octobre 21, 2021
Questions/Réponses

Question : « Ce qui naît dans le monde est porteur de vie : on n’y trouve pas de poison qui fasse mourir. La puissance de la mort ne règne pas sur la terre, car la justice est immortelle ». Cette assertion du livre de la Sagesse se justifie-t-elle vraiment quand on voit combien la mort dévaste de nombreuses vies, comme c’est le cas actuellement avec la pandémie liée à la Covid-19 ?

Audrey HOUETO

Réponse

Ma sœur, le tableau du monde, tel qu’il se présente de nos jours, suscite en toi des interrogations sur les déclarations de la première lecture de ce 13e dimanche du temps ordinaire B. Peut-on vraiment persister à croire que le monde  est  porteur  de  vie, et que le  poison de la mort ne s’y trouve guère, alors que depuis bientôt deux ans, toute l’humanité est en lutte contre la Covid 19 qui sème la mort sur son passage ? Les textes de ce jour peuvent mieux nous éclairer.

Dieu n’a créé que la vie

Cette 1ère lecture est une méditation sapientielle de l’œuvre créatrice. Que nous enseigne la révélation sur le monde ? Ceci que tout ce que Dieu a créé est bon. L’écrivain sacré du livre de la Sagesse corrige donc une erreur fondamentale qui consiste à mettre au crochet de Dieu, le bien et le mal, la vie et la mort, le paradis et l’enfer. D’ailleurs, l’évangile nous montre Jésus en lutte contre la mort et la maladie qui en est le signe. C’est tout dire de ce que Dieu est le Promoteur par excellence de la vie, et qu’il s’engage à extirper du monde, toute semence de mort. Malheureusement, le constat est là que l’homme meurt. Mais alors, si le monde sorti des mains de Dieu n’a rien de mortel, d’où vient-elle alors cette mort ?

L’homme est le responsable de la mort

Il ne faut pas craindre d’affirmer que l’homme est le véritable responsable de la mort. Les récits des origines l’établissent clairement. Toute analyse faite, la désobéissance de l’homme aux lois du Créateur et sa violence dominatrice sur l’écosystème, violence née de la volonté de puissance, déstructurent le monde au point de le rendre immonde. Si l’univers est devenu mortel pour l’homme, c’est justement parce que l’homme le détruit par ses actions. La pandémie actuelle est une illustration mondiale des conséquences génocidaires du non-respect de la nature. La leçon n’est pas difficile à dégager : l’homme veut-il un monde bon ? Qu’il fasse preuve de bonté dans son exploitation !

à la fin, il ne restera que la vie

La foi chrétienne nous permet de porter l’espérance que la vie triomphera de la mort, car la mort n’est pas au principe du monde pour être à sa fin. Le dernier mot de la Création sera « vie » et « résurrection ». Les multiples changements du monde, sans qu’ils ne soient perçus comme la réalisation des prophéties apocalyptiques, sont des signes d’un renouvellement dont Dieu est l’origine  et le terme. Le monde n’évolue donc pas vers la mort, mais vers la vie. Cependant, la responsabilité de l’homme consistera, aujourd’hui, à la lumière de la deuxième lecture, à partager tout ce qui concourt à la sauvegarde de la vie : l’entraide, la solidarité, l’égalité des chances pour vivre.

Ma sœur, ta question nous ramène à deux vérités : au commencement et au terme du monde, se trouve la vie. L’homme, en tant que sommet de la Création, peut jouir de cette vie, si et seulement s’il participe à l’œuvre créatrice, en se soumettant aux lois de vie et non pas à celles de la mort.

Père Jean OUSSOU-KICHO, Directeur du Complexe scolaire catholique de Bassila

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