Les Opm sont un instrument principal, privilégié et central de l’Église

Entretien avec le père Houessinon

 (Entretien avec le père Augustin Placide Houessinon, Sma, directeur diocésain des Opm)

La Croix du Bénin : Père AugustinLa Croix du Bénin : Père AugustinPlacide Houessinon,vous êtes le directeur diocésaindes OEuvres pontificales missionnairesdans l’Archidiocèsede Cotonou. Pouvez-vous nousexpliquez brièvement ce que celasignifie et quel est le but d’un telorgane ?

Père Augustin Placide Houessinon, sma : Par Opm il faut comprendre oeuvres pontificales missionnaires. C’est un organe qu’on peut définir comme l’instrument principal, privilégié et central de l’Église Catholique Romaine pour l’animation missionnaire du peuple de Dieu, autrement dit, de tous les fidèles. Elles sont avant tout une institution de l’Église universelle à visée spirituelle. En tant qu'oeuvres, elles ont une activité, une tâche à accomplir.

Elles sont pontificales car leur charisme a été authentifié directement par le Saint-Siège qui les a adoptées et leur a concédé le caractère universel. À ce titre, elles sont d’abord et avant tout oeuvres du Pape.

Elles sont en outre missionnaires, car elles s’occupent principalement de la mission évangélisatrice en réponse à l’appel du Christ Lui-même : « Allez donc, de toutes les nations, faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, et leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit » (Mt28, 19-20). Le premier but des Opm est donc l’animation missionnaire en vue d’une coopération missionnaire conséquente au sein de l’Église universelle.

Quelles sont concrètement les composantes des oeuvres pontificales missionnaires ?

Les composantes des oeuvres pontificales missionnaires sont essentiellement au nombre de quatre : Il y a l’Enfance missionnaire, l’Union pontificale missionnaire, l’OEuvre pontificale de Saint Pierre Apôtre et l’OEuvre pontificale de la propagation de la foi. Chacune de ces composantes a son temps fort appelé temps fort de l’année missionnaire.

L’Enfance Missionnaire, appelée aussi Oeuvre pontificale de l’enfance missionnaire (Opem) est fondée officiellement en 1843 par Mgr Charles August de ForbinJanson (1785-1844) et sur les conseils de Pauline de Jaricot. Cette oeuvre voudrait faire de tous les enfants chrétiens des artisans de salut de leurs frères et soeurs. C’est tous les enfants qui sont ici concernés. En même temps qu’on y travaille à leur épanouissement, on les sensibilise à l’esprit d’Église et surtout missionnaire, tout en dénonçant toute forme de maltraitance infantile. L’objectif principal est d’amener les enfants à s’entraider entre eux au plan spirituel, au plan moral et au plan matériel.

Cette composante des Opm se rend visible surtout au mois de décembre et de janvier, avec la pointe de ses activités en la solennité de l’Épiphanie.

Quant à l’Union Pontificale Missionnaire, elle s’adresse à tous les agents pastoraux. L’objectif ici selon son fondateur, le bienheureux Paolo Manna (1872-1952), c’est de sensibiliser le clergé aux problèmes de la mission, afin qu’il fasse naître dans l’esprit des chrétiens une plus vaste conscience missionnaire et provoque une augmentation du nombre des vocations. Cette oeuvre a son temps fort aujour du Jeudi Saint.

Il y a ensuite l’oeuvre pontificale de Saint Pierre Apôtre, elle est fondée par Jeanne Bigard (1859-1934) en 1889. Elle met l’accent sur la nécessité pour chaque Église locale de former dans les contextes spirituels et religieux locaux ses propres agents pastoraux, en particulier ses ministres ordonnés. Elle se manifeste surtout au 4e dimanche de Pâques de chaque année, appelé aussi dimanche du Bon Pasteur ou encore dimanche de prière pour les vocations, de sensibilisation à répondre aux appels du Seigneur et de collecte pour soutenir les oeuvres des vocations.

