décembre 5, 2021
Ecologie

La permaculture

L’année 1970 est considérée comme celle de l’apparition médiatique du terme ”permaculture”. Mais avant cette période, l’agriculteur japonais Masanobu Fukuoka (1913-2008) pratiquait la permaculture en basant sa pratique agricole sur le modèle traditionnel qu’il appelle ”agriculture naturelle”. Un modèle qui permet de cultiver la terre tout en préservant la fertilité de celle-ci. Ce souci de préserver la fertilité de la terre lui vient de son constat sur les effets de l’agriculture chimique. Après sa démission de son poste au bureau des douanes et à la division de l’inspection des plantes de Yakohama, Masanobu Fukuoka consacre son temps à son travail de recherche et de pratique agricole. Ses conférences à travers le monde sur l’importance de l’agriculture naturelle ont permis à deux Australiens, Bill Mollison (biologiste) et David Holm-gren (essayiste), de conceptualiser le thème ”permaculture” en 1980 pour le proposer aux chercheurs du monde de l’agriculture et de l’écologie.

Aujourd’hui, le concept a évolué et l’accent est mis sur la culture de ce qui est permanent, plutôt que sur la préservation de la fertilité du sol, même si le volet sur la fertilité du sol demeure toujours dans la vision de la permaculture. Et son objectif n’est plus seulement de produire avec un modèle naturel, mais de former des personnes à une éthique qui doit aider à prendre soin de la nature, de l’humain, sans oublier la limitation, la production et le partage des surplus. Car, pour Bill Mollison et David Holmgren, il est important que la vision de la permaculture soit une vision non seulement globale, mais surtout  futuriste pour s’imposer dans le système agricole et écologique. Et pour y arriver, il serait réducteur de parler de l’agriculture permanente qui limite la permaculture à une simple production agricole.

Alors, ils proposent le terme de ”culture permanente” afin d’intégrer le volet sociologique qui prend en compte les aspects psychosocial et pédagogique qui sont importants non seulement pour la vulgarisation du système, mais aussi pour la durabilité de la permaculture comme système. Ainsi, la permaculture n’est plus seulement un mode de production agricole, mais tout un système de pensée et d’action pour une culture permanente.  

Père Bidossessi Aurel DOHOU

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