La Cour constitutionnelle installe le Cos/Lépi pour six mois

Photo Cos lepi

Après moultes tergiversations des acteurs politiques le Cos/Lépi, qui devrait être installé en décembre dernier, vient de prêter serment devant les membres de la Cour constitutionnelle pour un mandat de six mois.

« Organe régulateur de l’activité des pouvoirs publics, la Cour a dû privilégier l’esprit de la loi pour en sauver la lettre et rendre opérationnel le Cos/Lépi dans ses attributions, fonctionnement et durée ». C’est en ces termes que le président de la Cour constitutionnelle, le professeur Théodore Holo, a mis un coup d’arrêt à l’imbroglio politico-juridique qui a commencé à s’installer autour du débat sur le Cos/Lépi. C’était à l’installation officielle de cette structure le mardi 8 mai 2018, au siège de l’institution. Par cette cérémonie de prestation de sement, les neuf membres désignés par l’assemblée nationale, ensemble avec le Directeur de l’Institut national de la statistique et de l’analyse économique et le Directeur du service national en charge de l’État civil entrent dans leur mission et ce, pour une durée de six mois. Et le président Holo de préciser : « La République attend donc de vous, que dans les six prochains mois qui constituent le délai legal d’actualisation du fichier électoral, donc d’ici à fin novembre 2018, vous fassiez un travail de qualité impeccable, accompli avec conscience et professionnalisme, en ne perdant jamais de vue la modicité de nos moyens ».

Le professeur Holo a également fixé les nouveaux membres du Cos/Lépi sur les responsabilités qui leur incombent : « Votre tâche, je ne cesserai de le répéter, est primordiale car vous êtes au commencement de tout le processus électoral dans notre pays. Or, vous le savez tous, disposer d’une liste électorale fiable c’est déjà réussir, dans une large mesure, une consultation électorale. En optant pour un organe de supervision paritaire, où la majorité et la minorité sont repésentées sur une base d’égalité, le législateur a voulu que notre pays dispose d’une liste électorale consensuelle, transparente et crédible afin de garantir la fiabilité et la crédibilité des consultations électorales, gages de la légitimité des gouvernants, de la stabilité des institutions et de la paix sociales propices au développement et à l’épanouissement des gouvernés ».

De façon plus pointue et directe, il fait appel à leur lourde part de responsabilité dans les échéances à venir : « Le Bénin, on a plaisir à le dire, est un pays de paix et de concorde. Pour qu’il le demeure, votre rôle est essentiel. Votre responsabilité dans l’organisation satisfaisante des prochaines élections législatives de 2019 est pleinement engagée. Que jamais l’Histoire ne vous rende comptables des dérives et des turbulences à même de provoquer le chaos dans notre pays». Quoique rassuré que les défis lancés aux membres de cet organe seront relevés au regard de leurs qualités personnelles et de leurs expériences individuelles, mais aussi, le fait que nous venons d’organiser, il y a deux ans l’élection présidentielle de 2016 sur la base du fichier qui, en principe, intègre déjà ceux qui ont atteint l’âge légal pour voter en 2016, le président de la Haute juridiction a tenu à insister sur le travail qui leur reste à faire au cours de leur mandat de six mois.

Il leur indique notamment cette tâche : « Il ne vous restera donc qu’à prendre en compte et à intégrer au fichier électoral les électeurs ayant atteint leur majorité en 2017, les électeurs omis, ceux qui viennent d’atteindre la majorité en 2018, et ceux qui l’atteindront au premier trimestre 2019 ». En les renvoyant suivant l’expression consacrée à l’exercice de leurs fonctions après en avoir pris acte au nom des Conseillers à la Cour constitutionnelle, le président Holo a assuré les membres du Cos/Lépi de la disponibilité de son institution à les accompagner pour la réussite de leur noble tâche.

Portrait de guyn rft

Guy Dossou-Yovo