octobre 21, 2021
Editorial

Menace terroriste

Il serait difficile de le nier. La montée inexorable des attentats terroristes dans la sous-région constitue une menace pour le Bénin. La détérioration de la situation sécuritaire pousse à une déportation des populations vers d’autres pays. C’est le cas des 185 déplacés burkinabé qui ont trouvé refuge à Porga, dans la Commune de Matéri, au début du mois de juillet. Ils ont fui les attaques terroristes qui s’intensifient dans leur pays comme celle de ce mercredi 18 août 2021, qui a tué 47 personnes dans le nord du Burkina Faso.

Pendant longtemps, le pays des hommes intègres a été préservé. Mais depuis un moment, il est devenu le théâtre des attaques djihadistes au point que la crainte d’être la cible des terroristes est vivace au sein des populations. Cette situation d’insécurité permanente qui confine à l’absurde, engendre un drame humanitaire difficile à gérer. Cette crise est une grave menace pour la stabilité de la région mais aussi pour la sécurité de notre pays. Elle peut en effet se propager chez nous, comme elle a commencé à le faire au Burkina Faso.

Etrangement, les instances africaines ont fait preuve d’une inertie incompréhensible, au vu de la gravité de la crise. Aucune initiative d’envergure n’est prise pour enrayer l’engrenage dans la sous-région. La coordination régionale du G5 Sahel soutenue par la France s’enlise dans les ambiguïtés sur les termes de coopération. Peu d’informations filtrent sur la situation réelle de la menace terroriste dans l’ensemble de la sous-région.

C’est pourquoi, face au risque sécuritaire provenant des pays voisins, le Gouvernement béninois doit prendre les choses au sérieux et ériger en priorité absolue la protection des populations contre la menace terroriste. Ne sous-estimons pas la gravité de la crise qui sévit à nos frontières.

Serge Bidouzo

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