Fête de la Divine Miséricorde

Fête de la Divine Miséricorde

Ce dimanche 8 avril, l'Église universelle célèbre la fête de la Divine Miséricorde instituée par Saint Jean Paul II. Deux ans après l’année sainte de la miséricorde,durant laquelle la grâce de la miséricorde nous a été donnée en abondance. Savons-nous vraiment répondre à l’évangile de la miséricorde ?

En novembre 2016, la Porte Sainte du Jubilé de la Miséricordes’est fermée, mais, comme le soulignait le Pape François dans sa Lettre apostolique en conclusion de l’Année Sainte de la Miséricorde, «la porte de la miséricorde de notre coeur demeure toujours grande ouverte. Nous avons appris que Dieu se penche sur nous (cf.Os 11,4) pour que nous puissions,nous aussi, l’imiter et nous pencher sur nos frères », (Misericordia etmisera, n°16). Ainsi nous sommes appelés, chacun et en Église à continuer sur « la route de la miséricorde qui permet de rencontrer de nombreux frères et soeurs qui tendent la main pour que quelqu’un puisse la saisir afin de cheminer ensemble ».

Il s’agit de parcourir chaque jour avec fidélité et dans lajoie le chemin de la miséricorde.Pour ce faire, le Souverain Pontife nous avait indiqué des pistes possibles pour continuer à vivre la grâce du jubilé de la miséricorde.

Maintenir la flamme du Jubilé

Parmi les actes qui nous permettent d’entretenir la flamme du Jubilé de la Miséricorde, le pape François indique l’importance dela célébration de la miséricorde.« Que de richesses se dégagent dela prière de l’Église quand elle invoque Dieu comme Père miséricordieux! Dans la liturgie, la miséricorde n’est pas seulement évoquée maintes fois : elle est réellement reçueet vécue » (Misericordia et misera,n°5). De ce fait, l’Eucharistie,sommet de la liturgie chrétienne, est un moment privilégié pour célébrer la miséricorde.

Celle-ci yest évoquée plusieurs fois du début à la fin, dans un dialogue d’amour entre l’assemblée priante et le Père miséricordieux. C’est l’occasion pour nous de vivre plus intensément ses moments en y faisant davantage attention dans la prière de notre coeur. La miséricorde nous est aussi offerte en abondance dans toute la vie sacramentelle. Elle est évoquée explicitement dansla formule des deux sacrements dits « de guérison », le sacrement de Réconciliation et le Sacrementdes malades.

La célébration de la miséricorde advient tout particulièrement dans le Sacrement de la Réconciliation. « Rien de cequ’un pécheur qui se repent place devant la miséricorde de Dieu ne peut demeurer sans l’étreinte de son pardon. C’est pourquoi aucun d’entre nous ne peut poser de conditions à la miséricorde. Elle demeure sans cesse un acte gratuit du Père céleste, un amour inconditionnel et immérité. Nous ne pouvons donc pas courir le risque de nous opposer à l’entière liberté de l’amour par lequel Dieu entre dans la vie de chacun » (Pape François, Misericordia et misera ,n° 2).

La célébration de l’initiative des 24 heures pour le Seigneur,en lien avec le IVe dimanche deCarême, peut être une occasion àsaisir chaque année. « Elle a déjàreçu un accueil favorable dans lesdiocèses et demeure un appel pastoral fort pour vivre intensément le sacrement de la Confession » (Pape François, Misericordia etmisera, n°11).

Dans ce contexte, l’écoute de la Parole de Dieu a une importance particulière, souligne le pape François.« Il serait bon qu’un dimanchede l’année liturgique chaquecommunauté puisse renouvelerson engagement à diffuser, faireconnaître et approfondir l’ÉcritureSainte : un dimanche entièrement consacré à la Parole de Dieu pour comprendre l’inépuisable richesse qui provient du dialogue permanent entre Dieu et son peuple »,estime le Saint Père.

Dans ce cadre,il nous invite à la créativité « pourenrichir ce moment par des initiativesqui stimuleront les croyantsà être de vivants instruments de transmission de la Parole ». Parmi ces initiatives, le Souverain Pontife préconise la prière de la lectio divina, en particulier sur les thèmes de la miséricorde ; ce qui « permettra de toucher du doigt quelle fécondité jaillit du texte sacré lorsqu’il est lu à la lumière de toute la tradition spirituelle de l’Église, et qu’ildébouche nécessairement sur desgestes et des oeuvres concrètes decharité » (Misericordia et misera,n° 7).

S’engager concrètement auprès des plus petits

Le mot miséricorde vient du latin misereor signifiant littéralement "je suis sensible à la vie de l’autre"et cor-cordis, qui signifie "cette proximité vient du coeur, du plus profond de nous-mêmes". « Dans nos paroisses, les communautés,les associations et les mouvements,en bref, là où il y a des chrétiens,quiconque doit pouvoir trouver une oasis de miséricorde », a souhaité le Pape François, dans sa Bulle d’indiction du Jubilé extraordinaire de la miséricorde, (Misericordiae vultus,11 avril 2015, n°12).

Sommes-nous capables de recevoir et de donner compréhension et pardon ? Sommes-nous en mesure de témoigner par nos gestes et nos paroles que Dieu est Amour et que l'Église est un lieu de la miséricorde pour tous ? Avons nous nous-mêmes, fait l’expérience vitale de la miséricorde ? Réalisons-nous spontanément les oeuvres de la miséricorde dans notre vie quotidienne ?

Il s’agit concrètement de chercher et de trouver sa joie dans le service humble et simple de ceux qui dans notre entourage ont besoin de notre attention et de nos soutiens. De fait, « la miséricorde ne peut être une parenthèse dans la viede l’Église, mais elle en constituel’existence même, qui rend manifeste et tangible la vérité profonde de l’Évangile. Tout se révèle dans la miséricorde ; tout se résout dans l’amour miséricordieux du Père »,(Pape François, Misericordia etmisera, n°1). La miséricorde révèle le vrai visage du Dieu de Jésus Christ qui nous accueille malgré nos limites.

Père Serge Bidouzo

Serge N. Bidouzo