Institut Pontifical Jean-Paul II : 20 ans déjà !

Institut Pontifical Jean Paul II de Cotonou

Du 1er au 04 novembre 2017, la section francophone de l'Institut pontifi cal théologique Jean-Paul II à Cotonou a célébré le 20e anniversaire de son implantation au Bénin. Durant ces jours d'intenses conférences sur l'avenir du mariage et de la famille, l'Institut a été honoré par la présence d'éminentes personnalités et les festivités ont connu leur apothéose le samedi 04 novembre 2017 par la messe pontificale célébrée par Mgr Vincenzo Paglia.

Les festivités marquant les Noces de porcelaine de l’Institut pontifi cal Jean-Paul II ont commencé le mercredi 1er novembre avec l’accueil des Autorités de l’Institut venues de Rome. Il s’agit de S. Exc Mgr Vincenzo Paglia, Grand Chancelier de l’Institut Pontifi cal Théologique Jean-Paul II et Président de l’Académie Pontificale pour la Vie, de Mgr Pierangelo Sequeri, Président au Siège Central de l’Institut sis à Rome près l’Université Pontifi cale du Latran et du Révérend Père Andrea Ciucci, Officiel à la Curie romaine, secrétaire de l’Académie Pontifi cale pour la Vie. Il était 13h30 quand arriva le vol Ethiopian Airline après 14h de voyage Italie-Cotonou.

Visiblement heureux, S. Exc. Mgr Paglia dit sa joie de débarquer à un Aéroport qui porte le nom d’un ami très cher : le cardinal Gantin : « J’ai été surpris de constater que votre Aéroport International porte le nom du Cardinal Gantin. Cet homme est grand. J’ai vécu avec lui pendant plusieurs années à Rome. J’ai toujours admiré son sens de l’Eglise et de la Société. Vous avez un homme d’élite. Votre Cardinal est unique. Il a su vivre dans la charité et dans la vérité de l’Evangile. Je suis heureux d’être ici à Cotonou à un Aéroport qui porte sa mémoire ».

Après les installations à la Résidence des Prêtres, la première étape fut la rencontre avec le Conseil permanent des professeurs de l’Institut. Les échanges ont commencé à 17h. Au cours de la séance, les Autorités romaines ont apprécié le travail qui se fait au Bénin pour le compte de l’Afrique à l’Institut Pontifi cal Jean-Paul II des Sciences Humaines : Sciences du Mariage et de la Famille, Sciences de l’Education et Psychologie.

Ils ont affi rmé que c’est précisément ce que voulait le Pape François lorsqu’il a personnellement signé le Motu Propio Summa Familaie Cura pour la restructuration de l’Institut : « Le Bénin a déjà devancé les propositions du Pape. Vous êtes sur une bonne voie », a confié le Grand Chancelier, Mgr Paglia. Pour renchérir cette appréciation, le Président de l’Institut Mgr Pierangelo Sequeri a proposé que les travaux s’approfondissent davantage avec l’ouverture aux autres Universités pour une heureuse articulation des rapports entre les Sciences humaines et la théologie, la société civile et la religion, la foi et la culture, l’autorité familiale et la sagesse chrétienne, la gestion financière.

C’est une satisfaction générale qui ressort de cette rencontre entre les Autorités romaines et le Conseil de la Section Africaine de l’Institut sise à Cotonou. A 19h, le cortège s’est ébranlé à la Chapelle de la Résidence des prêtres pour la Messe de la Toussaint présidée par le Grand Chancelier. Jeudi 2 novembre 2017. Deuxième jour. Les activités ont commencé par les Laudes et la messe matinale à la Résidence des prêtes.

A 9h, les Autorités se sont rendues à l’Archevêché de Cotonou pour une séance de travail et d’échanges avec S. Exc. Mgr Roger Houngbédji, Archevêque de Cotonou et Vice Grand Chancelier de l’Institut Pontifi cal Théologique Jean-Paul II. Après la rencontre, à 10h, s’est tenue la première Conférence de Mgr Paglia aux prêtres, aux religieux et religieuses, aux étudiants et aux hommes de bonne volonté. Le thème principal était : Enjeux de ‘‘Amoris Laetitia’’. Amoris Laetitia est l’Exhortation Apostolique post-synodale que le Pape François a adressé aux prêtres, aux diacres, aux personnes consacrées, aux époux chrétiens et à tous les fidèles laïcs sur la joie de l’amour dans la famille.

