« Gardez vos yeux ouverts et votre âme attentive »

Monseigneur vICTOR agbanou

 (Homélie de Mgr Victor Agbanou à la clôture du 1er Chapitre des Slc)

Nous voici, une fois encore, réunis autour du Christ, en cette fête de la transfiguration, le coeur plein de reconnaissance pour chanter avec allégresse les merveilles de son amour.

Au carrefour de l’histoire, celle de notre Église locale et celle de l'Église universelle, où l’Esprit et la Grâce se sont donnés rendez-vous pour nous faire admirer ce qu’Ils ont amoureusement semé et fait grandir, il est permis de rendre consonant l’Alléluia des anges, qui se veut être l’expression de notre propre gratitude envers Dieu.

En effet, il y a plus de trente ans déjà, le vent de l’Esprit Saint a entraîné dans le tourbillon de son action, quelques jeunes filles pour ensemencer cette tâche d’évangélisation. Elles acceptaient ainsi, continuer de façon courageuse et généreuse, l’oeuvre entreprise par les soeurs des neuf Instituts qui les ont précédées.

Je me permets de remercier ici :
- Les soeurs de Notre-Dame des Apôtres (Nda) ;

- Les soeurs Oblates Catéchistes Petites Servantes des Pauvres (Ocpsp) ;
- Les Soeurs de la Congrégation Romaine de Saint Dominique (Dominicaines) ;
- Les Soeurs de Saint Augustin (Ssa) ;
- Les Soeurs Apostole della-Consolata ;

- Les Filles de la Charité duSacré-Coeur de Jésus (Fcscj). Et tout récemment,
- Les Soeurs Franciscaines, Filles de Saint Padre Pio et
- Les Soeurs et les Frères Obrade Maria du Brésil.

Avec la spiritualité et le charisme qui leur sont propres, elles ont bluté et hersé par le témoignage de leur vie, cette terre de mission afin de permettre à l’Esprit de la rendre fertile. Chères soeurs, grâce à ce que vous avez été et fait ici, au prix de grands sacrifices que nous vous reconnaissons, beaucoup de vocations y germent pour l'Église universelle. C’est tout un diocèse qui se joint à moi, pour vous dire merci.

Pourrais-je oublier celui dont l’esprit plane en ce moment-ci sur cette assemblée ? Non. Au commencement de cette belle aventure, était un homme… Et ce jour du 6 août n’est pas une simple coïncidence, il est providentiel : car nous ne saurions oublier ce jour de grande liesse que fut le sacre de Mgr Robert Sastre dont nous faisons mémoire aujourd’hui, le 46e anniversaire.

Je ne peux manquer de crayonner le portrait du prélat-fondateur, qui, sous l’inspiration de l’Esprit, a creusé et posé les premières pierres de fondation de ce qu’il appelait la « Pieuse Union des Servantes de la Lumière du Christ ». Mgr Robert Codjo Sastre, comme un prophète scrutant l’horizon, percevait déjà une moisson prometteuse pour un avenir lumineux certain. L’Esprit vient de vous offrir généreusement, une Mère générale, votre toute première Supérieure Générale, dans l’histoire de votre Institut. Vous allez l’accueillir pour l’aimer dans la vérité. Vous l’aiderez et la soutiendrez filialement. Vous ne tolérerez ni qu’on la méprise, ni qu’on la calomnie. Vous prendrez toujours sa défense et lui serez fidèles.

Il a utilisé tout son art pour dépeindre avec la souplesse d’une plume généreuse, sous toutes les formes, dans diverses circonstances, avec le style, la finesse, l’adresse et la verve que nous lui reconnaissons, oui il a su imprimer la silhouette de cet institut en gestation.

L’histoire est là, et nous oblige à accorder les mots pour faire revivre dans nos pensées d’homme, l’histoire d’un homme qui a fait l’histoire des hommes de son terrain, en mettant au service de son petit peuple, son petit monde de cultivateurs et de pêcheurs, des rives du lac Toho à celle du lac Ahémè, des berges du Couffo à celles du Mono, celles pour qui vous êtes venus prier aujourd’hui. 

Chères Servantes de la Lumière du Christ, vos pas ont été orientés vers les hommes et les femmes asservis par les forces obscures que nous ne voulons pas énumérer ici.Vous êtes allées jusqu’aux confins du diocèse pour servir aux hommes qui vous attendaient dans votre innocence et pauvreté, la lumière reçue au baptême. Les conseils évangéliques ont attisé dans vos coeurs juvéniles, le feu de l’amour pour Dieu qui veut « conduire tout homme des ténèbres à son admirable lumière » qu’est le Christ Lui-même. Vous comprenez maintenant que c’était une urgence, une exigence et une évidence.

