octobre 21, 2021
Editorial

Exemplarité, enjeu prioritaire

Elle semble de plus en plus longue, la liste des scandales de corruption qui secouent les services publics. Entre autres, le scandale financier de 329 milliards à la Société nationale des eaux du Bénin (Soneb),  l’affaire Carlos Adohouannon, relative à une disparition de 4 milliards de Fcfa à la direction générale des impôts (selon la version officielle), l’affaire Sonimex, concernant un trafic de drogue au Port autonome de Cotonou ; et tout récemment, l’ANaTT Gate, le scandale financier de 13,6 milliards à l’Agence nationale des transports terrestres. Ces affaires qui s’accumulent, montrent que la corruption demeure réelle et puissante sous nos cieux.

Pourtant, le régime de la Rupture a fait de la lutte contre la corruption son cheval de bataille depuis 2016. On ne peut douter de sa bonne volonté et de son ardeur à assainir les services publics. Pour ce faire, il a créé la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) en juillet 2018 pour sanctionner les coupables. Mais force est de constater que le radar des enquêtes, audits et procès, ou encore la peur de la sanction n’a pas émoussé les velléités des fraudeurs. C’est dire qu’il existe sans doute des failles dans les systèmes de contrôle et de sanction mis en place par l’Exécutif.

à cet effet, un vrai diagnostic doit être fait pour dévoiler les méandres de la corruption dans tous les secteurs de la vie publique. Cet effort est nécessaire pour trouver la meilleure thérapie contre la gangrène de la corruption qui compromet dangereusement notre développement. Tel semble être le défi majeur à relever par le Gouvernement du président Talon.

Pour y arriver, il faudra essentiellement diligenter des enquêtes indépendantes dans toutes les situations majeures de corruption qu’a connues et que connaît présentement notre pays. Ces enquêtes doivent aller à leur terme. Au moins pour donner une chance à la vérité. Quelle qu’elle soit. Il faudra aussi renforcer les systèmes de contrôle à tous les échelons de la vie publique, et sanctionner les fraudeurs quels qu’ils soient.  Saurait-on exiger des comportements vertueux  de la part des citoyens si ceux qui sont en haut de l’échelle sociale ne donnent pas le bon exemple ? Car l’exemplarité est un enjeu prioritaire dans la rénovation de la vie publique.

Serge Bidouzo

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