Des prêtres ordonnés par le pape Jean-Paul II célèbrent 25 ans de sacerdoce

25 ans dordination par JPII

La paroisse Saint de Michel de Cotonou a abrité le samedi 3 février 2018, un triple événement : les noces d'argent de 11 prêtres béninois ordonnés par le Pape Jean-Paul II le 3 février 1993, les 52 ans de sacerdoce du père Théophane Houétchénou et la commémoration de la vie consacrée dans l'archidiocèse de Cotonou. Cette célébration a été un beau témoignage de fraternité ecclésiale. Elle est aussi l'occasion de revenir sur la 2e visite du Pape Jean-Paul II au Bénin et l'enjeu qu'elle constitue pour nous aujourd'hui.

Concert d'action de grâces

Mercdi 03 février 1993 - Samedi 03 Février 2018 ! 25 ans dejà !

Onze jeunes diacres de l’archidiocèse de Cotonou ont été faits prêtres de Jésus-Christ à jamais par l’imposition des mains du pape Jean-Paul II, de vénérée mémoire, devenu "le Saint Pape Jean-Paul II".

Il s’agit des abbés: Jean-Joachim Adjovi, André Aniou, Emmanuel Atindéhou, Bernardin Gomez, Angelo Lalèyè, André Quenum, Gilles-Armand Dos Santos, Barthélemy Vigan, Delphin Vigan, Frédéric Viadénou et Simon Yobodè.

C’était au Stade de l’amitié d’alors, aujourd’hui Stade Général Mathieu Kérékou, à l’occasion de la seconde visite pastorale au Bénin du Saint Pape.

Des onze, deux ont déjà rejoint la maison du Père : André Quenum et Barthélemy Vigan. Et pour des raisons pastorales diverses trois étaient absents et seuls six d’entre eux ont, en leurs noms à tous, rendu grâce à Dieu pour leurs noces d’argent sacerdotales.

La messe jubilaire a été présidée en l’église paroissiale Saint Michel de Cotonou par l’archevêque de Cotonou, Mgr Roger Houngbédji avec à ses côtés, l’évêque de Porto-Novo, Mgr Aristide Gonsallo et l'évêque de Bayeux-Lisieux, Mgr Jean-Claude Boulanger arrivé au Bénin à la tête d’une soixantaine de français venus en pèlerinage dans notre pays.

Plus d’une centaine de prêtres dont l’un de leur doyen, le père Théophane Houétchénou qui célébrait aussi en ce même jour 52 ans de sacerdoce, ont concélébré.

Une foule nombreuse de religieuses et religieux qui célébraient au plan diocésain la fête de la vie consacrée ont participé à cet action de grâce. L’animation des chants de la messe aussi bien en français qu’en langues locales a été assurée par les chorales de la paroisse.

Les jubilaires ont reçu chacun des mains de Mgr Houngbédji des tableaux de bénédiction papale. Ils ont également renouvelé devant l'archevêque leurs vœux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance et chanté en chœur leur joie au Seigneur sous la direction du chantre jubilaire Abbé Frédéric Viadénou.

C’est dans ce décor qu’après avoir rappelé les différents motifs d’action de grâce et adressé ses vives et paternelles félicitations aux jubilaires « Vivants ou morts » le prélat a tenu à insister sur le sens et l’importance de la fête de la vie consacrée. « En choisissant de faire de la fête de la Présentation du Seigneur la journée de la vie consacrée, le saint pape Jean Paul II, depuis 1997, propose de nouveau à l’imitation des consacrés le modèle du Christ pauvre, chaste et obéissant. Non pas que les consacrés soient déjà des parfaits, mais qu’ils s’engagent à faire des efforts pour vivre du Christ et de lui seul en vue de devenir, pour tous, les témoins de l’Amour et de l’absolu de Dieu », a déclaré Mgr Houngbédji.

Ainsi, « chers consacrés, ne l’oubliez jamais, votre joie, votre unique joie c’est le Christ. En fonction de vos charismes propres rayonnez du Christ et de son Amour en étant des hommes et des femmes épanouis. Laissez-vous conduire par l’Esprit Saint et n’ayez de priorité que de vivre pour le Royaume de Dieu », a-t-il exhorté.

