décembre 5, 2021
Questions/Réponses

Question : « Ôtez tout cela d’ici », déclare Jésus-Christ en renversant argent et tables des marchands du temple. Père, ce geste du Seigneur n’interdit-il pas aujourd’hui la vente d’objets religieux qui envahissent l’enceinte de nos paroisses ? Éclairez-moi mon père, s’il vous plaît.

Denis WONOUSSO, Apprenti

Réponse

Mon frère, ce 3e dimanche de Carême B, les textes nous invitent à méditer à nouveau sur les commandements de Dieu et à éviter les comportements qui les violeraient. À ce propos, dans l’Évangile du jour, notre Seigneur hausse le ton devant le spectacle à peine soutenable du commerce dans le Temple : « Enlevez cela d’ici ». Et il ajoute : « Cessez de faire de la maison de mon Père une maison de commerce ». Tu te demandes alors si ce cri de douleur du Christ n’est pas à interpréter comme une interdiction de la vente des objets religieux sur nos paroisses.

La maison de Dieu 

Le Temple de Jérusalem est le lieu consacré au Seigneur pour le culte. Or, il se fait que, au temps de Jésus, pour les besoins spécifiques du culte, le change de monnaie, la vente des animaux pour le sacrifice et d’autres comportements du genre avaient pratiquement ravi la vedette au rôle premier du temple qui est celui de la prière. On se croirait plus dans un marché que dans la maison dédiée pour la prière. Pour redonner au Temple toute sa dignité, Jésus chasse tout ce qui a trait au commerce. Les églises sont consacrées pour la prière et les actes liturgiques. Elles sont des lieux dont le rôle premier est de nous tourner vers le Seigneur.

Le risque de la vente des objets de piété

Le phénomène de la vente des objets religieux sur nos paroisses n’est pas strictement comparable à celui qui était en cours dans le Temple de Jérusalem. Si aujourd’hui, il relève du débordement et de la mal-organisation, là-bas, il était presque d’institution. Cependant, on peut rétorquer que cette situation de fait à Jérusalem a commencé comme celle que nous vivons aujourd’hui. Les abords des clôtures de certaines paroisses sont jonchés de parasols d’objets de piété offrant un spectacle inconfortable. Il me faut lever l’équivoque que les curés de nos paroisses n’autorisent pas la vente des objets de piété ni dans la chapelle, ni à l’intérieur de la paroisse, et ne construisent les kiosques de vente qu’en retrait, de manière à ne pas faire écran à la chapelle. C’est pour éviter le risque de la confusion.

Vigilance et organisation

Nous devons redoubler tous de vigilance, pasteurs et fidèles, pour que les vendeurs des objets de piété et les autres articles n’éclaboussent pas les fidèles, et ne commencent pas à créer un malaise dans la fréquentation de nos lieux de prière. Pourquoi, par exemple, ne pas construire sur chaque paroisse un unique kiosque pour satisfaire le besoin des fidèles d’acquérir les objets de piété ? Pourquoi, à moyen terme, ne pas les orienter vers les boutiques dédiées à la vente de ces objets ? Ce serait déjà un premier niveau d’assainissement des abords de nos paroisses.

Mon frère, en chassant les commerçants du Temple, Jésus veut redonner à la maison de Dieu sa vraie place dans la vie des hommes. Elle est la maison de prière pour tous les peuples. La vente des objets de piété aux alentours ou à l’intérieur de nos églises, sans être assimilable au cas institutionalisé de Jérusalem, porte le risque réel de donner l’impression que la maison de Dieu devient une maison de trafic. Il faut donc redoubler de vigilance et opter pour des solutions plus durables. Ce ne serait que pour le bien de tous..

Père Jean OUSSOU-KICHO, Directeur du Complexe scolaire catholique de Bassila

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