Jeunesse

Jeune, comment protèges-tu ton écosystème ?

La protection de l’écosystème apparaît comme la solution idoine pour pallier la dégradation de l’environnement. La contribution des jeunes s’avère alors indispensable. Le père Cyrille Miyigbèna, fondateur et directeur de l’École Internationale de Prière et d’Évangélisation ”Jeunesse Bonheur” sise à Ouidah, a bien voulu nous éclairer sur le sujet.

(Propos recueillis par Monaliza Paloma HOUNNOU)

1°

En quoi consiste la protection de l’écosystème ?

Le terme « écosystème » est relativement récent. Il a été mis au jour par le botaniste britannique Arthur George Tansley en 1935. Il se définit comme un « complexe dynamique composé de plantes, d’ani- maux, de micro-organismes et de la nature morte environnante agissant en interaction en tant qu’unité fonctionnelle ». On peut dire encore que c’est « l’ensemble vivant formé par

un groupement de différentes espèces en interrelations (nutrition, reproduction, prédation, etc.), entre elles et avec leur environnement (minéraux, air, eau), sur une échelle spatiale donnée ».

En somme, le vocable « écosystème » désigne l’unité de base de la nature, dans laquelle les êtres vivants forment une communauté, interagissent entre eux et sont aussi en inter- relation avec leur habitat. Les com-

posants de l’écosystème développent un dense réseau de dépendances, d’échanges d’énergie, d’informations et de matière permettant le maintien et le développement de la vie sur terre.

Au regard de cette définition, la protection de l’écosystème consiste dans le respect des différentes espèces, mais aussi de leurs interrelations entre elles et avec leur environnement.

2°

Quel est l’état de l’« écosystème » en Afrique ?

De fait, le concept « écosystème » n’appartient pas au vocabulaire usuel en Afrique, et plus spécifiquement au Bénin. Cela s’explique par plusieurs facteurs. D’abord, une facile divinisation des éléments naturels (forêts, rivières, arbres, mer) crée de facto un certain respect, ou plutôt une certaine crainte envers la nature en Afrique. De même, étant aux prises avec les besoins vitaux élémentaires, les populations africaines sont à mille lieues des préoccupations écologiques qui pourraient leur sembler du luxe. Par ailleurs, les désastres écologiques de la planète sont plus remarquables en Occident, où on dispose des engins de surexploitation voire de destruction massive de la nature.

Pourtant, l’Afrique n’est pas à l’abri de la problématique écologique. Loin s’en faut ! Pour s’en convaincre, relevons le manque d’entretien de l’environnement, caractéristique des populations du Continent africain, la promiscuité avec les déchets, l’usage massif du plastique, l’insalubrité dans les grandes villes, sans oublier les conséquences dramatiques de l’élévation du niveau de la mer qui, à Cotonou par exemple, a déjà englouti des centaines de maisons sur le littoral. Aussi, en maints passages de son Encyclique « Laudato si’ », sur la sauvegarde de la maison commune, le Pape François fait-il référence à des problèmes touchant l’écosystème en Afrique : « Le manque d’eau courante

s’enregistre spécialement en Afrique, où de grands secteurs de la population n’ont pas accès à une eau potable sûre, ou bien souffrent de sécheresses qui rendent difficile la production d’aliments » (n°28). Il parle aussi de « ces poumons de la planète pleins de biodiversité que sont l’Amazonie et le bassin du fleuve Congo ». Tous les continents sont donc concernés par l’écosystème, comme le Pape l’affirme au début de sa Lettre Encyclique : « À présent, face à la détérioration globale de l’environnement, je voudrais m’adresser à chaque per- sonne qui habite cette planète. Dans la présente Encyclique, je me propose spécialement d’entrer en dialogue avec tous au sujet de notre maison commune » (n°3).

3°

Comment les jeunes chrétiens pourraient-ils contribuer à la protection de l’écosystème au Bénin ?

Les jeunes pourraient contribuer à la protection de l’écosystème de trois manières. D’abord, par une plus grande prise de conscience, d’une part, que la planète, « notre maison commune, est aussi comme une sœur, avec laquelle nous partageons l’existence, et comme une mère, belle, qui nous accueille à bras ouverts » (n°1) ; d’’autre part, que « cette sœur crie en raison des dégâts que nous lui causons par l’utilisation irresponsable, et par l’abus des biens que Dieu a dépo- sés en elle (…) » (n°2). Pour ce faire, j’invite tous les jeunes à lire et à assimiler Laudato si’.
Ensuite, il y a l’information et la sensibilisation. Les jeunes doivent se faire les hérauts de cette cause écologique en informant et en sensibilisant à temps et à contretemps sur cette urgente pro- blématique, en vue de faire advenir

autour d’eux « une conversion écologique globale ».

Enfin, à la suite du Pape François, nous pourrions proposer dix grandes lignes d’action :

– Prêter une attention particulière à la création de Dieu, aux pauvres et aux abandonnés ;

– Respecter « le livre de la nature » qui « est unique et indivisible », « et inclut, entre autres, l’environnement, la vie, la sexualité, la famille et les relations sociales » ;

– Consentir à des « changements dans leurs styles de vie, dans leurs modèles de production et de consommation » en développant une écologie du corps (manger, boire, sexe) ;

– Passer de la consommation au sacrifice, de l’avidité à la générosité, du gaspillage des ressources de la Création à la capa-

cité de partager, de la bombance à la sobriété ;

– Lutter contre la pollution visuelle, sonore, atmosphérique, chimique ;

– Limiter au maximum les déchets domestiques et commerciaux en faisant du tri sélectif ;

– Planter des arbres, développer les espaces verts dans les maisons ;

– Ne pas construire dans des zones humides et inondables ;

– Éviter l’extraction désordonnée des ressources de pêche, provoquant des diminutions drastiques de certaines espèces ainsi que des formes sélectives de pêche, qui gaspillent une grande partie des espèces capturées, et

– Développer le sens de la propreté, de l’ordre, de la beauté.

            Qu’est-ce que le signe de la Croix ?

Le signe de la Croix est ce geste par lequel nous reproduisons la Croix, le symbole de la Passion du Christ. Ce signe se fait au nom des trois personnes de la Sainte Trinité : le Père, le Fils et le Saint-Esprit.

À l’origine, bien des siècles avant Jésus, les chrétiens avaient l’habitude en Israël de tracer sur le front un signe de bénédiction divine en forme de +, ancienne graphie du tav, la dernière lettre de l’alphabet hébraïque désignant le T de Torah (Ez 9, 4-6). Or, la Torah vivante, c’est le Christ, car il ne vient pas abolir, mais accomplir (Mt 5, 17).

Tertullien (160-220) écrit: « Au début et à la fin de toutes nos activités, nous nous marquons le front avec le signe de la Croix ». Le signe de la Croix est donc un signe d’appartenance à la communauté chrétienne. C’est aussi l’expression de la foi chrétienne et le rappel du Sacrifice du Christ sur la Croix pour le salut du monde.

Père Théodore AGBOZO

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