Dans sa Conférence, Mgr Paglia a suivi la structure organique du document en partant des réalités et des défi s de la famille dans la situation contemporaine. Il a insisté sur la vocation de la famille. Son point sensible a été l’évangile de l’amour qui trouve sa fécondité dans la famille élargie, dans l’accueil d’une nouvelle vie, dans le renforcement de l’éducation, dans l’accompagnement, dans le discernement et dans l’intégration des fragilités humaines dans la logique de la miséricorde pastorale.

La nouveauté chrétienne dans le dialogue avec les cultures est restée au centre des débats. Parmi les préoccupations qui ont retenu l’attention des auditeurs se trouve la question des funérailles en famille. Quelle est la place des rites ethniques ou familiaux dans la gestion du corps d’un défunt baptisé catholique ? La réponse du conférencier est centrée sur le discernement pastoral des rapports entre la foi et la culture.

La foi est le fondement de la vie chrétienne. La résurrection du Christ nous libère des poids de la culture. A 16h, le cortège prit le départ pour Ouidah. Deux étapes ont marqué cette activité : la visite du grand séminaire Saint-Gall et la visite de la route de l’esclavage. L’émotion a été grande au niveau de la porte du non-retour. Il y a eu comme un soulagement des hôtes au niveau de la porte du retour par le chemin de la foi et de l’espérance. Sur les mêmes lieux en effet ont débarqué les missionnaires et les "acheteurs".

Visiblement ému, Mgr Paglia a extériorisé son émotion au grand séminaire de Ouidah, lors des Vêpres solennelles animées par les grands séminaristes. Il était 18h35. Les formateurs du Grand séminaire étaient à la porte d’entrée : c’est l’accueil. Le Père Raymond Sobakin, recteur, salue chaleureusement les hôtes. Il dirige la visite de la maison après le rituel de l’eau donnée à la salle d’accueil des professeurs de Ouidah tous présents pour l’accueil. Commencent ensuite les Vêpres.

Dans son exhortation, Mgr Paglia a mis l’accent sur la Victoire du Christ face à la mort : la mort n’a plus aucun pouvoir. L’amour est la victoire sur la mort et contre l’esclavage. Le Grand chancelier a ensuite exhorté les prêtres à ne pas poursuivre les œuvres de l’esclavage qui sont des œuvres de péché et de la mort : « j’étais ému quand j’ai visité la route de l’esclavage. C’est le péché qui a fait cela. Le péché a fait des esclaves. L’amour fait des hommes libres. C’est l’amour qui fait vivre. Dans l’amour, nous sommes vainqueurs sur l’esclavage et sur la mort. Nous sommes peuples de la résurrection si nous aimons. Nous devons lutter contre le péché qui nous rend esclaves ».

La grâce du sacerdoce est capitale pour cette lutte. Il réaffi rme l’essentiel du sacerdoce pour les grands séminaristes : « Devenir prêtre, c’est devenir ouvrier de l’amour. C’est devenir ouvrier qui descend dans les périphéries de la vie. Le prêtre est un homme de l’amitié du Christ. C’est un homme de la tendresse de Dieu pour son peuple. L’essentiel de votre sacerdoce, c’est de devenir amour et eucharistie. L’Eucharistie est Amour. La Pastorale est Amour. Le Service est Amour. Il y a plus de joie à servir que d’être servi. Je me rappelle encore la mémoire de Cardinal Gantin. Il est pour vous un exemple de l’amour et de service. C’est un vrai prêtre. Il est un exemple de missionnaire pour vous. Il a porté l’essentiel du sacerdoce : amour, service et joie, la joie d’aimer, la joie d’être libre, la joie d’être patient, la joie d’être comme Jésus. C’est l’essentiel de votre mission. Je vous souhaite de vivre toujours le regard fi xé sur l’essentiel ».

