octobre 21, 2021
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25 ANS DU FOYER LAURA VICUÑA AU BENIN : L’abri pour une enfance épanouie

Les Sœurs Salésiennes de Don Bosco rendent visibles l’évangile au Bénin à travers une dizaine de projets pour l’épanouissement des enfants et des jeunes. Le Foyer Laura Vicuña, le plus ancien maillon de la chaîne de leurs œuvres sociales, offre une prise en charge holistique aux enfants en situations difficiles. Lors de la commémoration des noces d’argent de ce service, les bénéficiaires et les autorités administratives ont salué l’action des Filles de Marie Auxiliatrice pour la sauvegarde de la famille au Bénin.

Les Sœurs Salésiennes de Don Bosco en photo avec le père Hyacinthe Zannou (au milieu) et les pères concélébrants

►   Une proximité d’avec les filles vulnérables

Du 28 juin au 2 juillet 2021, les Sœurs Salésiennes de Don Bosco ont célébré les 25 ans de création du Foyer Laura Vicuña, destiné à la prise en charge intégrale des enfants en situations difficiles. La messe de clôture des festivités a été présidée par le père Hyacinthe Zannou, Vicaire épiscopal chargé des laïcs et de la famille dans l’archidiocèse de Cotonou. C’était le 2 juillet 2021 à Cotonou en présence des bénéficiaires, de leurs parents et de nombreux autres invités.

L’histoire de la création du Foyer Laura Vicuña commence en 1996 avec la petite Amélée, une fillette béninoise de 10 ans, vendue par son propre père à une dame à Porto-Novo, dont la résidence se trouve au Gabon. Maltraitée par sa tutrice, l’adolescente a été récupérée par les Sœurs Salésiennes de Don Bosco qui l’ont ramenée au Bénin et ont œuvré pour qu’elle retrouve sa mère et qu’elle soit prise en charge au sein de la communauté à Cotonou afin d’être réinsérée. Comme le cas d’Amélée, elles sont nombreuses les filles mineures (aujourd’hui adultes) à témoigner de leur gratitude aux Sœurs Salésiennes de Don Bosco, qui leur ont redonné « le sourire de la vie », notamment Sœur Maria Antonietta Marchese et Roger Ouensavi, pionniers de cette mission dédiée aux filles les plus démunies. Le Foyer a, depuis le 18 août 2015, le statut d’un Centre de référence en matière d’accueil et de protection de l’enfant. « Celui qui compte sur Dieu doit se dépouiller de ses propres sécurités pour se laisser conduire par l’Esprit Saint. Faisant confiance à Dieu, les Filles de Marie Auxiliatrice se sont données pour mission principale de sauver les jeunes filles en situations difficiles comme l’a voulu Marie-Dominique Mazzarello. En investissant pour le bien de l’homme, on ne perd rien. Ce n’est qu’entretenir ce que Dieu aime le plus : l’homme créé à son image et à sa ressemblance », a déclaré le père Larios Idohou, Vicaire à la paroisse Saint Antoine de Padoue de Zogbo.

Une éducation vertueuse

L’accompagnement proposé par les Sœurs Salésiennes de Don Bosco prend en compte la formation intégrale de l’enfant secouru de la maltraitance et de divers abus. Les filles vulnérables ont le libre choix de continuer leur cursus académique ou d’opter pour une formation professionnelle en couture, en coiffure, en pâtisserie, en cuisine, en artisanat, etc. L’objectif est de les éloigner de tous les vices. Selon le père Hyacinthe Zannou, Vicaire épiscopal chargé des laïcs et de la famille dans l’archidiocèse de Cotonou, les Sœurs Salésiennes de Don Bosco doivent « continuer à cultiver une vie vertueuse chez les enfants ». « Mgr Roger Houngbédji vous adresse ses salutations et ses encouragements pour l’œuvre sociale à l’endroit des filles du Bénin depuis 25 ans. Cette œuvre caritative voire divine que vous accomplissez, Mgr l’Archevêque de Cotonou en rend grâce et prie Dieu de vous combler par sa bénédiction », a-t-il déclaré au cours de son homélie, le 2 juillet 2021.

