Dieu nous sauve

11 mars 2018 Pain Hebdomadaire du Catholique par Théodore C. Loko

Le Pain hebdomadaire du catholique - Dimanche 11 mars 2018

Textes du jour

Première lecture :  2 Chroniques 36, 14-16 ; 19 - 23

Psaume : 136

Deuxième lecture : Ep 2, 4-10

Evangile : Jean 3, 14-21

Commentaire

Dimanche dernier, les textes liturgiques nous ont montré par des signes que Dieu nous rejoint dans nos situations de péché pour nous en libérer : la loi, la croix et le temple. Dans les lectures bibliques de ce dimanche, nous trouvons plusieurs fois le mot « sauvés ».

Dans la première lecture, entre 300 et 200 avant notre ère, le livre des Chroniques dresse un tableau générique de la royauté en Juda. Autant David et Salomon représentent l’excellence de la monarchie, autant beaucoup de leurs successeurs incarnent l’infidélité à ce qui est considéré comme la volonté de Dieu. De cette vision du passé émerge une théologie qui permet de penser l’histoire avec une logique simple : Dieu rend à chacun selon ses œuvres.

L’exil, la chute de la Ville et la destruction du sanctuaire ont été vécus comme un abandon de Dieu : « La gloire du Seigneur s’éleva du milieu de la ville et s’arrêta sur la montagne qui est à l’est de la ville. » (Ez 11,23). C’est comme si l’histoire d’Israël jusqu’alors n’avait plus de sens. Pareille conception de l’action de l’histoire entraîne forcément de la culpabilité : « Qu’ai-je fait pour mériter cela ? »

Au risque de tomber dans un fondamentalisme de mauvais aloi, il faut distinguer les niveaux de lecture dans ce qui nous arrive. Les circonstances font que les situations tournent de telle ou telle façon, parfois jusqu’à l’absurde ou l’insoutenable.

Mais Dieu suscite aussi des hommes providentiels comme Cyrus. C’est comme telles que nous devons les affronter, avec la conviction cependant que l’espérance ne meurt jamais définitivement.

C’est là que Dieu nous attend les bras ouverts. C’est aussi cette révélation que nous trouvons dans la lettre de saint Paul aux Éphésiens : « Dieu est riche en miséricorde : à cause du grand amour dont il nous a aimés, nous qui étions esclaves par suite de nos fautes, il nous a donné la vie dans le Christ. »

C’est la bonne nouvelle qui nous est annoncée tout au long de ce Carême : Dieu est amour ; il nous aime tous d’un amour passionné. Tout ce qui nous arrive par le Christ vient de cette miséricorde de Dieu ; cela ne vient pas de nous ni de nos actes. 

C’est alors que l’évangéliste multiplie les expressions qui parlent de délivrance : « Obtenir la vie éternelle… être sauvés… échapper au jugement… » Le grand projet de Dieu c’est d’apporter son salut à tous les hommes. Il envoie son Fils pour réaliser ce projet. Il nous a montré son immense amour en nous donnant son Fils.

C’est par la croix que se révèle cet amour unique. L’évangéliste nous demande de nous déterminer face au crucifié qui nous révèle l’amour de Dieu.

« Celui qui croit en lui échappe au Jugement, celui qui ne croit pas est déjà jugé ». Les propos que tient Jésus à Nicodème - un docteur de la loi qui connaît la valeur des observances - font contraste, eux aussi, avec les propos du Chroniste.

Après l’épisode du temple (cf. dimanche dernier) où Jésus apparaissait comme la véritable figure sacrificielle, cet entretien vient préciser les enjeux de ce qui s’accomplira dans la Pâque à venir. Pour le croyant, il s’agit de naître d’en haut en donnant sa foi à celui qui est « descendu du ciel » (v.13).

Croire n’est possible que par la grâce et les secours intérieurs du Saint-Esprit. Il n’en est pas moins vrai que croire est un acte authentiquement humain. Il n’est contraire ni à la liberté ni à l’intelligence de l’homme de faire confiance à Dieu et d’adhérer aux vérités par lui révélées.

Déjà dans les relations humaines il n’est pas contraire à notre propre dignité de croire ce que d’autres personnes nous disent sur elles-mêmes et sur leurs intentions, et de faire confiance à leurs promesses (comme, par exemple, lorsqu’un homme et une femme se marient), pour entrer ainsi en communion mutuelle.

Dès lors, il est encore moins contraire à notre dignité de "présenter par la foi la soumission plénière de notre intelligence et de notre volonté au Dieu qui révèle" (Cc. Vatican I : DS 3008) et d’entrer ainsi en communion intime avec Lui. (CEC 154).

 Théodore C. Loko   

Ambassadeur Théodore C. Loko
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