L'archevêque de Cotonou en profite pour s’adresser de façon plus précise aux Pères jubilaires : « Ce que je demande aux consacrés, je le demande aussi à vous, mes pères jubilaires. Personne ne devient prêtre pour lui-même. C’est pour la cause du Christ et de son projet de salut que vous avez dit oui et que l’Église vous a choisis pour être des prêtres ».

Guy Dossou-Yovo

A voir également :

- Homélie complète du pape Jean-Paul II, ordinations sacerdotales au stade de l’amitié, Cotonou, mercredi, 3 février 1993.

Site du diocèse de Bayeux-Lisieux

Que sont-ils devenus après 25 ans ?

C’est du moins la question qui taraude les esprits lorsque le samedi 03 février 2018, six des onze prêtres de Jésus-Christ ordonnés par le Pape Jean-Paul II, ont décidé de rendre grâce au Seigneur. 25 ans après leur ordination, les devises et les parcours missionnaires sont féconds. « Tout vient de lui, tout est à lui, à lui la gloire pour l’éternité ».

Voilà la boussole qui guide l’œuvre pastorale du père Bernardin Gomez, oint par le Pape Jean-Paul II en 1993. Aussitôt après son ordination, le jeune prêtre est nommé à la tête du service diocésain de développement des actions caritatives de Cotonou.

Quelques années plus tard, le père Bernardin Gomez pose ses valises à Parakou pour une mission Fidei Donum. Revenu à Cotonou avec Mgr Marcel Agboton, il met son expérience pastorale du Nord-Bénin au service du peuple de Dieu de l’archidiocèse de Cotonou.

Depuis lors, il a assuré la mission pastorale à la paroisse de Cocotomey, à l’économat du collège catholique Père Aupiais de Cotonou avant de prendre au lendemain des dernières nominations, les rênes de la paroisse Saint Albert d’Abomey-Calavi. « Avec Jean-Paul II, j’ai compris qu’être saint, c’est être fidèle à Dieu dans les petites choses », confie t-il.

Quant au père Delphin Vigan, le chemin est tout autre. Depuis le diaconat, le fil directeur de son ministère se dessine clairement : Annoncer Jésus-Christ au cœur de l’Eucharistie dans la puissance de l’Esprit Saint. Ce leitmotiv ne l’a jamais quitté. De la direction des œuvres diocésaines à la charge de Curé des paroisses Marie Auxiliatrice de Mènontin et Saint Michel de Togoudo il a porté aux fidèles l’évangélisation avec forte conviction.

Grand admirateur du Pape Jean-Paul II, le père Delphin Vigan n’a pu s’empêcher de révéler l’influence que le Saint Pape a eue sur son être : « le jour de notre ordination, j’avais tout mon regard fixé sur sa personne. Il rayonnait d’une grâce particulière. Qu’il soit devenu Saint en un temps record, il faut être vraiment lui pour forcer les cieux de cette manière ».

L’amour et rien que l’amour, c’est la marque distinctive du père Simon Yobodè au point qu’il en a fait sa devise : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis ». Amis qu’il a servis sur plusieurs paroisses comme Bon pasteur de Cotonou, Saint Jean de Zinvié et Saint Michel de Zê où il enracine présentement les fidèles dans la foi. 

Son confrère, le père André Aniou en fait de même. Serviteur zélé du Christ, il a été formateur et économe au Grand Séminaire Saint Gall de Ouidah. Après son passage dans la communauté de Godomey Togoudo, il exerce actuellement son sacerdoce au sein du peuple de Dieu de la paroisse Saint Joseph d’Agbato. A l’endroit du Saint Pape, il n’a que des mots de gratitude : « Selon la spiritualité qui est la mienne désormais, c’est le Saint Pape Jean-Paul II qui me protège et me garde. Je lui dis merci pour ce que le Seigneur a fait par lui et pour nous ».

