octobre 21, 2021
Jeunesse

Jeune, quelle est ta personnalité ?

Les relations interpersonnelles peuvent influencer la personnalité du jeune selon qu’il est de bonne ou de mauvaise fréquentation. Que doit-il faire pour que la relation avec ses pairs n’affecte pas son identité chrétienne ? Le père Hermann Nadohou-Awanou, prêtre de l’archidiocèse de Cotonou, nous éclaire.

(Propos recueillis par Par Monaliza P. HOUNNOU)

1°  Qu’entend-on par “jeune” ?

Le jeune est une per- sonne appartenant à une tranche d’âge considérée comme celle des possibles, des expérimentations, des engagements, des choix, de l’apprentissage des responsabilités, de l’accès à l’indépendance matérielle et spirituelle, et de la construction identitaire de l’autonomie. Selon les Nations Unies, la jeunesse est cette tranche d’âge comprise entre 15 et 24 ans. Mais de toute évidence, plus qu’un âge, la jeunesse est un état d’esprit. Le Pape Jean-Paul II dira que le jeune est une partie vivante de l’Église, une pierre précieuse. Comme le Pape François, il faut donc considérer le jeune comme « non seulement l’avenir de l’Église, mais aussi l’aujourd’hui de Dieu » (Cf. Christus vivit).

2° Quel doit être l’impact des relations interpersonnelles sur un jeune ?

Les relations donnent consistance et équilibre au jeune et lui permettent de marquer ses rêves par des expériences constructives et des choix progressifs, de se projeter en avant sans couper ses racines et de construire son autonomie sans végéter dans la solitude. Avec ses parents, la relation du jeune est toute dictée par le 4e commandement qui lui demande d’honorer son père et sa mère (cf. Ex 20, 12) et il jouira d’une longue vie sur la terre (Ep 6, 3). Le jeune ne doit donc pas perdre le contact avec les personnes âgées pour pouvoir recourir à leurs expériences et s’enraciner dans la sagesse de leur temps, faite de symboles éloquents et de messages cachés. Avec les gens, la relation du jeune doit être celle d’un jeune ouvert au particulier et à l’universel, et qui entretient des relations normales avec le peuple auquel il appartient et le monde entier. Le jeune ne doit donc pas évoluer dans une relation fermée et exclusive. De ce fait, le monde actuel lui offre une extraordinaire opportunité de communication, de dialogue, de rencontres, d’apprentissage et d’échanges d’information avec ses semblables et plusieurs régions du monde. Mais il prendra garde de ne pas en faire un espace de solitude, de manipulation, de gayman, d’exploitation, de violence, de pornographie ou de cyber bizutage. Avec sa famille ecclésiastique, le jeune vit une relation d’engagement concret où il apprend à être apôtre de la non-violence, de l’amour et de la paix. Il veillera à ne pas s’enfermer dans de petits groupes qui inhiberaient ou paralyseraient son engagement au sein du monde et de la société dont il a à évangéliser les diverses instances.

3° Que doit faire le jeune chrétien pour que ses relations avec les autres n’affectent pas sa personnalité ?

Il doit d’abord prendre le temps de rencontrer personnellement le Christ dans le secret de la prière, d’adhérer au Christ par la contemplation de sa croix qui révèle son merveilleux Amour. Il fera de l’Eucharistie, le cœur de sa journée en laissant la dévotion eucharistique modeler toute sa vie, orienter ses choix, inspirer des idéaux. Aussi, devra-t-il faire des Béatitudes du Christ, son leitmotiv pour que le désir de construire et de renforcer son moi intérieur ne l’entraîne pas sur les sentiers battus de l’égoïsme, de la violence, du plaisir facile et du désespoir juvénile. Il devra ensuite confier sa quête du bonheur au Christ qui en possède le secret et qui fera que son idéal intérieur d’être Sel de la terre et Lumière du monde, résiste aux flatteries, menaces, incompréhensions et chantages. En effet, dans un monde marqué par la violence, la peur du lendemain et une interrogation angoissée sur le sens de la vie, les paroles du Christ aideront le jeune à vivre en enfant de lumière par le bon usage qu’il fera de sa liberté. Un usage qui devra se faire dans le respect de sa dignité de fils de Dieu acquise au baptême et dans la soumission unique au Christ ; car le dynamisme nécessaire pour construire sa vie intérieure et se laisser entraîner à la rencontre de ses semblables en dépend. Le jeune doit enfin accueillir la Vierge Marie dans sa vie pour qu’elle le conduise à Jésus qui fait entrer dans le projet d’amour de Dieu et vivre de façon extraordinaire les choses ordinaires dans la vérité. Grâce à cela, pour ramer facilement à contre-courant des fausses va- leurs et des slogans trompeurs, il pourra se poser des questions sincères sur le sens de la vie et se forgera une rectitude limpide de pensée et d’action, de respect et de dialogue avec les autres afin de résister aux tentations de la médiocrité et du conformisme.

Qui appelle-t-on un Abbé ( esse ) ?

En hébreu, le radical « abb » signifie père. L’Abbé, c’est un moine chrétien élu par ses paires pour diriger un monastère, une Abbaye. Cette image du père-abbé est largement influencée par la règle de Saint-Benoît. L’équivalent féminin d’un Abbé est l’Abbesse, responsable d’une communauté de moniales.

À partir du Concile de Rome en 826, sous le pontificat du Pape Eugène II (824-827), les abbés doivent être obligatoirement prêtres de Jésus-Christ. Depuis le 19e siècle, il est entré dans la coutume d’appeler les clercs « Abbés ».

Père Sergio Gohoun, Prêtre du diocèse d’Abomey

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