Jeunesse : responsabilités partagées !

Responsabilité Jeunesse

Faut-il toujours condamner la jeunesse face aux différents maux qui la minent aujourd’hui ? La réponse c’est non.

En effet, la jeunesse ne saurait-être tenue toute seule responsable des maux et fâcheuses situations qui sont les siens. Non pas que nous nous tenons à la dédouaner ou à lui trouver forcément des circonstances atténuantes! Mais avec un esprit de discernement, il faut bien se rendre compte de ce que des options, des initiatives, des programmes et projets pris et conduits par leurs aînés, pour ne pas dire leurs parents dans une certaine mesure, ne l’ont pas toujours été, avec une vision prospective et futuriste.

Ainsi, il est arrivé des fois où n’ayant pas le choix, la jeunesse se voit obligée de suivre seulement la voie tracée par ceux en qui, a priori, elle devrait faire confiance, croyant trouver ainsi son salut. Et par salut de la jeunesse, nous entendons son évolution, sa capacité à s’adapter aux réalités du terrain sur lequel elle se trouve, afin d’obtenir un premier emploi qui lui permettra de se positionner dans la société, en gagnant son pain à la sueur de son front.

Quant à son indépendance, il lui faut continuer de la mériter au prix de la lutte au quotidien sur plusieurs fronts. Car se nourrir, se loger, se vêtir, s’instruire et se soigner ne sont plus les seuls besoins fondamentaux de l’Homme. Aujourd’hui, il faut bien aller au-delà, même s’il est universellement reconnu que satisfaire ces cinq besoins fondamentaux est plus qu’indispensable. A quoi bon satisfaire ces cinq besoins fondamentaux, sans s’émanciper et s’épanouir réellement ?

Et trop souvent, lorsque vient le moment de s’ouvrir véritablement à la vie, le premier guide ou soutien que trouve la jeunesse, c’est l’assistance parentale. Une assistance faite de conseils, de recommandations, de prévention et d’éclairage par rapport à tel choix ou à tel autre. Malheureusement, à des moments donnés, les choix, les orientations et les suggestions à faire à la jeunesse, se muent carrément en des décisions prises en son nom, et pour elle.

C’est sans grande surprise que ne s’y reconnaissant plus, la jeunesse consciente cherche à se départir de certains choix qui lui pèsent et lui compliquent l’existence, parce que ne reflétant pas les réalités et les aspirations qui sont les siennes propres. Ainsi, les contextes changeant, les données et les conditions n’étant plus les mêmes, les parents, premiers conseils des jeunes, doivent pouvoir en tenir compte, tout en encadrant les choix de la jeunesse, au lieu que de l’embrigader dans un assujettissement préjudiciable à son plein épanouissement et bien évidemment à son évolution.

Et il n’y a pas que les parents qui donnent dans le panneau des choix et options biaisés pour la jeunesse. Même au niveau de l’État qui doit instaurer et restaurer les cadres et environnements propices à l’accueil, à la formation, au suivi et à l’insertion professionnelle et sociale des jeunes, quels que soient leurs niveaux d’instruction et de formation, le constat est là amer que dans bien des cas, les formateurs, les instructeurs et encadreurs sont passés à côté de la plaque.

En déduire alors que, tout en accusant la jeunesse de certaines tares et insuffisances, il faut relever également le manque de cohérence, d’objectivité et de sincérité qui caractérisent les approches et les visions aussi bien des parents que de l’État.

Il n’est que temps d’en prendre davantage conscience ! Ne pas le faire, c’est abandonner la jeunesse sur les chemins de l’incertitude, de la peur du lendemain et des angoisses sans solution. Et nous voulons espérer, que la célébration de la journée internationale de la femme, soit davantage source d’inspiration, pour une bonne orientation et un bon accompagnement de la jeunesse de notre pays.

Portrait abbé Acapovi 

Abbé Crépin M. Acapovi, directeur de publication

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