octobre 21, 2021
Questions/Réponses

En chemin, les disciples s’interrogent pour savoir qui est le plus grand. En guise de réponse, Jésus prend un enfant et le place au milieu d’eux. Que peut signifier ce geste surprenant de Jésus pour nous aujourd’hui ?

Tarzs ATTEKPAMI, Imprimeur

Mon frère, tu poses une question fort intéressante ce 25e dimanche du temps ordinaire B. Au cœur de la discussion des disciples au sujet du plus grand, Jésus répond par le signe de l’enfant. Que comprendre à cette symbolique ?

Un signe simple et accessible

Il faut reconnaître que l’image a de quoi choquer : Qu’est-ce qu’un enfant a à voir dans nos débats d’adultes, de possession, de puissance et de grandeur ? Apparemment rien. Mais justement, Jésus met devant ses disciples le signe de l’enfant : un signe simple et accessible, pour que personne ne se trompe de sens. Qui, en effet, peut dire ne rien comprendre à la vie d’un enfant, à son statut dans la société ? Nous avons tous été enfants. Par ce signe tout autant de simplicité, d’accessibilité que de faiblesse, de disponibilité et de dépendance, Jésus rattache la légitime question, chrétienne elle aussi, de la primature et de la grandeur à la fragilité de l’enfant. Le chrétien ne peut désormais penser la grandeur authentique en Christ en se passant de la figure de l’enfant.

Le signe du dernier et du serviteur

Il ne suffira pas seulement de mettre les multiples sens de l’enfant, comme un vœu pieux, dans la recherche chrétienne de la première place. Il faut se convaincre que le chemin pour devenir grand passe nécessairement par la conversion aux valeurs que la posture de l’enfant nous enseigne. Pour être premier, il faut être dernier et le serviteur de tous, comme un enfant. Il s’agit d’un renversement de la logique mondaine du pouvoir. N’est véritablement grand pour Dieu que celui qui fait la course au service. N’est élevé que celui qui sans cesse s’abaisse. En contrepoint, le plus à plaindre est celui qui se sert des autres et évacue le service dans la gestion de sa responsabilité. Quel paradoxe, mais, en même temps, quel prodigieux enrichissement et ajustement du vrai sens du pouvoir ! Le service désintéressé jusqu’au bout, à l’image de l’enfant, apparaît ainsi comme la fine fleur de la puissance chrétienne.

Missionnaires du Christ au service des enfants

Il nous faut aussi considérer non seulement le signe, mais aussi les paroles du Christ au sujet de l’enfant : « Celui qui accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c’est moi qu’il accueille. Et celui qui m’accueille ne m’accueille pas moi, mais Celui qui m’a envoyé. » Ces paroles sont trop denses pour ne pas retenir notre attention. Je retiens deux points pour notre question : l’enfant est le signe de Jésus, et par ricochet, le signe de Dieu. Ensuite et surtout, il faut l’accueillir à la manière dont Jésus l’accueillera. C’est tout dire, et vraiment tout, de la nature de la relation que nous sommes appelés à tisser les uns avec les autres, dans notre désir de grandeur.

Aussi grand que nous soyons, nous devons nous mettre au service du Christ à travers le visage de l’enfant. En même temps, nous ne devons pas oublier que nous sommes missionnaires du Christ qui se tient au milieu de nous comme celui qui sert.

Mon frère, le signe de l’enfant est simple, pratique et accessible. C’est le signe du Christ. Il rappelle à notre volonté de dominer que le service dans l’humilité est le chemin de la grandeur chrétienne.

Père Jean OUSSOU-KICHO, Directeur du Complexe scolaire catholique de Bassila

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