Parakou : en marche vers les 75 ans d'évangélisation

Parakou 75 ans devangélisation colloque 2018

La grande salle de conférence du Centre Pastoral Guy Riobé dans l’archidiocèse de Parakou a abrité les 2 et 3 mars 2018 un colloque diocésain inaugural à la célébration en l’an 2020, des 75 ans d’évangélisation continue du diocèse.

Sous le regard paternel et pastoral de l’Ordinaire du lieu, Mgr Pascal N’Koué, ce colloque placé sous la protection de Marie, Notre-Dame de Komiguéa, Reine de la famille a été ouvert et clôturé par les messes dites respectivement par le vicaire général, le père Ernest Déguénonvo et Mgr l’archevêque lui-même.

A en croire le père Edgard Vigan, curé de la cathédrale Saints Pierre et Paul, président du Comité d’organisation, ce colloque doit aider « à rendre plus missionnaire le peuple de Dieu de l’Eglise particulière de Parakou et ouvrir de nouveaux chantiers pastoraux pour que l’évangile soit mieux annoncé et mieux vécu ».

Le mérite de cette rencontre de Parakou, a été "d’offrir aux participants, un providentiel cadre de réception des encycliques "Ecclesia in Africa", "Africae munus" et "Amoris Laetitia" et un profond instrument d’évaluation de la pastorale de la jeunesse au cœur des mutations du monde présent". En témoigne la pertinence des thèmes développés par des communicateurs avertis et les riches débats qui ont marqué le colloque.

"De Ecclesia in Africa" à "Africae munus" : Quel élan missionnaire pour notre Église de Parakou" ? "Amoris laetitia" dans le contexte africain : Quel avantage pour nos familles ? Quelle jeunesse pour une Eglise-Famille missionnaire à Parakou ? Trois thèmes qui ont permis aux participants d’adopter une dizaine de résolutions qui ambitionnent de « renforcer l’élan missionnaire des filles et fils de l’archidiocèse porteur d’espérance et d’avenir de sorte que par le souffle de l’Esprit, tous travaillent à l’avancement du Règne de Dieu ».

Dans sa conclusion au colloque peu avant la messe de clôture, l’archevêque de Parakou, Mgr N’koué, au regard des thèmes débattus, a tenu à analyser certains points importants. Pour lui, « la Parole de Dieu ne peut pas connaître d’échec. Les hommes peuvent limiter l’action de Dieu ici ou là, mais la Parole de Dieu aboutit toujours. L’Église s’est intéressée à l’Afrique à travers deux grands documents : l’Église en Afrique. C’était pour que nous nous mettions à évangéliser notre propre continent à partir de ce mot du Pape Paul VI: "Soyez désormais vos propres missionnaires".

Et l’Eglise officiellement nous demandait de nous intéresser à l’inculturation. C’est-à-dire que nous avons le devoir de nous approprier la Parole de Dieu. Elle est universelle ; mais elle est là pour nettoyer nos coutumes pour rendre ces coutumes plus belles, plus solidaires, pour que les hommes et les femmes vivent plus heureux. Car c’est le grand souci du Bon Dieu : que nous soyons heureux ».

Heureux d’entendre certains agents pastoraux qui ont regretté de n’être pas assez sollicités pour le service de l’évangélisation, Mgr N’Koué a ensuite félicité les laïcs pour leur apostolat dans les villages, dans les périphéries. « Les laïcs nous étonnent par leur dynamisme. Mais je profite pour dire que personne n’a besoin d’autorisation pour faire le bien…. Dites-nous seulement où est-ce que vous voulez missionner; quels sont vos aéropages ; qu’estce que vous pensez faire pour le bien de l’Église qui commence toujours par son propre bien ? On n’est heureux que lorsqu’on rend gratuitement service à l’autre. Car c’est de cela qu’il est question dans une Église en sortie missionnaire. Ne banalisons pas la parole de Dieu qui est puissance. Car nos problèmes sont résolus quand nous sommes avec Dieu en qui rien n’est impossible ».

Et l’Ordinaire du lieu de clôturer le colloque diocésain: « perçu, reçu et vécu par l’ensemble des participants selon leur déclaration finale comme une véritable pentecôte, un temps de grâce, un véritable kaïros pour l’Église-Famille de Dieu qui est à Parakou : "Ce colloque, Église en sortie missionnaire, en préparation aux 75e anniversaire de notre évangélisation, c’est pour que Parakou devienne un diocese très beau.

Mais il ne le sera que si nous sommes solidaires autour du Christ ; c’est avec lui que nous sommes forts. Ne cherchons pas à copier le monde ; c’est le monde qui doit copier l’Église. Car l’Église existe pour indiquer le chemin vers Dieu. L’Église existe pour qu’en voyant comment nous nous aimons, comment nous vivons, le monde puisse changer. Et à travers le texte de l’Enfant prodigue, Dieu nous dit : Je vous ai envoyé ; est-ce que vous êtes allé là où je vous ai envoyé ? Si vous n’y êtes pas allé, revenez à moi, je vous accueillerai et je suis prêt encore à vous instruire ; je ne rejette personne. Sachez que je ne veux pas que vous perdiez la vie que j’ai mise en vous, la vie éternelle.

Nous sommes là pour gagner la vie éternelle, pour recevoir en héritage la vie éternelle. Et recevoir la vie éternelle repose sur "faire le bien à l’autre" : j’avais faim, tu m’as aidé, j’avais soif, tu m’as aidé, Cela ne vaut pas seulement que pour les autres ; c’est pour chacun de nous. Toi, qu’est-ce que tu fais pour aider l’autre ? Enlevons donc de notre tête que c’est les autres qui doivent régler nos problemes. Que chacun s’investisse et ce faisant, notre église sera belle, très belle ».


 Les 10 résolutions du colloque

  1. L’urgence d’une redynamisation de la pastorale de la famille qui passe par la vulgarisation des documents magistériels universels et diocésains.
  2. L’organisation de table-rondes périodiques pour favoriser de dialogue et la communion entre pasteurs, consacrés et laïcs.
  3. La mise en place de structures à l’échelle diocésaine et paroissiale pour penser un plan concret de sauvetage de l’amour au cœur de la famille et du mariage, réalité prise en otage par les lobbies et les marchands d’illusions.
  4. Le retour à une pastorale d’intériorité basée sur la promotion du silence et une liturgie priante et recueillie qui retourne à la croix et à l’évangile.
  5. La création d’un centre catéchétique pour la formation humaine, spirituelle et surtout kérygmatique des catéchistes et des laïcs.
  6. La reprise en main de l’enseignement catholique et de la formation professionnelle non pas dans une logique d’emploi mais dans un esprit de retour à la gratitude.
  7. La mise en valeur d’une pastorale d’engagement basée sur la foi et l’audace.
  8. La revalorisation de la place et du rôle de la jeunesse sur les paroisses et dans les structures diocésaines.
  9. La création d’une école de formation à la vie matrimoniale et la promotion d’un centre d’écoute et d’accompagnement des couples.
  10. La publication en langue française et locales des actes du présent colloque.

Portrait de guy2 Guy Dossou-Yovo, Rédacteur en Chef Adjoint