octobre 21, 2021
Questions/Réponses

Question : Jésus envoie les Douze en mission « deux par deux ». Pourquoi ce nombre ? Y a-t-il un danger d’être envoyé seul pour la mission ?

Norbert KOUDANOU, Stagiaire

Réponse

Mon frère, ce 15e dimanche du temps ordinaire B ouvre nos yeux sur l’envoi en mission des disciples par Jésus. Il constitue des groupes de deux. Tu veux non seulement en connaître les motivations, mais aussi  t’assurer  de  la  dangerosité  ou  non  d’être envoyé seul pour la mission.

Il n’y a pas, a priori, un danger à être envoyé seul

Cette déclaration est surprenante à première vue. Mais l’histoire du Salut regorge de figures envoyées seules pour la mission auprès du peuple. Les mésaventures du prophète Amos, vertement pris à partie par Amazias, un prêtre schismatique d’un Temple tout autant illégitime, rappellent la longue liste des prophètes de l’Ancien Testament jusqu’à Jean-Baptiste. Il en est de même de Paul et des nombreux successeurs des Apôtres qui se sont retrouvés tout seuls à la tâche. Pensons à l’histoire de Philippe, que l’Esprit transporte à Ashdod (Ac 8, 40) pour l’annonce de la Bonne Nouvelle. Dans l’Eglise, chacun a une mission spécifique, irremplaçable. Là où subsiste le danger, c’est se croire seul pour la mission. D’où la pertinence de la leçon que Jésus nous donne aujourd’hui.

La mission a une dimension toujours communautaire

Jésus envoie ses disciples deux à deux car, en Israël, pour attester d’une vérité, il faut le témoignage de deux personnes, voire trois. L’un atteste donc de la véracité de ce que dit l’autre. La constitution du groupe est donc stratégique. Mais aussi, il est important d’organiser les rôles. La même personne ne peut tout faire. L’un peut proclamer et l’autre, prier. Il y a donc une solidarité dans la mission. Ma mission, quoique personnelle, ne trouve son sens et sa consistance qu’au moment où je prends conscience de sa dimension ecclésiale, à laquelle je participe par la part personnelle que j’y prends. La dimension collégiale et communautaire de la mission est une vérité fondamentale à rappeler, surtout en ce moment où des individus se désolidarisent de leur groupe pour se constituer missionnaires solitaires du Christ. Ils portent non plus la Parole du Christ mais leur  propre parole.

Plus que de porter la Parole, il faut la vivre

La Bonne Nouvelle annoncée a besoin d’un milieu d’incarnation. Il faut qu’elle se fasse voir à travers la vie des disciples. Voilà le précieux intérêt du vivre-ensemble. Je prêche l’amour, le pardon, l’humilité, la vérité, la justice, etc. Il faut les vivre concrètement, pour que ce qui a été reçu par les oreilles, soit perçu par les yeux. Si la parole peut devenir témoignage et le témoignage devenir audible, les cœurs seront touchés et viendront au Seigneur. En effet, ce n’est pas à la Parole que vous annoncez que les gens sauront que vous êtes mes disciples, mais à l’Amour que vous aurez les uns pour les autres, dit le Seigneur.

Mon frère, la mission est une œuvre communautaire à laquelle chacun participe selon la grâce spécifique que Dieu lui donne. Cette mission est fondamentalement une vie d’Amour, selon le message du Christ.

Père Jean OUSSOU-KICHO, Directeur du Complexe scolaire catholique de Bassila

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