Après les vêpres, ont suivi le partage du repas et le retour sur Cotonou. Vendredi 3 novembre 2017 : troisième jour. C’est la journée de réflexion en présence de LL. EE. NN. Roger Houngbedji, Vice Grand Chancelier de l’Institut et de Barthélémy Adoukonou, Secrétaire Emérite du Conseil Pontifi cal pour la Culture.

Tout a commencé à 8h 50 avec le mot d’accueil de Mgr Roger Houngbedji. L’archevêque de Cotonou a situé les présentes réfl exions dans le projet de la restructuration scientifi que des acquis de l’Institut Jean-Paul II désormais Institut Pontifi cal Théologique Jean-Paul II sous la signature apostolique du Pape François. C’est la continuité dans la réception des actes du Concile où les joies et les angoisses des familles sont aussi les joies et les angoisses de l’Eglise. Le mot d’ouverture des réflexions est assuré par le père Philippe Kinkpon, vice-président de la Section Afrique de l’Institut.

Après les séances d’accueil et d’ouverture sont installés les Conférenciers du jour. Il s’agit de Mgr Pierangelo Sequieri, Président de l’Institut à Rome, du Docteur Isabelle Anani, enseignante Chercheur et de la Professeur Marie Odile Attanasso, Maître de Conférences des Universités Cames et actuel ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifi que au Bénin.

La première conférence a pour thème : Famille Eglise et Société. Conduite par Mgr Pierangelo, elle est structurée en trois parties : d’abord le rapport entre la théologie et les sciences humaines, ensuite l’identité personnelle et ecclésiale de la famille et du couple chrétien, enfi n le lien entre les générations. Pour le Conférencier, les sciences humaines et théologiques doivent conjuguer pour libérer les liens qui tiennent les personnes dans l’esclavage. La perspective unitive de cette conférence se retrouve dans la guérison des liens générationnels. Le soin des personnes fait que la famille est le premier hôpital de notre humanité.

La deuxième Conférence a pour thème Les droits de la famille. Conduite par Mme Isabelle Anani épouse Ekué, Docteur en Droit privé des Universités conjointes d’Abomey Calavi et de Bayreuth, cette conférence a permis aux uns et aux autres de prendre la mesure des problématiques liées au droit du mariage et au droit au mariage dans les circonstances actuelles. La Conférencière a adopté une méthode comparative dans l’élaboration des rapports entre la conception chrétienne du droit de la famille et la vision du droit civil. Il ressort qu’il subsiste en droit positif des prérogatives juridiques difficilement honorables en droit de la famille.

Face aux défis contemporains, la conférencière laisse la question suivante : assistera-t-on bientôt au requiem de la famille ? La troisième conférence est intitulée : Les devoirs de la famille. Elle est assurée par le Ministre Marie Odile Attanasso, Docteur en Sciences économiques et démographiques, Enseignante Chercheur à l’Université d’Abomey Calavi. Dans le rythme des échanges des savoirs, les devoirs de la famille sont situés dans un nouvel horizon démographique, socio-politique et historique. Pour la conférencière la famille est une Ecole d’humanité. Elle nécessite un soin particulier dans l’ordre des générations.

Les défis sont en effet nombreux face aux typologies de la famille. La politique familiale devra devenir un creuset de viabilisation des familles. Dans l’après-midi, les réflexions se sont poursuivies par un panel autour du thème suivant : Attentes et orientations pour la pastorale de la famille au Bénin. Six organes et associations ont présenté leurs expériences au service des familles : l’organe de facilitation des relations familiales "Love power" du couple Syro et Syra, l’Ecole du Mariage et de la famille, l’Association des Femmes Catholiques, les Equipes Notre Dame, les Femmes Catholiques et la Fédération Africaine de la Famille. La conférence du père Sylvain Accrombessi, Docteur en Sciences du Mariage et de la Famille, option philosophie, a permis de mieux cerner les orientations de la Charte pastorale des familles au sein des diocèses du Bénin.

