Dimanche 7 janvier 2018 - La Gloire de Dieu brille sur tout l'univers

Pain Hebdomadaire du Catholique par Théodore C. Loko

Le Pain hebdomadaire du catholique - Dimanche 7 janvier 2018

Textes du jour

Première lecture : Isaïe 60, 1-6 

Psaume : 71 

Deuxième lecture : Éphésiens 3,2-3a.5-6 

Evangile : Matthieu 2, 1-12 

Commentaire

Les textes liturgiques de ce dimanche nous enseignent que la gloire de Dieu brille sur tout l’univers et que même les païens sont aussi co - héritiers de la promesse.  La première lecture nous rapporte la joie du prophète : « Debout, Jérusalem, resplendis ! Elle est venue, ta lumière, et la gloire du Seigneur s’est levée sur toi. » 

Cette parole adressée à la ville sainte nous appelle, nous aussi, à nous lever. Aujourd’hui comme autrefois, le prophète nous recommande de sortir de nos enfermements. Il nous montre la lumière qui vient illuminer notre existence. Cette lumière c’est la gloire du Seigneur. Alors le prophète se prend à rêver. Un jour viendra où les peuples étrangers se laisseront attirer par la lumière dont le Seigneur auréole la ville. Ils arriveront avec toutes les richesses de leurs diverses cultures.

Aucun doute, un avenir radieux est promis à la ville ! Même les tribus ennemies de Madiane et d’épha qui avaient pillé Jérusalem sont attirées à elle par la gloire du Seigneur. Une perspective universaliste qui n’est pas très répandue en Israël mais qui n’est pas sans appui. N’a-t-on pas vu la reine de Saba apporter or et pierres précieuses au roi Salomon dont elle admira la sagesse ? Le prophète s’emploie à faire renaître la confiance dans Jérusalem. Celui qui dépasse la tentation du repli frileux et accueille généreusement est le premier bénéficiaire : tu verras, tu seras radieuse, ton cœur frémira et se dilatera.

L’intuition d’Isaïe se réalise avec les mages déposant leurs offrandes aux pieds de l’Enfant Jésus : c’est lui la Jérusalem qui illumine le monde. Et il nous appartient d’œuvrer au plein rassemblement de tous dans la Jérusalem céleste (Ap 21), c’est-à-dire en Dieu. Le récit illustre le rassemblement des peuples autour du Christ mais aussi les oppositions qu’il suscite. Mi-magiciens, mi-hommes de science, les mages venus d’Orient scrutent les astres. Au lever d’une nouvelle étoile, ils ont compris qu’un personnage important venait de naître. Ils sont étrangers au judaïsme qui, lui, scrute les écritures et méprise ces païens qui croient savoir ce qui va advenir en observant le ciel (Is 47, 13).

Isaïe n’avait pas toutes les clefs pour comprendre le dessein du Seigneur. Ainsi que le souligne Paul, la révélation que Dieu fait de lui-même prend une dimension nouvelle avec son incarnation. La cité sainte n’est qu’une étape sur la route de ces étrangers en quête du roi des Juifs qui vient de naître. Jésus ne règnera pas à Jérusalem et si le chemin pour le rencontrer passe par les ors du palais, c’est pour pousser les autorités à relire et partager les écritures (Matthieu cite Michée 5,1-3 et 2 Sam 5,2 entremêlés et l’astre renvoie aussi à la prophétie de Balaam Nb 24, 17). Voici donc les mages qui se réjouissent d’une très grande joie, offrent leurs présents comme annoncé dans le psaume 71 et se prosternent devant l’enfant.

Merveille que ces étrangers visiblement bien lotis, qui, abandonnant tout préjugé, sont prêts à se prosterner devant un nouveau-né en qui ils reconnaissent leur Seigneur ! Ne sont-ils pas nos évangélisateurs ? « L’Épiphanie est la manifestation de Jésus comme Messie d’Israël, Fils de Dieu et Sauveur du monde. Avec le Baptême de Jésus au Jourdain etles noces de Cana (cf. LH, antienne du Magnificat des secondes vêpres de l’Épiphanie), elle célèbre l’adoration de Jésus par des " mages " venus d’Orient (Mt 2, 1).

Dans cesmages  ", représentants des religions païennes environnantes,l’Évangile voit les prémices des nations qui accueillent la Bonne Nouvelle du salut par l’Incarnation. La venue des mages à Jérusalem pour " rendre hommage au roi des Juifs " (Mt 2, 2) montre qu’ils cherchent en Israël, à la lumière messianique de l’étoile de David (cf. Nb 24, 17 ; Ap22, 16), celui qui sera le roi des nations (cf. Nb 24, 17-19).

Leur venue signifie que les païens ne peuvent découvrir Jésus et l’adorer comme Fils de Dieu et Sauveur du monde qu’en se tournant vers les juifs (cf. Jn 4, 22) et en recevant d’eux leur promesse messianique telle qu’elle est contenue dans l’Ancien Testament (cf. Mt 2, 4-6). L’Épiphanie manifeste que " la plénitude des païens entre dans la famille des patriarches " (S. Léon le Grand, serm. 33, 3 : PL 54, 242) et acquiert la Israelitica dignita (MR, Vigile Pascale 26 : prière après la troisième lecture). » (CEC 528).

 Théodore C. Loko   

Ambassadeur Théodore C. Loko
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