octobre 21, 2021
Questions/Réponses

Question : Dans la première lecture, le prophète Elie en pleine dépression est soutenu par une nourriture mystérieuse qui lui a permis de continuer sa route jusqu’à l’Horeb, la montagne de Dieu. Souvent, à l’instar d’Elie, nous, chrétiens, sommes déçus et abattus sur la route de la foi. Comment alors l’Eucharistie, le Pain vivant du ciel, peut-elle nous refaire et nous régénérer dans notre vie de foi ?

Sidnelle KOUGBLÉNOU, Journaliste

Réponse

Ma sœur, ta question de ce 19e dimanche du temps ordinaire touche un aspect spécifique des effets du sacrement de l’Eucharistie. De toute logique en effet, il existe une analogie entre le pain dont le prophète élie s’est nourri pour reprendre sa marche jusqu’au mont Horeb, et le Pain du ciel que nous consommons. Reste à savoir son opération dans notre vie de foi.

Pain de la foi et du témoignage

Le passage évangélique nous relate la vive discussion du Christ sur l’identification qu’il fait entre sa personne et le Pain venu du ciel. Au bout de cette longue controverse, Pierre fera une confession de foi à laquelle le Seigneur n’a cessé de convier ses interlocuteurs. Il faut croire au Christ pour manger ce Pain mais aussi et peut-être surtout, il faut oser le manger pour croire en sa puissance régénératrice. élie a dû comprendre la nécessité de ce pain pour le voyage. En consommant l’Eucharistie dans la foi, nous retrouvons la force de croire en la proximité d’un Dieu dont on pourrait douter de la présence. L’Eucharistie devient ainsi, le Pain de la foi, le pain du témoignage.

Pain de la charité et du partage

Foi et charité sont unies. Nous le verrons aussi pour l’espérance. La charité rend visible et humaine la foi. Nous consommons, certes, le Corps du Christ, mais c’est le Christ qui nous transforme en lui. Du coup, si nous nous laissons au Christ, il fera vivre en nous cet amour dont parle Saint Paul dans la 2e lecture, en sorte que notre foi grandit par le biais de notre charité. Celui qui discerne le Corps du Christ et le mange ne peut pas ne pas être habité par les sentiments mêmes du Christ. Ceux-ci le font s’écarter des chemins de division et de l’individualisme. La Pain consommé dans la foi est vraiment le pain de la charité, ou simplement le pain de la foi partagée.

Pain de l’Espérance : pain de la route

Nous avons découvert que l’Eucharistie est le Pain de la foi et de la charité, le pain du témoignage et du partage. Il est aussi le pain de l’espérance et, sous cet angle, le pain de la route. Je ne peux m’empêcher de rappeler ce beau chant de communion qui exprime ce mystère avec autant de force que de clarté : « Pain de la route dont le monde garde faim, dans la douleur et dans l’effort chaque jour, pain de route, sois notre secours ». C’est la difficile route de la sainteté, la longue route qui mène à Dieu. Si nous savons que l’Espérance n’est que l’expression de la foi en situation de persécution (le prophète élie en est l’exemple ce dimanche), on conviendra alors que l’Eucharistie soutient la foi en l’homme en le tenant sur la route, les yeux rivés sur un horizon divin que seul l’homme de foi perçoit.

Ma sœur, le Pain de vie reçu est la manifestation de la proximité d’un Dieu qui nous soutient quand notre foi défaille et ne trouve plus les ressources suffisantes pour tenir au milieu du monde de rejet. Il soutient également notre espérance sur la route du témoignage et du partage.

Père Jean OUSSOU-KICHO, Directeur du Complexe scolaire catholique de Bassila

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