Archidiocèse de Cotonou : Ouverture d’une École d'initiation théologique et pastorale pour approfondir notre foi

Archidiocèse de Cotonou Ouverture dune École dinitiation théologique et pastorale pour approfondir notre foi

Le 2 février 2018, en la fête de la présentation du Seigneur, l’archevêque de Cotonou a inauguré une nouvelle École d’initiation théologique et pastorale pour l'Archidiocèse. La mission de cette jeune institution ecclésiale est d’aider les fidèles à approfondir leur foi et pouvoir en rendre véritablement compte dans leur vie quotidienne.

« Ravive la lumière de ta foi » semblaient nous dire les cierges allumés tenus en main par les trois évêques, la vingtaine de prêtres et les quelques 300 fidèles rassemblés dans la chapelle souterraine du sanctuaire de la miséricorde de la paroisse saint Michel de Cotonou. La célébration de la fête de la présentation du Seigneur au soir du vendredi 2 février 2018 a été l’occasion choisie par l’archevêque de Cotonou, Mgr Roger Houngbédji, pour ouvrir une nouvelle école d’initiation théologique et pastorale (Eitp) pour l’archidiocèse.

Il était entouré de Mgr Barthélémy Adoukonou, secrétaire émérite du Conseil pontifical de la culture et de Mgr Antoine Ganyé, archevêque émérite de Cotonou. « En ce jour où nous célébrons la Présentation du Seigneur au Temple, nous sommes heureux de porter sur les fonts baptismaux la nouvelle École d’initiation théologique et pastorale de notre Archidiocèse. En célébrant la Présentation de l’Enfant Jésus au Temple, nous voulons aussi présenter cette École au Seigneur, de sorte qu’elle soit son œuvre à lui, le moyen par lequel sa Parole qui donne la vie au monde soit annoncée, jusqu’aux extrémités de la terre », se réjouit l’archevêque de Cotonou.

Reconnaissant l’importance que revêt la création d’une telle École pour la vie de l'Église à Cotonou, il confie à Dieu « toutes les activités qui vont s’y dérouler », souhaitant qu’elles puissent contribuer au rayonnement de son Église et à l’éclatement de sa plus grande gloire. De fait, « la création d’une École d’initiation théologique et pastorale, répond au besoin d’approfondissement de la foi authentique, besoin exprimé de façon récurrente lors du synode diocésain et à travers le diagnostic réalisé dans le cadre du plan stratégique d’action pastorale. L’ouverture de l’École à laquelle nous assistons aujourd’hui peut être considérée comme la réalisation d’une des actions importantes de ce plan stratégique » estime l’Archevêque.

Entretenir la flamme de la foi Si dans l’assemblée quelques fidèles protègent de leur main la flamme vacillante de leur cierge afin qu’il ne s’éteigne pas, c’est bien la lumière de la foi qu’ils souhaitent raviver en s’inscrivant dans cette nouvelle école. C’est ce qui ressort en filigrane des motivations présentées par les fidèles inscrits dans la nouvelle École et que rapporte le père Rodrigue Gbédjinou, directeur de l’Eitp : « Je veux approfondir ma foi. Je veux connaître Jésus. Je veux connaître la Parole de Dieu. Je veux connaître l’histoire de l'Église, mon Église. Je veux pouvoir rendre compte de ma foi ».

Commentant leurs propos chargés de sens, le directeur de la nouvelle institution ecclésiale désigne les nouveaux apprenants comme de « vrais théologiens » en ce sens que « la théologie est recherche, écoute et connaissance de Jésus dans l'Église, Son Église et notre Église », explique-t-il. « C’est vous les authentiques théologiens quand vous nous confiez encore que vous ne voulez pas des théories mais une formation basée sur l’expérience de vie : vous nous enseigniez ainsi que théologie et pastorale vont de pair », les félicite-t-il encore, se référant à l’exhortation de Benoît XVI, le Papethéologien dans Africӕ munus signé chez nous.

Dans son homélie, Mgr Houngbédji évoque la mission qui sera celle de l’École d’initiation théologique et pastorale, en s’appuyant sur les enseignements de l’évangile. Premièrement, il montre que « tout, dans le texte d’évangile, semble se centrer sur la personne de Jésus ». C’est justement l’une des ambitions de l’Eitp. Selon l’archevêque, la « focalisation sur la Personne de Jésus semble le premier rôle que l’École d’initiation théologique et pastorale entend jouer ».

