octobre 21, 2021
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DÉCÈS DU PÈRE CRÉPIN MAGLOIRE ACAPOVI : Fidèles et acteurs des médias sous le choc

Le père Crépin Magloire Acapovi, directeur du collège catholique Père Aupiais de Cotonou, a été rappelé à Dieu le vendredi 27 août 2021 dans sa 56e année. Son inhumation s’est déroulée le même jour au cimetière des prêtres du Grand Séminaire Saint Gall de Ouidah, après une messe, l’office des vêpres et la dernière prière dirigée par le père Roger Sévoh, Vicaire général chargé de la pastorale paroissiale dans l’archidiocèse de Cotonou.

Feu père Crépin Magloire Acapovi

Trois mots sont tombés sur la Curie diocésaine de Cotonou, le vendredi 27 août 2021, comme le couperet d’une guillotine : « Crépin est mort ». Sur l’émission hebdomadaire de grande écoute Week-end à tout vent diffusée sur Radio Tokpa, Guy Kpakpo, animateur principal, reste sans voix : « Amis auditeurs bonjour. Je ne passerai pas par quatre chemins pour vous dire que cette semaine qui s’achève a été la semaine la plus douloureuse de ma vie. Il est vrai que j’en ai connu des moments difficiles, mais pas

comme celui-là. Seigneur, ô doux Jésus, épargne-nous de ces dures épreuves ! ». « Hier comme un coup de massue, j’ai reçu la nouvelle, la triste nouvelle du départ pour l’eucharistie éternelle de mon ami, de notre ami, le révérend père Crépin Acapovi, ancien Curé de la paroisse Sainte Thérèse Pk6, ancien directeur de publication de La Croix du Bénin, et jusqu’à hier encore, directeur du collège Père Aupiais. Je suis dévasté. Tout cela nous tord de douleurs », déclare Guy Kpakpo. « C’est bien tragique. Il ne nous a prévenu d’aucun signe avant-gardiste », se désole un internaute.

Un homme de défi

Le Père Crépin Acapovi a été nourri à la philosophie, discipline dans laquelle il a décroché son Doctorat. Mais à la tête de l’hebdomadaire catholique La Croix du Bénin, il a tenu un stylo- plume magnifique à travers ses éditoriaux. Dans la continuité de l’œuvre du père André Quenum, ilaétéleCoordonnateurnational du projet “Média Dév”, destiné à la culture du journalisme d’investigation dans la presse béninoise. « A priori, le père Acapovi n’était pas journaliste. Il était prédestiné à enseigner. En l’envoyant à la paroisse Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face Pk6, son évêque lui avait attribué comme mission de travailler à l’union des fidèles. Il a fait à peine trois ans quand Mgr Antoine Ganyé l’envoie, suite au décès du père André Quenum, relever un autre défi : faire tenir l’Imprimerie Notre- Dame. Ce qu’il a fait pendant 3 ans. On en était là quand il a été nommé par Mgr Roger Houngbédji, Archevêque de Cotonou, directeur du collège catholique Père Aupiais. Décidément, le chiffre 3 devrait avoir un sens dans sa vie. C’est un homme de défi à chaque fois qu’il s’agit de le nommer », témoigne Adrien Amoussou, directeur de publication du quotidien L’Échiquier. Selon le professeur Jules Émile Aballo, « les prêtres catholiques sont d’excellents communicateurs, et le père Crépin Acapovi a laissé un héritage extraordinaire. Il n’est pas mort. Son nom simple est évocateur. Il a éduqué, évangélisé et formé la jeunesse ».

Prêtre jusqu’au bout

L’homme de Dieu incarné par le père Crépin Acapovi a été celui de l’écoute. Il avait une oreille pour les enfants de son collège, les Séminaristes et les fidèles de la paroisse Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face Pk6 qui ont bénéficié de sa dernière apparition publique, le 25 juillet 2021. Selon certains paroissiens, il est resté très attaché à la communauté. « J’ai la ferme conviction qu’il va beaucoup prier pour nous depuis là-haut. C’est un adepte du Bien », déclare un fidèle de la paroisse de Pk6. S’agissant du Bien, le père Acapovi l’a toujours martelé : « À défaut de faire le Bien, ne soyez jamais un obstacle au Bien. N’obstruez jamais la lumière du Bien. N’empêchez jamais le Bien de se faire ». Il a été un véritable dévot du Saint- Sacrement. Chose qu’il a encore démontrée le 13 juillet 2021 où, à la fin de la messe de ses 25 ans de sacerdoce, il a demandé à toute l’assemblée de se recueillir devant Jésus-Eucharistie, avant le départ. « Tout est grâce », déclare Félix Côme d’Oliveira, l’un des collaborateurs du défunt. Il manifeste toute son affliction et demande de continuer à prier pour le repos de son âme.

