octobre 21, 2021
Editorial

Les yeux fixés sur le Christ

Ce jour 6 août, quarante jours avant l’Exaltation de la Croix, nous célébrons la fête de la Transfiguration du Seigneur. Le Christ apparaît dans toute sa gloire à Pierre, Jacques et Jean sur le mont Thabor (cf. Mt 17, 2). Le récit de la Transfiguration nous montre Jésus dans ce qui n’est pas perceptible d’ordinaire. Vraiment, c’est lui qui se tient là, éclatant de lumière, d’une blancheur céleste entre Moïse et Elie représentant la Torah et la Prophétie. Dans cet événement, Jésus n’apparaît pas seul en gloire. Moïse étant mort « sur la bouche du Seigneur » (Dt 34, 4), Dieu l’avait élevé auprès de lui, selon la tradition orale ; quant à Elie, il était monté au Ciel dans un « char de feu » (2 R 2, 11), de sorte qu’on attendait leur retour comme un signe messianique. Ce signe est secrètement offert aux trois Apôtres pour nourrir leur espérance avant que ne commence le chemin de la Passion du Christ.

Les Apôtres ne parviennent pas à aller au bout de l’étonnement, huit jours après la confession de Pierre à Césarée et la première annonce de la Passion. Il est trop tôt encore. Le chemin vers Jérusalem est loin d’être achevé, et les ténèbres règnent toujours dans bien des cœurs. Il leur faut du temps pour arriver « à croire en celui que le Père a envoyé ». 

Sur la montagne, Moïse et Elie sont tous deux tournés vers le Christ qu’ils ont annoncé et espéré. Les Apôtres sont invités à écouter le Fils bien-aimé du Père, à garder les yeux fixés sur le Christ transfiguré, prémices de notre propre transfiguration. à notre tour d’avoir « les yeux fixés sur Jésus-Christ ». Mais comprenons-nous ce que cela signifie ? Il s’agit de se relever avec confiance sans rien craindre (Cf. Mt 17, 7). Une antienne du Carême dit : « Les yeux fixés sur Jésus, entrons dans le combat de Dieu ».

Il nous faut véritablement sortir de notre confort et mourir au péché. « Vous n’avez pas encore résisté jusqu’au sang dans votre lutte contre le péché », exhorte la Lettre aux Hébreux (He 12, 4). Quel programme de vie ! Au cœur des difficultés et de la souffrance, il faut garder le cœur « là-haut » – sursum corda– et contempler le visage du Ressuscité qui nous transfigure. Bonne fête de la Transfiguration du Seigneur !

Serge Bidouzo

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