juin 23, 2021
Comprendre la Parole

Dieu est Amour

6e dimanche de Pâques-B

Le monde vit selon la logique de la séparation basée sur des critères arbitraires établis sur le binôme : ”dignité-indignité”. On peut être jugé digne ou indigne d’amour ou de considération selon que l’on appartient à une telle race ou classe sociale, une telle religion ou ethnie plutôt qu’à une autre. Ce sont là des manifestations purement charnelles et des considérations purement humaines. La première lecture fait état des préjugés qui animaient les Juifs à l’égard des païens. Pour eux, seuls les Juifs peuvent bénéficier de la grâce de Dieu et du salut. Mais comment Dieu qui a créé tous les hommes peut-il choisir d’aimer sélectivement certains peuples tout en excluant d’autres ? Assurément, Israël a mal compris sa vocation. S’il a été choisi par Dieu, c’est pour servir de phare aux autres peuples pour leur révéler Dieu. C’est grâce à l’Esprit Saint, source d’unité et d’amour que s’est manifestée la révélation du mystère de l’Amour impartial de Dieu pour tous les peuples. Aux Juifs comme aux païens, Dieu a donné son Esprit. Pierre prononce la phrase capitale : « Dieu est impartial. Il accueille quelle que soit la nation, celui qui le craint et dont les œuvres sont justes » (Ac 10, 35). Tout croyant doit modeler sa vie sur l’Amour de Dieu qui ne connaît pas de limites. Et cet Amour, Dieu l’a rendu visible à nos yeux en nous envoyant son Fils unique dans le monde. Son objectif est que tout homme puisse vivre par son Fils. Saint Jean dit dans la deuxième lecture que celui qui aime est né de Dieu et connaît Dieu. Celui qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car « Dieu est Amour » (1 Jn 4, 8). Connaître Dieu dans ce sens, c’est adhérer intimement à sa volonté au point de ne faire qu’un avec Lui. La division entre les religions, les conflits multiséculaires entre les peuples et les clans ; la haine active entre les personnes du même corps de métier ; la tendance à sous-estimer l’autre continuellement  en  paroles  et  dans  l’attribution des charges à accomplir, n’est-ce pas là des indicateurs qui nous montrent que nous ne connaissons pas encore Dieu qui nous aime tous et veut nous associer tous à son œuvre ?

Connaître Dieu, c’est garder ses commandements

L’évangile de ce dimanche (Jn 15, 9-17) offre l’une des meilleures pages que l’on puisse lire. C’est un bouquet d’Amour divin qui s’égrène et qui court à travers toutes les lignes. L’Amour dont le Père aime le Fils est immense, nous le savons. Et c’est inimaginable pour l’homme de penser que le lien d’Amour qu’il y a entre le Père et son Fils est exactement le même qui s’établit entre le Christ et les hommes : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés » (Jn 15, 9). Nous voici entourés d’un vaste océan d’Amour divin. Comment faire pour y demeurer toujours ? Jésus nous en donne les moyens en s’offrant comme modèle à notre imitation : « Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme j’ai gardé les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour » (Jn 15, 10). Et le commandement de Jésus, c’est l’Amour qu’il nous demande d’avoir les uns pour les autres. Ce qui se laisse percevoir aisément dans les rapports interpersonnels, c’est que la plupart des hommes ne savent pas aimer. L’Amour, ce n’est pas un simulacre d’attachement cousu de basses flatteries fondé sur des intérêts. Une telle manifestation d’amour s’évapore quand les intérêts ne sont plus à la place où ils étaient et on allait les chercher. Jésus nous recommande plutôt un Amour qui va jusqu’au sacrifice de soi comme lui-même nous l’a montré. L’imiter dans ce sens fait de nous ses amis. Savoir qu’il nous appelle non plus « serviteurs », mais « amis », qu’il nous a choisis et établis pour que nous portions du fruit qui demeure, et que la garantie d’obtenir du Père tout ce que nous demandons au Nom de Jésus nous est offerte, est source d’une joie inouïe qui nous établit dans la confiance que Dieu nous aime au-delà de toute expression.

Dans ma vie

Mon regard sur les autres est-il comme celui de Dieu, plein d’Amour et embrasse-t-il tout le monde sans parti pris ?

À méditer

Et le commandement de Jésus, c’est l’Amour qu’il nous demande d’avoir les uns pour les autres. L’Amour, ce n’est pas un simulacre d’attachement cousu de basses flatteries fondé sur des intérêts.

(Ac 10, 25-26.34-35.44-48 ; 1 Jn 4, 7-10 ; Jn 15, 9-17)

Père Antoine TIDJANI, Bibliste

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