Florent HOUESSINON

« C’était un prêtre soucieux de l’image de l’Église dans les médias »

Vendredi 27 août 2021, en début d’après-midi, une alerte télé- phonique ; puis un coup de fil de vérification, et me voici de- vant l’évidence d’une nouvelle tragique : la mort soudaine du père Magloire Crépin Acapovi, quelques jours seulement après la célébration de ses noces d’argent sacerdotales. Le contexte de hantise que vit la population béninoise en cette période de recrudescence de la pandémie du Covid-19 ne pouvait que multiplier à l’infini la vive émotion que suscitait ce brusque départ marqué par la surprise et l’énigme. Une fois encore, la mort vient rappeler aux pauvres hu- mains que nous sommes la vanité, la brièveté et la fragilité de notre existence, infligeant par ricochet, un démenti formel à nos illusions de longévité terrestre.

J’ai eu la chance de travailler avec le père Crépin Magloire Acapovi au sein de la Commission épiscopale du Bénin pour les communications sociales en sa qualité de Responsable diocésain des communications sociales pour l’archidiocèse de Cotonou, et de Directeur de publication de l’hebdomadaire catholique La Croix du Bénin. Dans les limites de mes relations avec lui au sein de ce creuset, je retiens l’image d’un homme réservé, méthodique et rigoureux. Il ne savait pas transiger avec les principes et faisait preuve

d’une rationalité implacable qui pouvait dérouter et même déplaire à certains moments. Comment pouvait-il en être autrement pour ce philosophe bon teint qui a longuement bu aux sources germaniques de la sagesse ? Il savait aussi prendre la défense du pauvre et ne cautionnait aucune forme d’injustice dans les relations interpersonnelles.

Devant gérer avec lui certaines crises de communication à la veille de l’élection présidentielle de 2016, j’ai pu mesurer l’extrême prudence du prêtre très soucieux de préserver et de soigner l’image de l’Église auprès de l’opinion publique et dans les médias. Chaque décision faisait l’objet d’un examen minutieux et multidimensionnel qui pouvait prendre le contrepied de l’instantanéité qui caractérise les médias.

Toutes ces différentes expériences acquises au service de la communication ont été reversées au compte de l’éducation et de la formation des élèves du Collège catholique Père Aupiais jusqu’à la date fatidique du 27 août 2021. Que le Seigneur accueille son âme dans sa lumière et sa paix ! Que sa miséricorde infinie lui obtienne la récompense du serviteur bon et fidèle ! Amen.

Père Éric Okpèïtcha, Directeur de la Cellule de communication de la Conférence Épiscopale du Bénin

Repères

– 25 octobre 1965 : Naissance de Crépin Magloire Codjovi Acapovi à Cotonou

– 1994 : Baccalauréat en Théologie
– 13 juillet 1996 : Ordination presbytérale par Mgr Isidore de Souza – 1999 : Licence en Philosophie
– 2001 : Maîtrise ès-Lettres en Philosophie
– 2010 : Doctorat en Théologie, spécialité Philosophique
– 2010-2012 : Vice-directeur des Études au Grand Séminaire Philosophât de Djimè, directeur de la revue « Réflexion et Action »

– 2012-2015 : Curé de la paroisse Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus de PK6 Cotonou

– Septembre 2013 à nos jours : Membre du Comité scientifique du Forum culturel mensuel du Centre Notre-Dame de l’Inculturation
– 2015-2018 : Directeur de Publication de l’hebdomadaire catholique La Croix du Bénin, Directeur de l’imprimerie Notre-Dame et des Éditions La Croix du Bénin
– 2018 à nos jours : Directeur du collège catholique Père Francis Aupiais de Cotonou
– 2020 à nos jours : Directeur diocésain des Œuvres pontificales missionnaires (Opm)
– 2021 : Certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement secondaire (Capes)
– 27 août 2021 : Dies natalis

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