Malgré les œuvres sociales salvatrices, « beaucoup de filles sont encore victimes de maltraitance, de violence, d’abandon, d’abus et de mépris au Bénin », se désole le père Zannou. à l’endroit des bénéficiaires, il a recommandé d’être sages. « Vous êtes heureuses et vous devez rendre grâce à Dieu car de nombreuses filles n’ont pas eu cette chance que vous avez eue », a-t-il ajouté. Il a salué le travail acharné d’une équipe de personnels compétents et dévoués pour la cause de la couche infantile et juvénile, la promotion et le respect des droits et de la liberté fondamentale de l’enfant. « Chacune avec son charisme a continué à donner à ce Foyer une maison qui redonne vie, une maison où chaque fille se sent aimée et accompagnée et bénéficie d’une éducation intégrale en vue d’une réinsertion socio-professionnelle », a-t-il conclu. La cérémonie qui a suivi la messe a été le lieu pour les acteurs du Foyer Laura Vicuña et les partenaires d’apprécier la contribution des Sœurs Salésiennes de Don Bosco à la protection de l’enfant au Bénin. Bien avant la journée de clôture des noces d’argent, plusieurs activités dont la sensibilisation des parents, les émissions radiophoniques, le tridium et une caravane ont été organisés pour inciter le plus grand nombre à adhérer à la dynamique de protection des filles. Dominique Hontonnou, opérateur social et chauffeur au service des Œuvres sociales a été récompensé par les Sœurs Salésiennes de Don Bosco pour son dévouement pour la réussite de la mission des Filles de Marie Auxiliatrice à Cotonou. Des kits d’installation ont été également offerts aux filles en fin de formation professionnelle.

Florent HOUESSINON

Filles de Marie Auxiliatrice

Fondé le 5 août 1872 par Jean Bosco et Marie-Dominique Mazzarello, de droit pontifical, l’Institut des Filles de Marie Auxiliatrice a été approuvé par le Pape Pie XI le 4 avril 1922. Les Filles de Marie Auxiliatrice, plus couramment appelées Salésiennes de Don Bosco, sont une Congrégation religieuse féminine, enseignante, hospitalière et sociale dans l’Eglise. Elles se dédient à l’enseignement, aux jeunes, aux œuvres sociales (soins de santé et animations spirituelles). Elles sont présentes dans 94 pays dont le Bénin. Depuis 1992, les Sœurs salésiennes de Don Bosco sont présentes au Bénin pour la noble mission d’évangélisation.                                                                                                                   F. H.

►   Un Centre d’accueil au standard national

(Propos recueillis par Florent HOUESSINON)

« Nous avons offert une seconde famille à des milliers de filles

La volonté de créer une maison qui accueille les filles les plus démunies et les plus vulnérables a toujours été vive pour nous, Sœurs Salésiennes de Don Bosco. C’est surtout en 1996 que nous avons pu toucher du doigt la problématique de la traite, de la maltraitance et de l’exploitation des enfants au Bénin. Et cela a donné tout son sens à notre existence. L’accueil de la petite Amélée marque le début du Foyer Laura Vicuña en tant que Centre d’accueil et de protection de l’enfant (Cape). Il confirme également la pertinence de cette réponse adaptée au phénomène de traite des enfants en vue de leur accompagnement intégral.

Pendant toutes ces années, nous avons accueilli, protégé et offert une seconde famille à des milliers de filles au Bénin, afin de leur donner l’espérance et la résilience nécessaire pour réintégrer la société et refaire dignement leur vie. De façon spéciale, nous témoignons notre gratitude et notre reconnaissance à tous les collaborateurs, les partenaires, les parents et les tuteurs. Nous les encourageons à poursuivre sans relâche leur engagement à nos côtés pour l’épanouissement des filles vulnérables. Nous exhortons tous les parents, à l’instar de l’esprit de convivialité qui règne dans ce Foyer, à œuvrer pour qu’ensemble, nos familles soient des lieux de prévention afin que les filles y jouissent de leurs droits et se sentent en sécurité.

