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Qualité des soins : La santé est un droit humain

Santé un droit Humain

Enoncer les racines bibliques du droit à la santé, la pensée de certains philosophes et les dispositions du code de travail, c'est le sujet qu'aborde le père Adelphe Adambadji dans l'ambiance de la journée de la sage-femme et de l'infirmier.

Chaque année, une journée s’ouvre pour marquer un arrêt tant pour la sage-femme que pour l’infirmier à l’instar d’autres journées pour d’autres causes connexes ou non. Cette année, le 5 mai a été retenu pour la sage-femme avec pour thème : «Ouvrons la voie à la qualité des soins », et pour l’infirmier, le 12 mai, avec pour thème : «La profession infirmière : une voix faite pour diriger - La santé est un droit humain ». L’un ou l’autre thème s’accorde en effet pour insister sur un besoin fondamental : se soigner.

Santé dans l’Ecriture

La santé en réalité est un droit humain. Ce droit humain a été déjà mentionné dans la Bible qui, en fait, n’est pas un livre de recettes pour la santé mais l’expression d’une relation d’amour pression d’une relation d’amour entre Dieu et l’humanité. Mais puisque la santé est humaine et que rien de l’humain n’échappe au Dieu, le Créateur, la Parole de Dieu en souligne le droit et y met des garde-fous. D’ailleurs, le livre des Proverbes le dit nettement: « Mon fils, sois attentif à mes paroles, tends l’oreille à mes discours ! Tiens-les présents à l’esprit, garde-les au plus profond de ton coeur. Car elles sont vie pour celui qui les trouve, elles sont un remède pour son corps » (Pv 4,20-23).

La Parole de Dieu est un remède pour le Corps qui doit être sain. L’hygiène est importante. C’est pour cela que, déjà dans le Deutéronome (Dt 23,10-13), elle est prescrite : « Lorsque tu partiras en campagne contre tes ennemis, tu veilleras à ne commettre aucune action mauvaise. S’ily a au milieu de toi un homme impur à la suite d’une pollution nocturne, il sortira du camp et n’y rentrera pas. À la tombée de la nuit il se baignera dans l’eau et, après le coucher du soleil, il rentrera à l’intérieur du camp.On fixera un endroit à l’extérieur du camp pour se retirer à l’écart. Dans ton équipement tu auras une pique ; lorsque tu t’accroupiras à l’écart, tu feras un trou avec ta pique, et lorsque tu te relèveras, tu recouvriras tes excréments.Car Yahvé ton Dieu se promène au milieu de ton camp, pour te protéger et pour livrer tes ennemis entre tes mains ; c’est pourquoi ton camp sera saint :Yahvé ne doit pas voir de saletés chez toi, si non, il se détournerait de toi ».

Par ailleurs, la consommation de la graisse animale est également limitée dans la Bible. «Si quelqu’un offre en sacrifice un agneau, il l’amènera devant Yahvé. Il posera sa main sur la tête de la victime et il l’égorgera devant la Tente du Rendez-vous, puis les fils d’Aaron verseront le sang sur l’autel et autour. De ce sacrifice de communion, on offrira une part en sacrifice par le feu en l’honneur de Yahvé : la graisse, la queue toute entière coupée près de l’échine, la graisse qui enveloppe les entrailles et celle qui y est attachée, les deux rognons avec la graisse qui les recouvre et celle qui les entoure, enfin l’enveloppe du foie que l’on détachera près des rognons. Le prêtre fera fumer le tout sur l’autel: c’est un aliment donné au feu, en l’honneur deYahvé.

Si quelqu’un offre une chèvre, il la présentera à Yahvé. Il posera sa main sur la tête de la victime et il l’égorgera à l’entrée de la Tente du Rendez-vous. Les fils d’Aaron répandront le sang sur l’autel et autour. De la victime, il offrira une part en sacrifice par le feu, en l’honneur de Yahvé : la graisse qui enveloppe les entrailles et celle qui y est attachée, les deux rognons avec la graisse qui les recouvre et celle qui les entoure, enfin l’enveloppe du foie qu’on détachera près des rognons. Le prêtre fera fumer le tout sur l’autel : c’est un aliment donné au feu, d’où monte une agréable odeur.

