C’est à travers la pauvreté et l'humilité que Dieu choisit de se révéler

Lectio Divina

« Comment allons-nous comparer le Royaume de Dieu ? Ou par quelle parabole allons-nous le figurer ? C’est comme un grain de sénevé qui, lorsqu’on le sème sur la terre, est la plus petite de toutes les graines qui sont sur la terre; mais une fois semé, il monte et devient la plus grande de toutes les plantes potagères, et il pousse de grandes branches, au point que les oiseaux du ciel peuvent s’abriter sous son ombre.» Mc 4, 30- 32

Tout au long des Évangiles, nous pouvons comprendre comment la vie, l’enseignement et le message de Jésus sont fondés, non sur de grandes thèses, ni de grandes idées, mais sur une vérité toute simple : C’est à travers la pauvreté, l’anéantissement que Dieu choisit de se révéler. Le Royaume de Dieu ne vient pas avec fracas, éclat ou en triomphe. Jésus est né à Bethléem, il a pris notre condition humaine dans toute sa pauvreté ; Il a vécu dans une petite portion de notre terre, sans se faire servir comme un roi, ni adulé comme un leader politique (il fuira la gloire humaine à chaque occasion que les gens venaient le saisir pour faire de lui leur roi), mais comme un Serviteur, un Bon Berger, celui qui donne sa vie pour ses Brebis.

Et le Royaume de Dieu qui a été semé en nous au jour de notre Baptême, ce  « petit grain » de vie divine où se cache le Père, le Fils et l’Esprit Saint, est appelé pourtant à grandir, à s’étendre, à prendre toute la place dans notre coeur, dans nos actions, dans notre manière de penser et d’agir.

Passer du désir obsédant de pouvoir, d’avoir et de savoir pour entrer par la porte étroite dans le Royaume, où les pauvres et les petits sont les premiers, n’est pas facile pour nous. Convertir notre soif d’être bien vu, glorifié, exalté, en désir de servir l'Église dans l’obscurité des tâches quotidiennes vues de Dieu seul, demande un « revirement » radical. À vrai dire ; peut-on jamais dire que l’on s’est converti pour de bon, puisque ces désirs « désordonnés » nous surprennent parfois, et nous montrent leur puissance d’attraction au moment où nous y pensions le moins ! Telle personne mise en valeur alors que je suis ignoré, inconnu, telle promotion que j’ai convoité et qu’un autre a eu.

La patience de Dieu ! L’amour miséricordieux de notre Père du Ciel qui sait de quoi nous sommes pétris, qui ne se lasse pas de nous attendre là où nous n’avons aucune envie de le suivre, dans la pauvreté et l’humilité à l’exemple de son Fils venu, non pour être servi, mais pour servir.

Dieu, toi qui es Père, apprends-nous sans te lasser à démasquer nos idoles de grandeur, de pouvoir et du désir d’écraser les autres pour mieux exister. Aide nous à regarder Jésus, ton Fils, et d’apprendre de lui sa manière d’être, sa douceur, son humilité, son infini respect de chaque être humain. Donne-nous un coeur qui écoute, un coeur de pauvre pour accueillir ton Royaume au plus profond de nous-mêmes et le faire ainsi grandir dans notre monde.

La Rédaction