octobre 21, 2021
Questions/Réponses

Question : « Voulez-vous partir, vous aussi ? ». Cette question de Jésus à ses disciples montre que Dieu se propose sans s’imposer. Mais comment user de la liberté qu’il nous donne sans jamais abandonner le Christ ? Mon Père, éclairez-moi.

Eugène TOSSA, Séminariste-Stagiaire

Réponse

Mon frère, avec ce 21e dimanche ordinaire B, nous arrivons au terme du long discours de Jésus sur le Pain de vie, un discours qui provoque un renversement de situation où ceux qui, au début, le recherchaient, ont fini par prendre le large, traitant ses propos d’insupportables. Jésus se retourne vers nous aujourd’hui, pour nous poser une question décisive : « Voulez-vous partir vous aussi ? ». Cette interrogation nous situe devant l’usage de notre liberté. Dieu se propose sans s’imposer. Mais alors, comment rester libres sans s’éloigner de Lui ?

Qu’est-ce que la liberté ?

Qu’elle soit d’expression, de conscience, de la presse, d’opinion, d’association ou considérée en science, en philosophie, en sociologie, en religion, la liberté est la faculté que l’homme a de prendre une décision parmi une multiplicité de choix possibles, en bien comme en mal. J’ajouterai, selon ma foi chrétienne, que la liberté est un don que Dieu fait à l’homme pour qu’il l’aime et le serve, de gré et non pas par contrainte. C’est à ce point que nous nous trouvons avec la question de Jésus.

Qu’est-ce que la liberté chrétienne ?

Sans qu’elle ne soit fausse, la précédente définition a besoin d’être nuancée quand nous sommes dans le registre de la foi chrétienne. Pour le chrétien, être libre, c’est être capable de ne choisir que le bien ultime qu’est Dieu (cf. CEC 1732). Dans ce sens, la réponse que l’Apôtre Pierre donne au Christ est lumineuse : « à qui irions-nous, Seigneur ? Tu as les paroles de la vie éternelle ? ». La vraie liberté consiste, ici précisément, non pas à refuser le Christ, mais justement à décider de le suivre car ses paroles, pour choquantes qu’elles soient, demeurent pourtant vraies. Sans mettre en crise le principe d’identité, être libre pour le chrétien, c’est s’obliger à choisir d’obéir à Dieu.

Sur quoi se base cette liberté chrétienne ?

Il faut relever deux éléments dans la réponse de Pierre : la certitude d’être sur le vrai chemin et la confiance en Jésus. Exercer sa liberté en choisissant de suivre Dieu devient aisé quand nous avons la certitude de ne pas être sur le mauvais chemin. « à qui irions-nous, Seigneur ? », répondra Pierre à Jésus. En ce sens, l’ignorance ou la conscience nébuleuse est le premier ennemi de la bonne utilisation de la liberté : elle peut devenir vicieuse. Le deuxième pilier est le présupposé favorable de confiance. Celui qui a totalement confiance de ne pas être trompé suit librement, même s’il ne comprend pas. Le discours est certes difficile à avaler, mais nous avons la ferme confiance de ne pas être abusés. En conséquence, la méfiance est le second handicap dans l’exercice épanouissant de la liberté du moins, du point de vue de la foi. 

Mon frère, pour faire un bon usage du don de la liberté, il faut renouveler sa confiance au Seigneur en toute chose et par-dessus tout et continuer inlassablement à éclairer sa conscience par la médiation de la Parole de Dieu. à retenir utilement : aucune liberté authentiquement chrétienne ne s’oppose à Dieu qui nous en fait le don. C’est tout l’enjeu d’une éducation des fidèles du Christ au vrai sens de la liberté chrétienne et des conditions de sa meilleure expression.

Père Jean OUSSOU-KICHO, Directeur du Complexe scolaire catholique de Bassila

Related Posts