Des mots de reconnaissance repris par la père Gilles Dos Santos qui a assumé la charge pastorale à l’aumônerie des hôpitaux avant d’être admis dans la communauté des Petites Sœurs des Pauvres à Tokan. « Saint Jean-Paul II est un Saint record. C’est pour nous une interpellation et nous avons l’assurance qu’il intercède pour nous afin que nous devenions Saint prêtre comme lui ».

C’est la conviction qu’a toujours partagé l’abbé Frédéric Viadénou au cours de ses missions sur les paroisses Saint Martin et Bon Pasteur de Cotonou, d’une part, ses études à l’Ucao en Côte d’Ivoire, d’autre part. L’œuvre pastorale l’a aussi conduit à la paroisse Saint Louis de Gbédégbé, au sanctuaire marial d’Allada, à la paroisse Sainte Rita de Cotonou et au vicariat forain Notre-Dame de l’Immaculée Conception de So-Tchanhoué.

C’est au sein de cette communauté lacustre que le vicaire forain du Lac-Nokoué fait connaître aujourd’hui le Christ à travers la messe quotidienne, la catéchèse, la vulgarisation du Plan stratégique d’action pastorale sans oublier le charisme du Saint Pape Jean-Paul II.

Florent Houessinon

Jean-Paul II au Bénin : 25 ans après !

l y a vingt cinq ans, le Bénin s’était transformé en un mini Vatican, l’espace de 72h, pour une seconde fois. La première fois c’était le 17 février 1982, aux temps forts du régime marxiste-léniniste, autrement dit, en pleine période révolutionnaire.

Peut-être que le grand camarade de lutte était un peu condescendant, tout simplement parce qu’il voyait dans son rare et célèbre hôte, un vrai combattant de hautes luttes, dans la Varsovie natale de ce dernier dont la patrie, la Pologne, était alors encore sous régime communiste. La grande différence entre ces deux hommes que tout semblait opposer, à l’exception de la taille, de la bravoure et de l’amour de la patrie, c’est que ce dernier ne luttait pas contre des hommes et des femmes, mais plutôt contre tout système qui avilit l’être humain quel qu’il soit, et cela, de façon pacifique et ferme, sans parti pris.

La lutte pour la justice sociale et pour la dignité humaine était pour lui inséparable de toute évangélisation. Son geste historique, à sa descente d’avion, n’est-il pas on ne peut plus symbolique, tout autant expressif : Il embrassa, presque de tout son long, le sol béninois ! On pourrait penser que cette première visite, « Le temps d’une messe », était le fruit d’un concours de circonstances !

Néanmoins, à lui seul, le symbole de cet embrassement de notre terre dahoméenne, devenue bénin ou bénigne, par celui que nous savons aujourd’hui auprès de Dieu, dans sa plénitude, est plus qu’un geste fraternel ou irénique : il est expression d’un respect profond et sincère, d’adoption, de communion voire de bénédiction.

Le Saint-Père ne l’expliquait-il pas lui-même en ces termes : « Je viens d’embrasser cette terre du Bénin, car elle est précieuse pour Dieu. Oui, Dieu lui veut du bien ; Il veut du bien à tous ses habitants, c’est-à-dire qu’Il les bénit. Il veut faire de cette terre aussi le lieu du salut opéré par l’Évangile ».

Le président Mathieu Kérékou, bien qu’encore socialiste pur et dur, du moins à l’apparence au moins, ne s’y est aucunement trompé ; lui qui voyait en son hôte « la Haute Conscience Morale Universelle… [et le] Grand Messager de la Paix ».

Aussi, alors que politiquement la bénédiction de l’homme de Dieu semblait avoir porté ses fruits, avec le vent fort de démocratie qui a paru se faire contagieux, après avoir précédé et prophétisé pour ainsi dire l’écroulement du fameux mur de Berlin, il fallait renforcer l’axe Cotonou-Vatican, afin que la relation Église-État n’en paye pas le prix.

On sait bien le rôle que la première a joué dans l’avènement de ce vent de liberté à travers l’un de ses plus valeureux et digne prélat. Voici pourtant que le mot démocratie en était arrivé à prêter à équivoque pour certains, et pas des moindres, qui le confondaient à l’évidence avec ce que provoque le jeu de langage en résonnant plutôt comme « démoncratie ».

