juin 23, 2021
Questions/Réponses

Question : « A quoi pouvons-nous comparer le règne de Dieu ? Par quelle parabole allons-nous le représenter ? ». Cette interrogation de Jésus montre son souci de bien communiquer son message de salut. Père, par quelles stratégies puis-je faire communiquer la Bonne Nouvelle pour qu’elle touche réellement le cœur de mes interlocuteurs ?

Frédérica GNIMADI, Stagiaire-graphiste

 Réponse

Ma sœur, la  question  que tu poses ce 11e dimanche ordinaire B est très intéressante, pour la raison qu’elle peut nous aider à mieux toucher nos frères et sœurs quand nous essayons de leur communiquer  la  bonne  nouvelle  du  salut. Pour  développer  une  bonne stratégie, je crois qu’il faut, avant tout, partir  du Christ lui-même.

Partir des réalités ordinaires de la vie

Dans toutes les paraboles, Jésus prend soin de tirer ses exemples des réalités saisissables par tous, en sorte que personne ne se trompe. Que l’on soit dans une ville ou dans un village, dans un milieu agricole ou commercial, Jésus est soucieux de transmettre le mystère par des images et symboles simples mais profondément évocateurs. La double interrogation de Jésus cherchant des images justes pour présenter le règne de Dieu nous permet de déduire la difficulté de l’exercice et la nécessité à ne pas le banaliser. En clair, il n’y a pas meilleure stratégie d’annonce de la Parole qui sauve si elle ne prend pas racine dans le quotidien. Ce devrait donc constituer l’une des bases de tout  désir  d’annoncer  la Parole de Dieu.

Connaître son auditoire

Il ne suffit pas seulement d’appréhender les réalités ; reste aussi la  connaissance de l’auditoire. à un citadin et à un villageois, aux adultes ou aux enfants, aux savants ou aux analphabètes, Jésus présentera le même message de manière différente. Personne ne peut commencer à annoncer le Christ s’il ne prend au préalable le temps de connaître son auditoire et ses schèmes de pensée. Cela implique, sans qu’on en devienne un spécialiste, de connaître les proverbes, les us et coutumes, les traditions et un ensemble de choses permettant  de  prendre  corps  avec les destinataires du message. Beaucoup  de prédications passent par-dessus la tête des auditeurs, simplement parce que le missionnaire ignore l’histoire et la géographie de sa cible. Elles ne sont souvent pas anodines. Le deuxième socle pour annoncer la Parole est donc l’ancrage social qui permet de prendre corps avec le peuple et de puiser, pour ainsi dire, des exemples lumineux pour la transmission  du message. Saint Paul en est un  exemple vivant.

Discerner avec l’aide de l’Esprit

La double question de Jésus nous enseigne enfin que tout n’est pas adéquat pour faire passer le message. Ce ne sont pas les images qui manquent au Christ, mais leur justesse. Ce qui nécessite  un tri ou, pour être plus exact, un discernement. Ce dernier est la capacité que le porteur du message a de choisir, parmi  plusieurs  solutions  possibles, la meilleure qui soit. Du coup, malgré la connaissance, il faut le discernement qui appelle une préparation préalable. De surcroît, annoncer la Parole de Dieu n’est pas seulement une œuvre purement humaine. Il y a  la  part  incontournable  de l’Esprit Saint. Aucune stratégie ne saurait être fructueuse si elle ne s’ouvre à l’inspiration de l’Esprit Saint. Les deux interrogations  de  Jésus conduisent ainsi à la nécessaire ouverture du missionnaire à l’Esprit Saint.

Ma sœur, une chose est de connaître les mystères divins, une autre de l’annoncer convenablement. Cette dernière nécessite la connaissance des hommes auxquels le message est adressé, dans leur vie concrète et l’ouverture  à l’inspiration de l’Esprit Saint, à  la manière du Christ.

Père Jean OUSSOU-KICHO, Directeur du Complexe scolaire catholique de Bassila

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