Grogne de la classe ouvrière béninoise : Nécessité d’une écoute sociale par le gouvernement

Grogne de la classe ouvrière béninoise Nécessité dune écoute sociale par le gouvernement

Si les syndicalistes sont restés attentistes au cours de l’exercice du 1er gouvernement du président Patrice Talon, la hache de guerre semble être désormais déterrée avec des marches de protestation qui deviennent récurrentes depuis le début du mois écoulé. Visiblement, les travailleurs sont fâchés à cause de la politique sociale du régime actuel et les responsables syndicaux voient le mal venir d’une insatisfaction généralisée des revendications corporatistes.

C’est en pleine préparation d’une marche prochaine que le secrétaire de la Confédération syndicale des travailleurs du Bénin (Cstb) a reçu l’équipe de votre journal venue l’interviewer. Pour Kassa Mampo, la fronde sociale naissante est la résultante d’un certain nombre de revendication non satisfaite par le gouvernement actuel.

Il n'en veut pour preuve que, la non-satisfaction des doléances du secteur rural, celles des agents de la santé et de la justice, les réformes exclusives et la violation des libertés estudiantines voire syndicales. En lieu et place de véritables solutions pouvant contenter les travailleurs, le gouvernement de la rupture fonce dans son dessein de moderniser les entreprises de l’Etat par leur privatisation ou affermage systématique.

Ceci, contre la volonté manifeste des travailleurs dont l’emploi serait fortement menacé. « On veut vendre tout le pays. Un pays pauvre, un petit pays qui a besoin du secteur public pour se développer, c’est dans ce pays qu’on veut rendre des individus plus riches que l’Etat », se désole Kassa Mampo.

« Le gouvernement ne respecte plus rien. Ils n’ont jamais consulté les travailleurs dans les diffé- rentes réformes initiées. Le dialogue social dont on parle est un marché de dupes. Pour ligoter les mains aux travailleurs, le pouvoir de Patrice Talon a sorti une charte pour le dialogue social que toutes les confédérations avaient rejeté au temps de Yayi Boni », souligne t-il.

La dernière goutte d’eau qui a fait déborder le vase, est la loi sur l’embauche qui a été votée et promulguée par le 1er gouvernement du président Talon. « On peut désormais signer éternellement des contrats à durée déterminée. Dans le même cas, on peut aussi à tout moment se séparer de l’ouvrier ou de l’employé. Le gouvernement renforce la toutepuissance de l’employeur et puis précarise l’emploi. Nous voulons que cette loi soit tout simplement abrogée », précise Noël Chadaré, Secrétaire général de la Confédération des organisations syndicales indépendantes du Bénin (Cosi-Bénin).

En vue d’une satisfaction totale les syndicats annoncent les couleurs : «…Nous avons décidé de battre le macadam, de donner un avertissement sans frein pour le pouvoir. Si le message n’est pas reçu, nous irons à une grève générale », martèlent-ils.

Pour calmer les esprits, le gouvernement du président Patrice Talon vient de promettre 2,4 milliards au profi t du secteur de la santé tout en s'engageant à mettre à la disposition des agents, les conclusions du rapport de la commission technique chargée des réformes sur la santé.

Pourvu que le gouvernement revoie effectivement sa copie en matière sociale et que le dialogue soit renoué pour l’amélioration de la situation des travailleurs. Mais pour le moment, la colère sociale ne semble pas vouloir baisser de si tôt.

Portrait Florent HouessinonFlorent Houessinon