Indifférence ou Résignation ?

Indifférence

L’indifférence : C’est le thème fort évocateur que nous suggère ce temps de l’Avent finissant. Un temps de l’Avent qui n’a certes pas le même sens ou la même signification pour tous, dans notre pays et ailleurs. Car tous ne sommes pas forcément chrétiens et plus précisément chrétiens catholiques.

Chose normale sinon évidente, quand on s’aperçoit qu’agissant et parlant au nom de la religion, il faut tout de même savoir faire la part des choses, pour ne pas être auteur de déviances et tomber dans des panneaux. Cependant le droit à la différence ne saurait être un prétexte tout trouvé pour cautionner un certain nombre de choses abjectes, surtout l’indifférence face à des situations et faits graves de notre société. Situations et faits graves qui, à n’y prendre garde, pourraient lui être fatals.

Et dans la société qui est la nôtre aujourd’hui, ce serait mentir que de ne pas reconnaître que dans maints domaines de la vie socio économique voire politique, des choses se trament, se passent et se jouent à cause de l’indifférence des uns et des autres. Sur le plan social, c’est évident que des injustices, des abominations et des exclusions soient légion. La lutte contre la pauvreté qui devrait donner espoir à la grande majorité des populations de nos villes et campagnes est si timide que, celles-ci risquent de mourir de faim, avant que les initiateurs de cette lutte n’atteignent véritablement leurs objectifs. Dira-t-on alors qu’une minorité s’empiffre au moment où la grande majorité vivote !

L’employeur a-til toujours été exemplaire, pour exiger de son employé ou de son collaborateur qu’il fasse preuve de conscience professionnelle, de ponctualité et d’assiduité au travail ; l’État doit-il être toujours plus puissant et fort, pour en imposer à tous. Nos gouvernants et autres dirigeants exercent-ils le pouvoir d’État, en ne perdant pas de vue que la légitimité que leur confèrent leurs élections, leurs nominations, leurs ascensions et promotions sur le plan social, économique et politique, est relative et limitée ?

La Constitution du pays et les dispositions légales qui encadrent les droits et devoirs des citoyens sont-ils respectés par tous, comme il se doit ? Les normes et règles de vie en société, pour un savoir-vivre, pour un vivre-ensemble, pour une cohabitation et une coopération pour le bien de tous ne s’étiolent et ne se fragilisent-elles pas de jour en jour ?

Le constat est là amer que des brimades, des injustices, des abominations se commettent et des guerres d’intérêt se mènent dans différentes sphères de notre société, sans que nous ne soyons pas capables de les dénoncer, tout en nous indignant. Ainsi, au moment où certains en imposent, compte tenu de leur pouvoir, de leur avoir et de leurs assises sociales, économiques et politiques, d’autres sont appelés et condamnés à subir. Pendant ce temps, prétextant du droit à la différence, ceux qui pourraient apporter la lumière à ceux qui se fourvoient, parce que n’ayant pas toujours emprunté les bonnes et rassurantes voies, se la bouclent.

Au nom de quelle clause de conscience faut-il se complaire alors dans une indifférence qui détruit la société et par ricochet nous déshumanise : cas de conscience certainement pour nous, chré- tiens et chrétiennes catholiques surtout qui nous préparons à fêter Noël !

Tout en nous réclamant d’appartenir à l’Emmanuel, au Christ Sauveur, ne sommes-nous pas les premiers à torpiller, à crucifier, à gruger, à maudire, à détruire le prochain, à écraser les faibles, à réduire à néant nos concurrents, à dominer les autres, à user de nos pouvoirs à des fins personnelles et égoïstes ? Pour plus d’un Noël sera-t-il encore Noël ? Car le Seigneur est déjà là, et il nous demande de rompre avec nos indifférences qui affament, écrasent, condamnent injustement et tuent les autres.

Que la lumière de la Nativité nous visite tous, en nous amenant à construire une société, un pays et un monde de paix et de bien-être pour tous.

Portrait abbé Acapovi 

Abbé Crépin M. Acapovi, directeur de publication

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