Journée chrétienne du travail au Bénin : Redynamiser le personnel des institutions catholiques

Journée à Père Aupiais

Le collège catholique Père Aupiais à Cotonou a abrité le samedi 5 mai 2018, la première édition de la journée chrétienne du travail. Organisée par la direction diocésaine des ressources humaines, cette journée a rassemblé plus de 600 employés issus des différentes structures du diocèse de Cotonou autour des questions du sens divin du travail et de la motivation au travail. Aucours de cette journée, Mgr Roger Houngbédji a révélé le nouveau dynamisme qui doit désormais habiter les travailleurs des structures de l’Église à Cotonou.

Le travail est-il une punition ou un bien ? C’est l’une des questions à laquelle le père Colbert Goudjinou a tenté de répondre au cours de la première conférence dont le thème est : « Le travail, un bien divin donné à l’homme ». En remontant à l’étymologie du mot travail (Tripalium) et aux interprétations négatives du récit de la Genèse, le conférencier a rappelé les préjugés selon lesquels le travail manuel serait une punition divine. Et pourtant, « Dieu est le premier à travailler, le premier ouvrier voire le premier artisan de tout », fait-il remarquer. « Le travail, loin d’êtreune punition, est donc un bien. Ilune punition, est donc un bien. Ilne retrouve une acception négativeque par rapport aux conditionsfaites à l’homme au travail », précisele père Colbert Goudjinou. Selon lui, l’Église a permis à l’humanité de percevoir la noblesse du travail car « le travail est un bien positif confié à l’homme ».

« Travailler, c’est contribuer à l’oeuvre de Dieu ». Pour cela, le directeur de l’Institut des artisans de justice et de paix (Iajp) a invité les travailleurs chrétiens à cultiver la dimension missionnaire du travail (Ora et labora), la dimension pascale du travail et la spiritualité de la responsabilité. Dans la seconde conférence, M. Faustin Djagba s’est appesanti sur la question de la motivation au travail. Il reconnaît que la motivation est un facteur essentiel dans la productivité de toute entreprise. Cependant, «les demandes d’augmentation de salaire ne règlent aucun problème de motivation, ce n’est que passager», martèle-t-il. Pour ce faire, le conférencier propose d’autres sources de motivation du personnel selon la pyramide des besoins d’Abraham Maslow : le besoin de s’accomplir, le besoin d’estime de soi, le besoin d’appartenance, le besoin de sécurité et le besoin psychologique.

« Quand on n’arrive pas à satisfaire aux besoins fondamentaux de l’homme, on est infra homme, on tombe dans la nature sauvage », souligne-t-il. Et pour éviter cela, M. Faustin Djagba recommande aux leaders des structures de l’Église de faire un bon diagnostic en vue d’apporter des solutions idoines aux besoins de leurs employés. A ces derniers, il a demandé d’évoluer des besoins primaires aux besoins supérieurs notamment la détermination et la passion au travail. « Si vousn’avez pas la détermination, vous produirez des résultats ordinaires», précise-t-il. Après avoir salué l’avènement du plan stratégique d’action pastorale de l’archidiocèse de Cotonou, il a souhaité que désormais, les leaders des structures de l’Église mettent l’accent sur la gestion axée sur les résultats.

En clôturant cette journée riche en enseignement, l’archevêque de Cotonou, Mgr Roger Houngbédji a évoqué les deux motifs qui doivent dorénavant habiter les travailleurs chrétiens de son diocèse : le bienêtre du prochain et la gloire de Dieu. « Chers amis, ne travaillons donc pas pour l’argent ; travaillons pour la gloire de Dieu et pour le bien, le bonheur de nos frères et soeurs en humanité ; travaillons pour la reconstruction et le développement intégral de l’homme et cela bien sûr, en lien avec les orientations du plan stratégique d’action pastorale de notre diocèse », tel est le message fort que le prélat a laissé à ses travailleurs. Émus par les fruits de cette journée, ils ont tous salué sa pertinence et souhaité que le père Hermann Hachémè et toute la direction diocésaine des ressources humaines ne s’arrêtent pas en si bon chemin.

Portrait Florent Houessinon

Florent Houessinon