La volonté de Dieu !

15 juillet 2018 Pain Hebdomadaire du Catholique par Théodore C. Loko

Le Pain hebdomadaire du catholique - Dimanche 15 juillet 2018

Textes du jour

Première lecture : Amos 7, 12-15

Psaume : 84       

             Deuxième lecture : Ephésiens 1, 3-14

            Evangile :  Marc 6, 7-13

Commentaire

Dans la première lecture, à la suite de visions, Amos annonce la fin de l’impunité pour les fraudeurs et les exploiteurs ainsi que la fin du sanctuaire qui sera suivie de la dislocation du royaume. Un petit reste pourtant demeurera car la volonté de Dieu n’est pas de détruire mais de voir renaître la soif d’entendre sa parole. C’en est trop pour le prêtre Amazias qui veut éloigner Amos : retourne d’où tu viens.
Mais Amos ne parle ni en son nom ni de sa propre autorité. Homme ordinaire et modeste, il n’appartient pas à un groupe de prophètes. Mais comme il l’avait fait pour David (Ps 78,70-71), Dieu l’a saisi derrière le troupeau pour en faire son prophète et l’envoyer au sanctuaire royal de Bethel. Il ne peut mettre fin de lui-même à sa mission.

Ne faudrait-il pas aujourd’hui des prophètes comme Amos? Ils auraient beaucoup à dire contre tous ces politiques véreux, ces commerçants tricheurs, ces juges achetés. Le pape François a des paroles très fortes pour dénoncer tout ce qui détruit l’homme. La Parole de Dieu passe avant tout. L’exemple de l’apôtre Paul doit nous instruire. La parole ne peut être enchaînée par aucun ordre établi, aucune politique. Dieu  ne peut supporter de voir ses enfants souffrir des injustices, de la violence et de l’intolérance.

Dans l’Evangile, l’envoi en mission des Douze est à relier à deux récits antérieurs. D’abord celui du choix des quatre premiers disciples appelés par paires de frères. Ce sont alors des pêcheurs du lac à qui Jésus dit : Venez à ma suite. Je vous ferai devenir pêcheurs d’hommes (Mc 1, 16-20). Appel au cœur du quotidien qui va s’appuyer sur ce qu’ils sont et sur leur savoir-faire pour œuvrer en vue du royaume. Appel individualisé mais reçu deux par deux, en vue d’une relation de fraternité.
Marc a ensuite raconté l’institution des Douze pour qu’ils soient avec lui et pour les envoyer proclamer la Bonne Nouvelle avec le pouvoir d’expulser les démons (3, 13-19). Dans un premier temps ils ont donc accompagné et observé Jésus qui commence maintenant à les envoyer en mission deux par deux. Nouvelle étape où le compagnonnage est confirmé : la mission n’est pas une affaire personnelle qu’on gèrerait chacun à sa façon, c’est une délégation qui s’exerce en collaboration ecclésiale. La mission se résume en un essentiel : exercer l’autorité reçue pour expulser les démons, libérer de ce qui entrave l’unité de la personne et sa relation au Seigneur. Cela passe tant par la conversion des cœurs que par la guérison des corps.
Nous découvrons que l’envoi des Douze n’est pas seulement l’envoi des apôtres. Ce chiffre douze évoque les douze tribus d’Israël. C’est donc le peuple de Dieu  tout entier. À travers les Douze, c’est toute l’Église que Jésus envoie en mission. L’Église, c’est nous. Nous sommes  tous appelés et envoyés. Dieu ne veut pas faire la rédemption du monde tout seul. Il a désiré avoir besoin des hommes.

La tentation est grande de dire : « Je ne sais pas parler… Je ne suis pas capable… Je ne suis pas assez cultivé… » Mais quand nous lisons les Évangiles, nous voyons bien que les apôtres ne sortaient pas d’une grande école. Jésus a changé la face du monde avec des « pauvres types », pas avec des savants. Toute la Bible et toute l’histoire de l’Église nous rappelle que c’est dans les habitudes de Dieu de faire appel à ce qui est petit et méprisé pour réaliser des grandes choses.

L’évangélisation est donc un devoir pour tout chrétien baptisé et confirmé. C’est dans l’Église que le Christ accomplit et révèle son propre mystère comme le but du dessein de Dieu : "récapituler tout en Lui" (Ep1,10). S.Paul appelle "grand mystère" (Ep5,32) l’union sponsale duChristet de l’Église. Parce qu’elle est unie au Christ comme à son Époux(cf.Ep5,25-27), l’Église devient elle-même à son tour mystère (cf.Ep3,9-11). Contemplant en elle le mystère, S. Paul s’écrit : " Le Christ en vous, l’espérance de la gloire " (Col1,27).

 Théodore C. Loko   

Ambassadeur Théodore C. Loko
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