Toute graisse appartient à Yahvé, c’est une loi perpétuelle pour vos descendants. Vous ne mangerez ni la graisse, ni le sang, en quelque endroit que vous habitiez». On sait aujourd’hui le rôle de la graisse dans les maladies cardiovasculaires et dans certains cancers. Plus généralement, la Bible nous met en garde contre tout excès, notamment ceux du manger et du boire. Nous pourrions ici parler du diabète, de l’obésité et des tonnes de dents cariées arrachées chaque jour à cause de la surconsommation des denrées alimentaires et du sucre.

Le christ, dans sa proclamation de la Bonne Nouvelle, va insister sur la santé qui est un droit à tous, pas un droit réservé aux fils d’Israël tout seuls. L’exemple en Mt 15,22 ss de la femme cananéenne criant : « Aie pitié demoi, Seigneur, fils de David ! Ma fille est affligée d’un démon ! », en est une illustration.

Santé dans la Législation

À la suite du Livre Saint, la Législation, dans un contexte de lutte pour le Genre, un combat féministe, est parvenue à dire aux peuples que tous sont égaux en droit en se basant sur le concept de la « dignité humaine ». Ce concept occupe une place éminente dans le droit international humanitaire tels que la Déclaration universelle sur le génome humain et les droits de l'homme de l'Unesco (1997), la Déclaration universelle sur la bioéthique et les droits de l'Homme de l'Unesco(2005) puis la Convention sur les droits de l'Homme et la biomédecine du Conseil de l'Europe(1997). En droit international, on peut noter une première apparition de cette notion dans la Déclaration Universelle des droits de l'Homme (1948) laquelle reconnaît, dans sa préambule, que tous les membres de la famille humaine possèdent une « dignité inhérente » et dispose, dans son premier article, que « tous les êtres Humains naissent libres et égaux en dignité et en droits ». Certaines normes de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme (1948) s'inspirent aussi directement du principe de respect de la dignité humaine, notamment celles relatives au droità la vie (art. 2), à l'intégrité de la personne (art. 3), à l'interdiction de la torture et des traitements dégradants ou inhumains (art. 4).

Le Bénin a tellement pris conscience de cet état de chose qu’il souligne, dans Les Actes de la Conférence Nationale, avec Mgr Isidore de Souza, l’urgence de « l’installation effective de la Commission Béninoise des Droits de l’Homme avant le 31mars 1990 ». En partant donc du principe de la dignité humaine, nul n’a le droit de disposer d’une certaine prérogative au détriment de l’autre. Cette dignité est universelle. La dignité humaine s’impose alors. Si donc tout être est digne, du simple fait d’être humain, quel est alors le statut de l’humain en droits à la santé ?

Le philosophe et la santé

Kant, un philosophe de l’époque moderne, nous souligne que la dignité humaine est le fait que la personne humaine ne doit jamais être traitée comme un moyen, mais comme une fin en soi. Selon le philosophe Paul Ricoeur, cette notion renvoie à l’idée que « quelque chose est dû à l'être humain du fait qu'il est humain ». Prise en ce sens, la dignité humaine signifie que toute personne mérite un respect inconditionnel, quels que soient l'âge, le sexe, la santé physique ou mentale, l'identité de genre ou l'orientation sexuelle, la religion, la condition sociale ou l'origine ethnique de l'individu en question.

Le Code de travail et la santé

La santé est si importante que le Code ordonne à l’employeur de licencier l’employé malade dans son article 45 : « Le motif du licenciement peut tenir à la personne du salarié, qu’il s’agisse de son état de santé, de son inaptitude à tenir l’emploi, de son insuffisance professionnelle ou de sa conduite fautive. Le licenciement est alors qualifié de licenciement pour motif personnel. Dans ce contexte, les employés sont appelés à faire attention avec les certificats médicaux fantaisistes. Car c’est l’une des meilleures manières de creuser sa propre tombe. Dans son article Art.126, le Code insiste surle fait que toute convention doit traiter de la santé de l’employé.

Soigner avec amour

Le cri est donc fort aujourd’hui pour nous tous : «Ouvrons la voie à la qualité des soins » car l’autre a droit comme moi j’ai droit, comme ma femme ou mon époux ou mon ami sincère a droit ! Car « La santé est un droit humain » ! Car nul n’a le droit d’être traité comme un moyen! Les soins doivent être donnés à l’autre avec affection et amour. Les soins, ce n’est pas seulement le produit à inoculer ou le comprimé à servir ou encore une veine à prendre mais c’est bien plus ! La santé est un droit humain.

Adelphe T. Adambadji