Après 25 années au service de la lumière que vous avez propagée de façon diffuse jusqu’au-delà des limites de notre diocèse, vous voici de retour pour un bilan  et pour un nouveau départ.

Dans un cadre si restreint comme celui de cette prédication, je n’ai pas l’intention de développer le compte rendu de vos activités missionnaires comme fait la nature en saison pluvieuse, je ne vais même pas le présenter ; ainsi « le Seigneur qui sait ce que vous avez fait dans le secret vous le revaudra…»

Les capitulantes de votre Institut viennent de tourner une page de votre histoire avec la fin du Premier Chapitre Général qu’elles ont vécu avec foi et assurance dans l’avenir. Par elles, l’Esprit vient de vous offrir généreusement, une Mère générale, votre toute première Supérieure Générale, dans l’histoire de votre Institut. Vous allez l’accueillir pour l’aimer dans lavérité. Vous l’aiderez et la soutiendrez filialement. Vous ne tolérerez ni qu’on la méprise, ni qu’on la calomnie. Vous prendrez toujours sa défense et lui serez  fidèles.

Elle, de son côté, se penchera avec grande affection et prévenance sur vous, soutiendra de façon particulière les soeurs souffrantes et en difficultés spirituelles certes, mais aura à votre endroit des exigences pour vous conduire, grâce à l’Esprit, vers les plus hauts sommets de la sainteté. Dans votre robe grise, austère des petits et des pauvres, vous serez des rayons de lumière montrant que les objectifs uniquement terrestres, avec leurs pacotilles affreuses et décevantes sont bien souvent éphémères.

À l’aide de l'Évangile et de vos Constitutions, elle balisera votre route pour que vous alliez à l’essentiel, au Christ dans le respect de l’esprit de votre père-fondateur. Elle redéfinira votre nouveau champ d’apostolat et le nouveau monde des ténèbres qui est sans cesse changeant avec ses diverses facettes d’obscurité :

- Le monde où Mammon, le dieu de l’argent est le plus courtisé; monde dans lequel beaucoup de nos contemporains sont près à tremper dans toutes les combines les plus malhonnêtes pour avoir l’argent à tout prix, même s’il faut vendre son âme et supprimer la vie des autres. Ce monde ténébreux existe aujourd’hui et devient de plus en plus envahissant au point d'entraîner dans les abîmes très obscurs une frange de notre jeunesse qui tourne dos à la lumière du Christ. Elle vous exhortera à montrer à tous ceux-là dont les lampes de l’esprit s’éteignent, combien on peut être heureux en se contentant du peu, du très peu.

- Le monde des mauvaises moeurs rendu visible par diverses formes d’extravagance, où le « tape à l’oeil », le clinquant, leToc, la frime et la sape, foudroient les bonnes moeurs, éblouissent les coeurs simples, paralysent et détournent les âmes innocentes et fragiles vers ce que vous savez…. et que l'Église condamne. Dans votre robe grise, austère des petits et des pauvres, vous serez des rayons delumière montrant que les objectifs uniquement terrestres, avec leurs pacotilles affreuses et décevantes sont bien souvent éphémères.

- Le monde sombre et égoïste de la gastronomie sauvage, où des goinfres s’empiffrent sans raison, à longueur de journée, oubliant que la joie de vivre réside dans le partage avec les gagne-petit, ses indigents que vous fréquentez tous les jours et avec qui vous partagez la frugalité, la saveur des repas simples et la fraîcheur de l’eau claire garantie d’une bonne santé.

- Il existe aussi un autre monde ténébreux que vous êtes appelés à évangéliser : celui du bruit, du grand bruit. Le monde de décibels sans cesse grandissant, aux radios hurlant à longueur de journée, même au fond de nos campagnes, avec ses sonos tonitruantes qui vocifèrent de façon sauvage au coin des rues de nos quartiers relayé par des télévisions déchaînées dans la plupart de nos maisons censées pourtant être des asiles de paix et de réconfort.

Je viens de vous citer quelques espaces nouveaux parmi tant d’autres, pour une nouvelle technique d’évangélisation.

De nouveau, en alimentant votre vie spirituelle de l'Évangile et de votre enthousiasme toujours renaissant, gardez vos yeux ouverts et votre âme attentive, comme les cinq filles censées et sages qui attendent la rencontre lumineuse avec l'Époux qui peut être un demain immédiat ou lointain.

Chantez maintenant votre reconnaissance à Dieu par ses Alléluia à sa gloire, avant-goût des grandes festivités de l'Éternité. Et pensez toujours à ceci que vous devez toujours chercher à aller au large, car si Mgr Robert Codjo Sastre vous a baptisées il y a 25ans, moi aujourd’hui en ce 6 août 2018, je vous donne le sacrement de la Confirmation pour un témoignage plus accru à la Lumière. Amen.