Sœur Miet Boel, Directrice de la Communauté des Filles de Marie Auxiliatrice

« Chaque fille du Foyer a son projet de vie personnalisé »

L’histoire du Foyer Laura Vicuña nous ramène à l’objectif de la présence des Filles de Marie Auxiliatrice au Bénin depuis 1992 : garder la proximité avec les plus pauvres notamment les filles et les femmes à travers l’éducation et la formation. Le Foyer est aujourd’hui organisé selon deux niveaux. Nous avons l’accueil au court séjour, prévu pour les cas où la réintégration familiale des filles est possible dans l’immédiat. Le second niveau est le long séjour. Il est exclusivement réservé à celles amenées à passer une longue période et dont la réinsertion n’était pas possible dans un délai d’un trimestre, la période des enquêtes sociales. La capacité d’accueil du Foyer Laura Vicuña est de 79 places. Soit 35 places au court séjour et 44 places au long séjour. Le Foyer dispose d’une équipe pluridisciplinaire, constituée de psychologue, d’assistants sociaux, de juriste, d’éducatrice spécialisée, d’infirmière, de monitrices et de chauffeur. Aujourd’hui, le Foyer Laura Vicuña a son statut, son code éthique, son règlement intérieur et son code de conduite. Avec l’aide de l’Agence nationale d’identification des personnes (Anip), chaque fille a son projet de vie personnalisé, son ordonnance de placement et celles réinsérées l’ordonnance de retrait du juge des mineurs. Nous sommes visités par le Centre de promotion sociale une fois par trimestre depuis 2018 et à partir de 2020, la direction départementale des affaires sociales et de la microfinance. Grâce à l’accompagnement continue des partenaires techniques, financiers, étatiques ou des particuliers, les activités du Foyer continuent et cette synergie contribue grandement au bien-être des filles accueillies.

Sœur Tiziana Borsani, Directrice des Œuvres sociales

« Nous saluons la disponibilité des Sœurs Salésiennes de Don Bosco »

En ce jour festif des 25 ans d’existence du Foyer Laura Vicuña, la direction de l’Office central de protection des mineurs (Ocpm) et les divers commissariats de Cotonou tiennent à saluer les efforts continus des Sœurs Salésiennes de Don Bosco dans la prise en charge complète des filles mineures, victimes de toutes formes de violence.

En effet, depuis des années, l’Ocpm en relation avec plusieurs centres s’acharne à lutter farouchement contre toute sorte d’abus à l’endroit des mineurs et à faciliter leur orientation dans lesdits centres. Le personnel de l’Office central de protection des mineurs est particulièrement satisfait de sa collaboration avec les Sœurs Salésiennes de Don Bosco dont nous apprécions la disponibilité et les diligences faites dans le souci d’assurer la protection complète des filles mineures. Longue existence aux Sœurs Salésiennes de Don Bosco ! Joyeux anniversaire au Foyer Laura Vicuña !

Audrey Dossou-Daho, Coordonnatrice du Centre d’accueil et de transit des enfants à l’Office central de protection des mineurs

« Les Sœurs Salésiennes de Don Bosco m’ont donné l’amour »

Mon séjour au Foyer est une grâce que je ne saurais avoir si j’étais auprès de mon père, qui m’a soupçonné de sorcellerie après le décès de ma mère. Les Sœurs Salésiennes de Don Bosco m’ont inscrite à l’école et j’ai réussi à mon Certificat d’études primaires (Cep). J’ai suivi une formation professionnelle en cuisine après mon Cep. La vie au Foyer m’a permis de me socialiser. J’ai appris l’amitié, la vie familiale et la crainte de Dieu. Les Sœurs Salésiennes de Don Bosco m’ont donné l’amour dont mes parents m’ont privé. Je les remercie pour l’œuvre sociale qu’elles mènent et que le Seigneur accorde la prospérité à l’Institut des Filles de Marie Auxiliatrice.

Sonia Tchoudji, Arrivée au Foyer en 2016

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