En principe, « elle nous aidera à approfondir notre foi en Jésus-Christ, à le connaître et à l’aimer, Lui qui est le vrai visage de la miséricorde de Dieu. À travers les différents cours qui seront donnés, nous apprendrons à être à l’écoute de la Parole de Dieu, à nous laisser guider par son Esprit qui, collaborant avec notre raison, nous conduira à la vérité tout entière ». La deuxième mission fondamentale de cette École théologique sera de nous permettre de mieux connaître Jésus-Christ, « lumière des nations », relève Mgr Houngbédji, « de sorte qu’en le connaissant, nous puissions adhérer à lui et devenir ainsi par le témoignage de notre vie une lumière qui éclaire les autres ».

Et vivre en communion avec le Christ, c’est accepter de participer en tant que chrétiens au mystère de sa mort et de sa résurrection, comme l’indiquent les termes « chute » et « relèvement » que l’évangéliste saint Luc utilise dans l’évangile. C’est à cela qu’aidera la formation pratique que propose la nouvelle École d’initiation théologique et pastorale. En effet, « nous ne pouvons pas croire au Christ mort et ressuscité, et demeurer comme des hommes marqués par la désespérance. Notre mission première en tant que chrétiens est d’annoncer la Bonne Nouvelle comme un message de salut et d’espérance à nos peuples », précise l’archevêque.

L'espérance ne déçoit pas « Ce qui commence là sans bruit ce soir, l’oblation du grain pour le fruit, qui parmi nous peut le comprendre ? ». Ce troisième paragraphe de l’hymne "Nous te cherchons Seigneur Jésus", tiré de l’office des lectures de la fête de la présentation du Seigneur, ponctue d’une note d’espérance l’allocution de remerciement du père directeur de l’Eitp.

« Ce qui commence là, souligne-t-il, c’est l’unique mystère de la manifestation du Christ, le commencement sans commencement, en qui désormais s’intègre cette École d’Initiation Théologique et Pastorale, présentée à Dieu en cette eucharistie de la Présentation de Jésus au temple ». Et la devise de l'École s’inspire bien du mystère du Christ, lumière des nations : Et lux in tenebris lucet, Africӕ munus. (La lumière luit dans les ténèbres : l’engagement pour l’Afrique). « La lumière qui se communique et se propage ne perd rien de son éclat, mais offre plus de luminosité. Nous sommes convoqués à la générosité, à la communication et au partage », invite le père Rodrigue Gbédjinou.

Celui qui nous devance dans cette dynamique du don est le Seigneur lui-même qui nous surprend par ses prévenances. En réalité son « action décape souvent nos calculs ou doutes, nos réticences ou résistances. Il va au-delà des apparences ou des considérations humaines. Il sait travailler avec des instruments imparfaits. Il donne ce qu’il ordonne », reconnaît le père directeur.

Il ajoute : « Ses libéralités infinies portent la marque de la loi de l’abondance qui défie toutes prévisions ou provisions. Notre rêve pour cent apprenants pouvait faire sourire. Et voilà que le Seigneur nous surprend et nous fait rire ce soir avec plus du double. Nous avons dû arrêter les inscriptions ». Rendant grâce à Dieu pour sa bonté infinie, le père Gbédjinou félicite les 202 inscrits qui sont selon lui « la première belle phalange d’une aventure que nous comptons courir ensemble, à la suite du Christ lumière de nos vies », fait-il remarquer. Un autre temps-fort de la cérémonie est la bénédiction du site de l'École par l’archevêque de Cotonou juste après la messe. Le site situé dans les locaux de la paroisse saint Michel de Cotonou, est encore assez modeste mais il a été préparé par les cœurs, selon le père Rodrigue Gbédjinou.

Saluant le geste de soutien du diocèse qui a porté une subvention de cinq millions de francs Cfa pour l’aménagement et le fonctionnement de l'École, et la générosité d’un de ses confrères aux études qui a offert deux livres pour la bibliothèque, le directeur de la nouvelle école appelle tous les fidèles à soutenir l’institution qui vient de naître. Car, soulignet-il avec humour « 5000000 et 2 livres, c’est la parabole des 5 pains et 2 poissons présentés au Seigneur qui, dans sa providence, a même commencé à faire signe par l’aumône des prières des uns et des autres ». La cérémonie d'ouverture de l'Eitp se termine par la visite du site de l’école suivie d’un rafraîchissement.

 Serge N. Bidouzo