La journée s’est achevée par un géant concert culturel tenu à 21h. La messe pontifi cale du samedi 4 novembre 2017 a été le couronnement des activités marquant le 20e Anniversaire de l’Institut Jean-Paul II section Afrique Francophone. Pour mémoire, l’année académique 2017-2018 à l’Institut vient d’enregistrer des étudiants et étudiantes venus de 15 pays africains : Bénin, Burundi, Burkina-Faso, Cameroun, Congo-Brazzaville, Congo-Kinshasa, Cote d’Ivoire, Iles Seychelles, Ouganda, Malawi, Nigéria, Rwanda, Sénégal, Tanzanie, Togo.

 

Mot d’accueil du vice-président père Philippe Kinkpon

Excellence Mgr Vincenzo Paglia, Grand Chancelier de l’Institut Pontifi cal Théologique Jean-Paul II pour les Sciences du mariage et de la famille, et Président de l’Académie Pontificale pour la vie, Excellence Mgr Barthélémy Adoukonou, Secrétaire émérite du Conseil Pontifi cal pour la Culture, Excellence, Mgr Roger Houngbédji, archevêque de Cotonou, Vice Grand Chancelier de l’Institut, Excellence Mgr Antoine Ganyé, archevêque émérite de Cotonou, ex-vice grand chancelier Excellence Mgr Aristide Gonsallo, évêque de Porto-Novo.

Très Révérend Mgr Pierangelo Sequeri, Président de l’Institut Pontifi cal Théologique Jean-Paul II pour les Sciences du Mariage et de la Famille, Révérend Père Andréa Ciucci, Secrétaire de l’Académie Pontificale pour la vie Madame Christine Du Coudray, chargée du département Afrique de l’Association de l’Aide à l’Eglise en Détresse.

Monsieur Raphaël Daqui, assistant de madame du Coudray, Madame Thérèse Nyirabukeye, première Vice-Président de notre Section, Monsieur Barnabé Vigan, Professeur et Directeur des études émérite de notre section, Distingués Professeurs, Chers Supérieurs Majeurs, Révérends Pères et Révérendes sœurs, Chers invités, chers amis, Chers bienfaiteurs L’administration, le personnel ainsi que tous les étudiants, se joignent à moi en ce jour mémorable pour vous souhaiter la bienvenue dans les locaux de l’Institut Théologique Pontifi cal Jean-Paul II pour les Sciences du Mariage et de la Famille, Section de l’Afrique Francophone.

L’occasion qui nous réunit ce matin est la célébration des 20 ans d’existence de notre Institut à Cotonou en Afrique. Parmi les huit Sections que compte l’Institut à travers le monde, la nôtre a été implantée à Cotonou le 3 novembre 1997. Depuis lors elle a formé plusieurs centaines de compétences aguerries pour l’accompagnement des hommes et des femmes, en couple ou seuls, dans leurs problèmes affectifs et conjugaux.

Nous voulons bénir le Seigneur pour ce précieux instrument au service de nos Eglises d’Afrique. Excellence Mgr Paglia, à l’annonce de la célébration de l’anniversaire de notre section, vous avez spontanément exprimé votre désir d’être à nos côtés. Ce désir, vous l’avez réitéré de vives voix en juin dernier lors du Conseil de l’Institut à Rome. Et vous voilà avec nous ce matin dans les locaux mêmes de l’Institut. Votre présence effective aujourd’hui ici à Cotonou, confi rme votre qualité d’homme de parole et traduit aussi votre détermination à bien conduire la noble mission que le Saint Père, le Pape François vous a confiée de redonner force et vigueur nouvelles à l’Institut.

A travers vous nous saluons le Saint Père pour sa grande sollicitude pour les familles, sollicitude qui s’exprime à travers sa préoccupation pour une pastorale de grande proximité avec les familles dans leurs joies ainsi que dans leurs peines quotidiennes. Nous savons qu’il attend beaucoup de notre Section pour les familles africaines. Nous lui réitérons notre ferme engagement à œuvrer dans le sens des orientations qu’il nous donne déjà, aussi bien pour les recherches que pour la formation à l’Institut.

