Seigneur, rends moi la joie d'être sauvé

Lectio DIvina2

Qui a cru ce que nous entendions dire, et le bras de Yahvé, à qui s’est-il révélé ? Comme un surgeon il a grandi devant lui, comme une racine en terre aride ; sans beauté ni éclat pour attirer nos regards, et sans apparence qui nous eût séduits ; objet de mépris, abandonné des hommes, homme de douleur, familier de la souffrance, comme quelqu’un devant qui on se voile la face, méprisé, nous n’en faisions aucun cas.

Or ce sont nos souffrances qu’il portait et nos douleurs dont il était chargé. Et nous, nous le considérions comme puni, frappé par Dieu et humilié. Mais lui, il a été transpercé à cause de nos crimes, écrasé à cause de nos fautes. Le châtiment qui nous rend la paix est sur lui, et dans ses blessures, nous trouvons la guérison. Tous, comme des moutons, nous étions errants, chacun suivant son propre chemin, et Yahvé a fait retomber sur lui nos fautes à tous.

Maltraité, il s’humiliait, il n’ouvrait pas la bouche, comme l’agneau qui se laisse mener à l’abattoir, comme devant les tondeurs une brebis muette, il n’ouvrait pas la bouche. Par contrainte et jugement, il a été saisi. Parmi ses contemporains, qui s’est inquiété qu’il ait été retranché de la terre des vivants, qu’il ait été frappé pour le crime de son peuple ? On lui a donné un sépulcre avec les impies et sa tombe est avec le riche, bien qu’il n’ait pas commis de violence et qu’il n’y ait pas eu de tromperie dans sa bouche. (Cf. Is 53, 1-9)

Nous avons ici la parfaite image du Serviteur Souffrant, arrivé au sommet de sa mission. Offert en sacrifice, livré pour le peuple, abandonné par les siens: « Qui donc a eu souci de son destin » ? Nous ne pouvons que nous taire devant la Parole de Dieu qui nous révèle si bien le visage de Jésus.

Humble, venu non pour être servi mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude. Il s’est fait obéissant jusqu’à la mort, et la mort sur la Croix. Voilà bien le mystère de Pâques. Jésus s’est abaissé, nous révélant l’amour fou de Dieu pour nous; un amour qui ne peut que se livrer jusqu’au bout, sans calcul, sans résistance, établi le pardon, le don total de lui-même.

Il n’y a pas d’autre Dieu que celui-là, et nous sommes appelés à convertir notre idée erronée d’un Dieu puissant prêt à fondre sur nos ennemis ! Non, « Ce sont nos souffrances qu’il portait et nos douleurs dont il était chargé. C’est par ses blessures que nous trouvons la guérison ».

Il s’est humilié anéanti pour nous, et nous ne pouvons que suivre son chemin si nous voulons « avoir part avec lui ». Que nous sommes loin du vrai visage de Dieu avec nos désirs de gloire, de promotion, de valorisation, même et surtout lorsque nous professons que nous servons l'Église ! Seigneur, crée en moi un cœur pur, rends moi la joie d’être sauvé.

Ote mon péché d’orgueil et de suffisance et fais-moi entrer dans ta face douloureuse, abîmée par mon péché pour y apprendre enfin l’Amour.

La rédaction

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