Change mon cœur de pierre en celui d'un serviteur !

Lectio DIvina2

Temps de carême, temps de conversion. Mais de quelle conversion s’agit-il ? Pour nous, chrétiens, prêtres, religieux (ses), notre conversion ne peut être qu’un chemin de ressemblance avec Jésus, un « retournement » pour revenir à notre vraie vocation, en cherchant à l’imiter, à lui ressembler, en laissant de côté nos manières d’agir, de penser et de parler, qui ne sont pas les manières de Jésus.

Au cours de ces semaines de Carême, nous pouvons, dans notre Lectio Divina quotidienne ou hebdomadaire, nous arrêter à ce visage du Serviteur que le prophète Isaïe nous présente et que nous retrouverons dans la Liturgie de la Semaine Sainte. « Voici mon serviteur que je soutiens, mon élu en qui mon âme se complaît. J’ai mis sur lui mon esprit, il présentera aux nations le droit. Il ne crie pas, il n’élève pas le ton, il ne fait pas entendre sa voix dans la rue ; il ne brise pas le roseau froissé, il n’éteint pas la mèche qui faiblit, fidèlement, il présente le droit...  » (Is 42, 1ss)

Au Baptême de Jésus, la voix du Père se fait entendre : « Celui-ci est mon Fils Bien-Aimé qui a tout ma faveur » (Mt 3, 17). Jean le Baptiste voit descendre l’Esprit sur lui (cf. Jn 1,32) Tout au long de sa vie, Jésus se montre le fidèle « serviteur » du Père. C’est son œuvre qu’il est venu accomplir, c’est la volonté du Père qu’il veut faire. Il ne vient pas de luimême, mais du Père qui l’envoie. En somme, Jésus ne se prend pas pour « quelqu’un ». Il est le serviteur par excellence, doux, humble. « Il ne crie pas, il n’élève pas le ton »... Il ne brise pas le roseau froissé.

Et nous ? Voilà une bonne méditation pour le début de notre carême. Est-ce que moi, prêtre, religieux (se), chrétien laïc, je ressemble à Jésus, venu pour servir et non pour être servi ? Quel est mon rapport à ma mission ? Suis-je l’humble serviteur du Seigneur, où celui ou celle qui veut se faire une place, qui s’impose, se met en valeur, n’hésitant pas à « écraser » les autres au passage.

Et Isaïe continue : « Moi, Yahvé, je t’ai appelé dans la justice, je t’ai saisi par la main, et je t’ai modelé, j’ai fait de toi l’alliance du peuple, la lumière des nations, pour ouvrir les yeux des aveugles, pour extraire du cachot le prisonnier, et de la prison ceux qui habitent les ténèbres. »

Suis-je vraiment engagé au service des plus pauvres, là où le monde a besoin de voir l'Église, où suis-je plongé dans « les affaires » au point de ne plus être libre pour servir? Seigneur Jésus, Toi qui n’as pas retenu jalousement ta divinité, mais as voulu te faire pauvre, prenant sur toi notre péché, donnant ta vie pour libérer les captifs de leurs prisons. Change mon cœur de pierre en un cœur de serviteur, qui ne désire que rayonner ton visage de miséricorde auprès de mes frères et sœurs en humanité.

La rédaction