L’Afrique en effet s’illustre par la diversité de ses cultures. Cette diversité qui constitue en principe une grande richesse, est parfois source de confl its mitigés ou ouverts. Aussi, l’Afrique, notre cher continent apparaît-elle aux yeux de beaucoup comme un continent de confl its et de guerres inter ethniques. Sur ce point précis, nous avons commencé depuis quelques années, à découvrir la noblesse et la profondeur de la mission de l’Institut en Afrique. Notre Section de Cotonou, en accueillant des étudiants de plusieurs pays avec leurs diversités culturelles et ethniques, apparaît comme un creuset, un laboratoire d’éclosion d’une civilisation de l’amour pour toute l’Afrique.

Des diversités ethniques au bord d’affrontements et même d’explosion, en entrant dans l’ambiance de vie et de formation qu’offre l’Institut, commencent progressivement par s’accepter et à se compénétrer sincèrement. Ce miracle de l’Esprit Saint se poursuit entre les étudiants à travers une collaboration post-formative dans leurs missions respectives, une fois retournés chez eux. Ceci est inimaginable lorsqu’on expérimente la force des préjugés, des étiquettes préfabriquées, par les ethnies les unes sur les autres en Afrique. Comme dit Einstein, il est plus facile de désamorcer un atome qu’un préjugé. Et si à l’Institut Jean-Paul II les préjugés inter ethniques sont désamorcés au profi t d’une civilisation de l’amour, il y a là une œuvre de l’Esprit Saint qui mérite soutien et encouragement.

Un auteur africain Seydou Badian, dans son roman Sous l’orage, en 1963 dans l’édition Présence Africain, dit ceci : « La meilleure des connaissances est celle qui mène l’homme vers les hommes ». Si l’Institut en accomplissant sa mission de formation contribue effi cacement à la rencontre des africains entre eux par-delà leurs diversités culturelles et ethniques, n’exprimet-il pas la volonté de Celui qui veut que ‘Tous soient un » (Jn17) ? Aussi saluons-nous avec action de grâce l’intérêt des anglophones pour notre section depuis l’année dernière. Nous en avons déjà une dizaine venue du Kenya, de Malawi, du Nigeria, de l’Ouganda et des Seychelles qui s’appliquent à l’apprentissage de la langue française avant de commencer les cours proprement dits. Les pays de la langue portugaise commencent aussi à s’intéresser à notre Section. Je viens à peine d’accueillir de la part de l’archevêque de Luanda en Angola, l’annonce de l’inscription d’un étudiant pour le compte de l’année académique 2018-2019.

Cette configuration ici des principales langues de travail en Afrique à savoir, (le Français, l’Anglais et le Portugais) nous paraît providentielle pour un chemin de l’Afrique vers l’unité. Elle est sans conteste une plate-forme idéale pour une interculturalité enrichissante qui non seulement fera sauter les barrières de préjugés interethniques qui font si mal à l’Afrique, mais offrira une plus grande facilité pour l’approfondissement des recherches scientifi ques et pastorales à partir des diverses cultures en présence comme le souhaite vivement le Saint Père, le Pape François dans son Exhortation Apostolique post-synodale Amoris Laetitia n°3.

Nous estimons qu’une concentration des efforts en un seul lieu est incontestablement avantageuse pour l’Institut en Afrique. Un adage africain ne dit-il pas que l’urine ne mousse vraiment que quand elle est pissée en un seul endroit ? Venons-en à une spécificité de notre Section. Compte tenu des problèmes particuliers de l’Afrique et des demandes sans cesse répétées, nous avons dû en 2005, procéder à l’ouverture des filières de Psychologie, de Sciences de l’éducation et de la Philosophie.

Ces départements qui ne sont pas pontifi caux, grâce à leur voisinage avec notre filière traditionnelle de Mariage et Famille, contribuent à l’enrichissement de la formation des étudiants. Cet élargissement est sans doute ce qui particularise notre section par rapport aux autres. N’y a-t-il pas là en germe la vision du saint Père, le Pape François qui veut donner robustesse et consistance à l’enseignement dans l’Institut par un plus grand enrichissement des Sciences humaines ?

