La famille de Mgr Roger Houngbédji salue un leader d'Église

Mgr Roger Houngbédji

55 ans de vie, 26 ans de presbytérat et bientôt 2 ans d’épiscopat de Mgr Roger Houngbédji, ce sont les trois motifs qui ont réuni les membres de sa famille humaine le samedi 4 août 2018 à la cathédrale Notre-Dame de Miséricorde de Cotonou. Soutenue par la présence des fidèles et autorités politico-administratives, l’action degrâce présidée par le prélat et concélébrée par une vingtaine de prêtres, a permis au père Louis Hondocodo de repréciser les attributs de l’archevêque et de saluer le leader qu’il incarne en un jour où l'Église fait mémoire du saint Curé d’Ars.

« L’Église en Afrique est en grand besoin de leader selon le coeur de Dieu. L’Église au Bénin est en terrible besoin de leader plein de compassion pour le peuple de Dieu qui est chez nous. Des leaders comme vos prédécesseurs d’heureuses mémoires, le Cardinal Gantin, Mgr de Souza et j’en j’enpasse. » C’est l’un des passages alertes qui a permis au père Louis Hondocodo, responsable du centre de spiritualité Notre-Dame de l’Espérance de Lanta, de décrire le contexte et l’opportunité du choix porté sur Mgr Roger Houngbédji à la tête de l'Église à Cotonou. Dans son homélie, il a souligné la délicatesse de la mission confiée au prélat en un moment où le peuple de Dieu au Bénin est terrifié par la sorcellerie et autres esprits impurs. « Le Seigneur vous donne pouvoir et autorité sur ces esprits impurs. Il vous établit donc avec comme pouvoir de guérir toutes nos maladies psychologiques, historiques et spirituelles au milieu des on peuple. Il vous établit grand prêtre.», martèle-t-il. Selon lui, par l’ordination presbytérale de Mgr Roger Houngbédji, le Seigneur « manifestait sa compassion pour ce troupeau africain parqué aux enfers que la mort mène paître. Il manifestait sa grande compassion pour cette foule africaine qui est comme des brebis sans pasteur ». « Merci Monseigneur d’être né. Merci d’être prêtre ! », s’exclame-t-il. À son tour, le porte-parole de la famille, M. Narcisse Olougouna abonde dans le même, sens soulignant cette fois-ci les qualités intellectuelles du prélat. Prenant la parole à la fin de l’Eucharistie, Mgr Roger Houngbédji a rappelé les circonstances de la naissance de sa vocation, les résistances auxquelles il a fait face et les merveilles du Seigneur dans sa vie. « Oui, tout ce que je suis, tout ce que j’ai reçu, je le dois à Dieu et à lui seul. », précise-t-il tout en faisant une mention spéciale à ses parents décédés, à soeur Marie Lazare Houngbédji, aux Dominicains et à tous ceux qui l’ont soutenu.

« Lorsque le Seigneur appelle, rien au monde« Lorsque le Seigneur appelle, rien au mondene saurait y résister »

Pour la petite histoire, au moment où naissait en moi le désir de devenir prêtre, c’était à mes parents que je m’en étais ouvert pour la première fois. Ils étaient très enthousiastes et m’encourageaient. Ma maman avait pris cela très au sérieux. C’est elle qui en avait informé ma soeur aînée, la soeur Marie Lazare, à qui je n’avais rien dit auparavant. Ma maman l’invitait ou lui intimait l’ordre de m’aider afin que cette vocation puisse aboutir. Et au moment où j’ai eu mon Certificat d’étude primaire (Cep), tous mes parents étaient déjà décédés. J’ai alors réaffirmé de façon forte mon désir d’entrer au séminaire. C’est alors que je me suis confronté à une opposition tenace de certains membres de la famille au point qu’une réunion fut convoquée avec la présence de certains oncles et tantes. L’objectif de cette rencontre était de tout faire pour me dissuader d’aller au séminaire d’autant plus que je venais d’obtenir mon Cep et que je devais penser faire carrière et fonder plus tard un foyer. Face à cette opposition radicale, je n’ai trouvé d’autres moyens de défense lors de cette réunion que de fondre en pleurs. À la vue de ces larmes chaudes qui coulaient de mes yeux, les participants à la rencontre ont dû se résoudre à une solution provisoire à savoir : me laisser entrer au séminaire jusqu’en classe de 3e et après le Brevet d’étude du premier cycle (Bepc), je devais sortir pour poursuivre ma formation dans un collège. Personne à l’époque ne pouvait s’imaginer que je pourrais persévérer au séminaire jusqu’en classe de Terminale et après le baccalauréat, entrer dans un ordre religieux. Et me voici devant vous aujourd’hui, évêque de Cotonou. Je dois préciser qu’au fil des ans, ceux qui au départ s’opposaient à ma vocation, ont fini par déposer les armes en reconnaissant que lorsque le Seigneur appelle, rien au monde ne saurait y résister.

Extrait du mot de remerciement de Mgr Roger Houngbédji

Portrait Florent Houessinon

Florent Houessinon