Autrement dit, les vieux démons y sont adoubés et encensés de façon à régner de nouveau et à réintroduire dans les dédales du monde des ténèbres. La porte d’entrée de l’Évangile en terre dahoméenne devenue béninoise a été presque profanée par une fête désormais consacrée, non pas seulement à la culture - ce qui serait hautement louable -, mais bien plutôt à un cultuel multiple, multiforme et divers ; ce qui en révèle parfaitement l’ambiguïté qui conduit à l’amalgame.

Dès lors, il fallait une visite en bonne et due forme, pour confirmer dans la vraie foi, c’est-à-dire la foi authentique ; celle qui vient réellement des Apôtres et dont la longue tradition ne laisse place à aucune incohérence. Celle dans laquelle les Mouléro Thomas, les Gabriel Kiti, les Gantin et autres ont été faits disciples du Christ.

En effet, pour citer Mgr Antoine Ganyé, s’adressant récemment aux enfants à Noël 2017, « il ne suffit pas d’adorer Dieu ; il faut surtout l’aimer ». En l’aimant, on est sûr de l’adorer par le fait même. C’est ainsi que onze ans plus tard, presqu’aux mêmes dates ou à la même période, le Saint-Père Jean-Paul II revient pour une seconde fois sur notre terre béninoise, et cela, non seulement à Cotonou, mais aussi jusqu’au Nord du pays, plus précisément en pays baatonu à Parakou.

Il y sera accueilli par Mgr Nestor Assogba, de vénérée mémoire, et tous deux confirmeront ainsi leur charisme d’Apôtres du dialogue interreligieux en rencontrant la communauté musulmane. Ce fut dans la matinée du 4 février 1993. Une messe au stade de ladite ville couronnera cette visite du septentrion, avant de retourner à Cotonou pour la rencontre avec le monde politique d’une part, puis les responsables des différentes religions traditionnelles, et d’autre part, les représentants du monde catholique et chrétien tout court.

Déjà la veille, à son arrivée en début d’après-midi, il s’est rendu directement au grand Stade de l’Amitié, devenu maintenant Stade Mathieu Kékérou. Il y a présidé la messe à 16h30, messe au cours de laquelle il ordonna prêtres de Jésus-Christ onze jeunes pour le compte de l’Archidiocèse de Cotonou dont Mgr Isidore de Souza tenait les rênes, tout en étant par ailleurs président du Haut Conseil de la République ; l’institution de contre pouvoir la plus élevée du moment.

Cette seconde visite apostolique aura donné d’abondants fruits à peine énumérables : Chacun des prêtres ordonnés à l’occasion de ladite visite apostolique représente, pourrait-on dire, chacune des onze années qui séparent la première visite apostolique de la deuxième. En la même année 1993, le premier fils évêque que notre Église locale a donné à l’Église Universelle a été élu par ses pairs, doyen du sacré collège des cardinaux. De nouveaux diocèses ont vu le jour, tels Kandi (1994), Dassa-Zoumè et Djougou (1995) ; puis N’Dali (1999). Parakou a même été fait Archidiocèse (1997) ; permettant ainsi la réalité de deux provinces ecclésiastiques ; l’une au Sud et l’autre au Nord.

Le Bénin et le pays frère du Togo sont dotés d’une représentation propre du Saint-Siège et celle-ci s’installe à Cotonou. Pour trouver le nonce ou plutôt le prononce comme on l’appelait alors, point n’est besoin d’aller encore jusqu’au Ghana.

Les séminaires se sont démultipliés, à l’instar des paroisses et des communautés chrétiennes, des groupes de prière et des associations. Au plan politique, notre pays s’est aussi doté entre-temps d’une représentation diplomatique près le Saint-Siège.

De plus, la troisième visite apostolique effectuée chez nous par le Pape Benoit XVI, successeur immédiat de Jean-Paul II, pourrait être considérée comme vrai fruit mûr des deux premières visites apostoliques de son prédécesseur. Les raisons de cette troisième visite papale font de notre pays, sur le plan de la foi, un privilégié. Benoit XVI y aura en effet signé, lors de ce qui restera dans l’histoire comme son dernier voyage en Afrique, un document capital qui demeure la référence pour nos Églises africaines et nos pays.

