans la compréhension de la Révélation. En analysant la crise intellectuelle et morale du monde contemporain, Jean-Paul II avait mis en garde contre les nouveaux périls qu’il désigne sous les noms de scepticisme, relativisme, irrationnel, nihilisme, fondamentalisme ou scientisme.

Deux décennies plus tard l’encyclique garde toute son actualité car les nouveaux périls dénoncés par le saint Pape existent et se multiplient au rythme de l’accélération des nouvelles technologies de l’information et de la communication. Non seulement nous vivons dans une ère de post modernité mais aussi de postvérité. Pour prendre un exemple, il est facile aujourd’hui de passer une fausse nouvelle (fake news) pour une nouvelle véritable au moyen des réseaux sociaux.

C’est pourquoi notre responsabilité est encore plus grande aujourd’hui. N’est-il pas devenu urgent de rechercher la vérité dans l’expérience quotidienne de notre vivre-ensemble ? Nous devons toujours nous poser la question de notre capacité d’esprit critique et de discernement face au flux d’informations que nous recevons chaque jour. Ce même exercice sera utile face aux réalités spirituelles et phénomènes extraordinaires, ou encore face à la dictature de toute pensée dominante. C’est là le chemin d’une vraie libération.

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Serge N. BIDOUZO

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Construire dans la durée

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S’il y a un point de consensus sur lequel la majorité des Béninois s’accordent aujourd’hui, c’est bien la crise de l’éducation. Il faut bien le constater : notre système éducatif peine à s’émanciper de ses problèmes d’année en année : année scolaire perturbée par les grèves, baisse de niveau des apprenants, déficit de formation continue des enseignants, formationin adaptée aux exigences du marché de l’emploi. La liste est bien plus longue. Mieux, les mauvais résultats enregistrés lors des examens del’année académique écoulée montrent que la crise ne fait que s’aggraver. Des voix s’élèvent pour situer et peser les responsabilités des uns et des autres dans cet échec. Exercice certainement nécessaire mais qui laisse entier le problème : Comment réformer le système éducatif pour combiner qualité éducative, réussite des élèves et étudiants, progression des acquis dans le parcours scolaire, pertinence en termes de qualification et de compétence pour le développement de notre pays ?

Vaste chantier qui demande des solutions dans la durée. La tendance lourde qui consiste à trouver des solutions dans l’urgence n’est jamais efficace. Car le sort réservé aux enfants dans notre société mérite des réflexions plus profondes. En tout cas, cet objectif nous oblige à une grande attention à l’expérience de la durée.

Au fond, c’est tout le système éducatif qu’il faudrait rebâtir sans complexe. La priorité des priorités doit demeurer de restaurer la confiance entre les différents acteurs que sont les apprenants, les parents d’élèves, les enseignants et les pouvoirs publics. En favorisant un dialogue social constructif et objectif sur la sécurisation de l’école, sur la qualification des enseignants, sur la qualité de l’enseignement, sur l’aide de l’État aux apprenants et sur la création des liens innovants entre la formation et le marché de l’emploi. C’est ainsi que nous pourrons poser les jalons indispensables pour un système éducatif plus performant et porteur d’avenir.

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Serge N. BIDOUZO

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L’appel de Dublin

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« Dieu désire que chaque famille soit un phare qui rayonne la joie de son amour dans le monde ». Ces mots du pape François le 25 août 2018 à l’occasion de la IXe Rencontre mondiale des familles à Dublin, sonnent comme un appel à l’engagement pour l’amour. Le Souverain Pontife s’appuie sans complexe sur l’importance de la vie familiale et du mariage chrétien comme icônes de l’amour de Dieu et de sa sainteté dans le monde.

En réalité, la famille humaine souffre d’une crise majeure, devant laquelle l’Église se sent la responsabilité d’intervenir. L’institution familiale est aujourd’hui partout attaquée. Il existe en Occident une tendance fortement médiatisée à la dévalorisation de la famille, notamment au niveau législatif : légalisation de l’avortement, du « mariage » homosexuel, ou de l’euthanasie. Mais il y a un risque de penser que la crise de la famille n’est qu’en Occident. Elle existe aussi chez nous, en Afrique et au Bénin. En effet, si l’on peut encore se prévaloir de la conscience d’une forte identité familiale, les défis existent et nous interpellent : situation de rupture, violences et abus, faillite dans l’éducation des enfants et des adolescents, chômage, situation de pauvreté profonde, etc. La réalité est là : notre société nous interpelle sur des défis bien réels.

Face à la crise, le pape François remet en avant la responsabilité de la famille chrétienne à manifester la force transformatrice du message du Christ dans le monde actuel. Et quand il dénonce la « culture du déchet », la frénésie de la consommation, la course à la seule satisfaction personnelle, le manque de dialogue au sein des familles, souvent dû à un mauvais usage des médias sociaux, et le refus des normes morales et éthiques, c’est avec la conviction que l’Église a une responsabilité de premier plan à jouer. Elle a pour mission d’indiquer à la famille humaine le chemin de l’amour, du pardon et de la solidarité dans une union fortifiée par la grâce de Dieu.

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Serge N. BIDOUZO

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