Il y a en outre le Denier de Saint Pierre. C’est au jour de la Pentecôte qu’il se rend bien visible.On en fait une Journée de prière pour le Saint Père. C’est aussi une Journée de sensibilisation sur nos liens affectifs et spirituels avec le Pape. C’est enfin une Journée de collecte pour subvenir aux besoins matériels du Saint Père. On prie aussi pour tous nos pontifes et pour les évêques.

Enfin il y a principalement l’oeuvre Pontificale de la Propagationd e la Foi. Elle est fondée en 1922 par Pauline Jaricot (1799-1862) et se donne pour objectif de former une conscience catholique chez tous les fidèles du Christ. Elle s’atèle surtout à la formation missionnaire des jeunes et s’intéresse beaucoup à promouvoir la dimension missionnaire de la famille. Elle célèbre son temps fort d’activités durant tout le mois d’Octobre de chaque année, comme mois de la mission universelle, avec l’apothéose à l’avant dernier dimanche d’Octobre où se célèbre la journée mondiale des missions. C’est une Journée de prières pour la mission universelle. C’est aussi une Journée de sensibilisation en faveur de la vocation pour la mission. C’est enfin une Journée de collecte de fonds pour soutenir les activités de cette oeuvre.

Veuillez nous aider à mieux comprendre en quoi consiste concrètement l’activité missionnaire des Opm.

Il s’agit d’une coopération missionnaire qui se fait à trois niveaux : il y a la coopération au niveau spirituelle, la coopération au niveau moral, et la coopération au niveau matériel. Le niveau le plus important ici est donc la prière pour la réussite de la mission universelle : le chrétien doit prendre l’habitude d’offrir des prières, des sacrifices et messes pour le salut du monde entier. Il doit se sentir concerner par tout ce qui touche le développement du Royaume de Dieu et coopérer efficacement, selon ses propres possibilités, à la croissance de l’Église universelle. Il doit être accueillant à toutes les misères humaines et s’engager pour le bien de tout homme. Chaque fidèle du Christ doit aussi se sentir concerner par la solidarité universelle dans un esprit d’échange et de partage. C’est en cela que les oeuvres pontificales missionnaires sont complémentaires tout en étant toutes au service de la même et unique Mission du Christ et de son Église.

Qu’en est-il de la collecte pour les lieux saints ?

La collecte pour les lieux saints s’organise chaque vendredi saint en faveur des lieux saints de Jérusalem. C’est aussi une Journée de prières pour nos frères et soeurs qui sont à Jérusalem, le lieu saint de la passion, mort et résurrection de notre Seigneur Jésus-Christ. Le vendredi saint est en outre une Journée de sensibilisation des fidèles au sens du pèlerinage sur les lieux saints.

Avez-vous un appel à lancer ?

Je voudrais lancer un double appel aussi bien à l’endroit des pasteurs que du peuple de Dieu tout entier : les Oeuvres pontificales missionnaires ne sont pas l’affaire de celui-ci ou de celui-là. C’est toutes les couches du peuple de Dieu qui sont concernées. Les paroisses sont les lieux privilégiés pour l’organisation et la célébration des oeuvres pontificales missionnaires. Les Curés en sont les directeurs paroissiaux. Et les collectes faites les jours indiqués pour chaque oeuvre pontificale missionnaire, sont destinées aux secrétariats généraux des Opm à Rome et sont transmises par l’intermédiaire de la direction nationale des Opm, en collaboration avec la nonciature Apostolique.

Je prie donc et supplie tous les pasteurs et agents pastoraux de notre archidiocèse de Cotonou, à prendre à coeur les Opm et à sensibiliser les fidèles du Christ pour leur participation effective au soutien du Saint Père à travers les Opm. Quant aux fidèles laïcs, je les remercie de tout coeur pour tous les efforts qu’ils font pour soutenir leur église locale ; je viens aussi solliciter leur générosité vis-à-vis de l’Église universelle, à travers les différentes quêtes impérées qui constituent l’une des expressions de notre communion avec l’Église universelle. En ce sens, nous avons beaucoup reçu et recevons encore de l’Église notre Mère. Dans un esprit de solidarité, chacun doit apporter sa contribution pour que l’Église-Famille soit réellement vécue.

Portrait abbé Acapovi 2

Propos recueillis par Crépin Magloire ACAPOVI