Il y observait en effet, que l’Afrique est le poumon spirituel de l'humanité. Pour tant de grâces, il faut savoir rendre grâce. Pour tant d’honneurs et d’attention, il faut prendre conscience que l’honneur est aussi une charge. Car, qu’avons-nous de si précieux et digne à offrir, pour bénéficier en l’espace d’une trentaine d’années de trois bonnes visites du vicaire du Christ sur Terre ?

Soyons sincères ! Nous n’avons ni or ni argent, ni même pas de pétrole non plus. Géographiquement et démographiquement, nous sommes plus que petits à côté du géant Nigéria. Au concert des Nations, où il est question d’un rendez-vous du donner et du recevoir, quelle est ou sera notre part ou participation ? Qu’avons-nous de présentable voire sortable ?

Seules les valeurs humaines et chrétiennes nous dédouaneront, si nous ne les négligeons. Que Saint Jean-Paul II, qui disait être confiant en l’avenir de notre pays, intercède pour nous !

Crépin Magloire Acapovi

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- Ce saint qui nous visitait ! (Editorial du 9 février 2018)

Un beau témoignage de fraternité pour l'Église

Le choix des religieux et religieuses de célébrer la fête de la vie consacrée avec les jubilaires est un véritable témoignage de fraternité. La présence de toutes les familles religieuses à la messe du jubilé d’argent des prêtres ordonnés par le pape Jean Paul II est le signe que la fraternité est un chemin de communion avec Dieu.

C’est ce que souligne Mgr Houngbédji dans son homélie : « La célébration commune de ce jour est un très beau témoignage de la fraternité que Dieu construit en son Fils Jésus. Nous faisons ainsi Église. La communion fraternelle est en fait un des grands objectifs de notre Plan Stratégique d’Action Pastorale. Une Églisefamille de Dieu que nous voulons tous plus fervente, plus fraternelle et résolument tournée exclusivement vers le témoignage évangélique ».

Ce souhait de l’archevêque de Cotonou a guidé le choix des religieux et religieuses de s’associer à la fête des jubilaires, explique le père Roger Bessan, frère capucin, vicaire épiscopale chargé de la vie consacrée dans l’archidiocèse de Cotonou. Citant le deuxième objectif stratégique du Psap « entretenir la fraternité sacerdotale et religieuse, ainsi que la cohésion familiale, pour développer la communion fraternelle », il estime qu’il n’est donc pas de raison « que nous ne cherchions pas à vivre des célébrations, à poser des actes qui manifestent cette réalité importante de notre vie en Église ».

Car comme le chante le psalmiste, « Oui, il est bon, il est doux pour des frères de vivre ensemble et d’être unis ! » (Psaume 132, 1).

Effectivement, « il est beau d’être unis », s’extasie le père Bessan. Cette unité constitue l’espace de rencontre avec le Christ qui nous appelle à un amour fraternel, signe du Royaume de Dieu. C’est ce qu’enseigne précisément le document régissant les « relations mutuelles » entre religieux et évêques, Mutuae Relationes : « Dans le mystère de l'Église, l’unité dans le Christ comporte une mutuelle communion de vie entre les membres ».

En effet, « il a plu à Dieu que les hommes ne reçoivent pas la sanctification et le salut séparément hors de tout lien mutuel, il a voulu au contraire en faire un peuple » (Concile Vatican II, Lumen Gentium, 9).

Tel est le sens de la fraternité voulue par le Seigneur pour ces disciples et qui est chemin de sainteté. C’est pourquoi le père combonien Canisius Mètin, souhaite vivement que la communion fraternelle « soit possible non seulement dans des célébrations pareilles mais aussi dans des contextes concrets de la vie du diocèse ».

Il reste encore du chemin à parcourir pour que nous vivions la fraternité parfaite comme le Père nous la demande (cf. Mt 5, 48), mais les gestes d’amour quotidiens posés avec vérité et humilité peuvent construire ce monde meilleur dont nous chrétiens, prêtres religieux et religieuses cherchons à témoigner.

Serge Bidouzot

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