Cette volonté du saint Père est explicite dans son Motu Proprio Summa Familiae Cura. Compte tenu de toutes ces considérations, ne serait-il pas souhaitable que la section de Cotonou soit l’unique pour toute l’Afrique ? C’est là notre souhait que nous exprimons sans y tenir. Excellence et cher Père, nous apprécions la détermination qui vous anime à bien porter en avant la mission que le Saint Père vous a confi ée. Aussi voudrions-nous saisir l’opportunité pour inscrire parmi vos priorités, notre Section africaine qui fait son chemin à travers d’énormes diffi cultés surtout fi nancières. Personne ne vous apprendrait qu’une institution académique vit surtout de ses inscriptions. Or le volume de ces inscriptions est encore largement en-deçà du niveau où il permettrait une auto prise en charge.

Les recettes sont deux fois inférieures aux charges incompressibles. Nous vivons sincèrement dans la hantise permanente d’un essouffl ement total et même d’une fermeture de notre Section. Ce serait dommage pour toute l’Afrique qui commence par apprécier la justesse et la nécessité de la mission de l’Institut. Parlez de nous autour de vous et partout. Bien cher Président, Mgr Pierangelo Sequeri, nous ne saurions jamais vous dire assez merci. A peine arrivé à la tête de l’Institut, vous portez déjà le souci des Sections comme la nôtre. Lors de notre dernier Conseil de l’Institut en juin dernier et qui, en réalité était le premier avec vous, j’ai été personnellement impressionné par votre simplicité et votre extraordinaire ouverture d’esprit. C’est vrai que dans toute l’Italie et même ailleurs, vous êtes connu comme un grand musicien dont les chansons, profondément spirituelles, aident énormément dans les célébrations liturgiques.

Mais, plus que musicien, vous êtes un théologien de grande envergure au point de mériter la confiance du Saint Père qui vous a nommé à la tête de cette prestigieuse institution académique qui apparaît vraiment comme une innovation dans le monde de la culture intellectuelle. Merci de prendre le risque d’un si long voyage pour votre âge et votre santé. Nous sommes toute oreille pour nous nourrir à la source de votre savoir à travers votre communication de ce jour.

Soyez assuré de notre proximité obligeante et priante. Chers Professeurs de l’Institut, vous qui ne marchandez pas votre disponibilité pour nous, soyez remerciés pour tant de compétence monnayée avec dévouement et abnégation. Vous savez autant que moi que vos sacrifi ces constituent un investissement de qualité pour le relèvement de l’homme africain. Que Dieu vous le rende à la mesure de vos attentes et de son plan. Chers invités, chers amis et bienfaiteurs, qui nous soutenez de diverses manières, je vous exprime ici toute notre gratitude pour cette présence de qualité à nos côtés. Nous confi ons à la magnanimité du Seigneur des récompenses, vos personnes, vos familles ainsi que toutes vos préoccupations légitimes.

Je voudrais remercier du fond du cœur, les éminents conférenciers qui ont accepté de nous introduire dans divers thèmes durant ces journées de réflexion et de festivité. Je voudrais surtout nommer Madame Isabelle Anani, enseignante à l’Université d’AbomeyCalavi, et Madame Attanasso Marie Odile, notre Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifi que que je vous invite à déjà applaudir. Permettez-moi de faire une mention spéciale à notre Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique. Madame la Ministre, vous nous avez agréablement surpris par votre simplicité et votre spontanéité dans la réponse à notre requête de nous introduire dans le thème : Droits de la famille.

Que Dieu vous en sache gré. Je ne saurais terminer mon propos sans nous inviter tous à une obligation de gratitude envers la Conférence Episcopale Italienne à qui nous devons tous les bâtiments qui abritent notre Institut. Excellence Mgr Vincenzo Paglia, nous vous prions de transmettre à la Conférence Episcopale Italienne, la reconnaissance de toute l’Afrique. Comment ne pas inscrire dans ce devoir de reconnaissance, l’Aide à l’Eglise en Détresse qui nous accompagne depuis les débuts par l’octroi des bourses aux étudiants ? Je voudrais nous inviter à applaudir Madame Christine Du Coudray, responsable du département Afrique de cette institution et Monsieur Rafaele Dacqui, son assistant. Daigne l’Esprit Saint qui conduit à la vérité toute entière, ouvrir nos esprits pour que nous tirions éminemment parti de cette enrichissante rencontre. Dieu vous bénisse.

Père Brice Ouinsou

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