juin 23, 2021
Dossier

PELERINAGES A N’DALI ET A PARAKOU : Des moments intenses de prières pour le Bénin

En marge des pèlerinages annuels diocésains organisés dans la deuxième quinzaine du mois de février, plusieurs milliers de fidèles ont loué Marie à Parakou et Bembèrèkè. Ils ont loué la Vierge pour qu’elle intercède auprès de son Fils Jésus afin que règne au Bénin la paix, dans le contexte particulier de l’élection présidentielle d’avril prochain. Aussi ont-ils insisté sur beaucoup d’autres intentions. 

►  Un appel à la fraternité à Bembèrèkè

Fidèles, prêtres et Mgr Martin Adjou en recueillement devant la statue de la Vierge Marie

Le Sanctuaire diocésain de N’Dali a accueilli les 20 et 21 février 2021, le pèlerinage des enfants aux pieds de Notre-Dame de la paix de Bembèrèkè. Le week-end suivant, les 27 et 28 février 2021, ce sont les adultes qui ont effectué leur pèlerinage sur le même lieu. Ces deux rencontres ont été marquées par des moments particuliers de méditation, et des témoignages saisissants au terme du parcours de chemin de croix.

Cette année, malgré une grande hésitation due à la pandémie de Coronavirus, les deux pèlerinages ont bel et bien eu lieu. Et au-delà de toute attente, ils ont connu une grande participation dans le respect strict des gestes barrières à la Covid-19.

Les 20 et 21 février 2021, plus de 2.500 enfants se sont retrouvés aux pieds de Notre-Dame de la paix de Bembèrèkè, dans le cadre du pèlerinage diocésain à N’Dali. En deux jours, les enfants ont eu droit à des activités intenses qu’ils ne sont pas près d’oublier. C’est par le chemin de croix sur la colline que les exercices spirituels ont débuté. Le chemin était ardu, mais la curiosité était plus forte que la fatigue. La suite du pèlerinage a été marquée par la messe d’ouverture présidée par le père Raphaël Quiros, aumônier diocésain du groupe Madeb. Il a invité les enfants à dire la vérité en tout et partout. L’autre activité ayant marqué ce pèlerinage, est la finale du concours “têkê” qui a vu la paroisse de Bori remporter le premier Prix, remis par Mgr Martin Adjou, évêque de N’Dali. Le tour des enfants passé, les adultes ont rejoint Bembèrèkè le week-end suivant.

5.000 pèlerins pour une méditation commune

Les samedi 27 et dimanche 28 février 2021, ils étaient près de 5.000 pèlerins venus de toutes les paroisses et communautés de village du diocèse et d’ailleurs à participer au pèlerinage diocésain à N’Dali. Tout a débuté par la méditation des mystères joyeux. Comme toujours, le parcours du chemin de croix a été le point d’attraction, et surtout de grande ferveur spirituelle. Tout en arpentant les collines pour la méditation, les nouvelles statues sculptées sur les lieux ont été bénies durant le parcours. Après le chemin de croix, place a été faite à la célébration eucharistique à l’intention des malades. Elle a été présidée par le nouvel exorciste du diocèse, le père Raoul Gbèhounhèssi. Le dernier jour du pèlerinage, une conférence a été animée par M. Antoine Boco sur le thème du pèlerinage : « Tous frères au service de l’évangélisation ». « Nous sommes tous frères parce que nous avons un seul Dieu qui est Père de tous. Si ce Dieu est le Père de tous, nous sommes tous ses fils dans le Fils unique, Jésus-Christ et par conséquent, nous sommes tous des frères », a-t-il déclaré. Voilà qui a pleinement introduit à la messe de clôture de la trente-huitième édition du pèlerinage de Bembèrèkè. La messe a été présidée par Mgr Martin Adjou. Partant du thème du pèlerinage et des textes du jour, l’Ordinaire du lieu a adressé une exhortation aux Béninois et une prière à Dieu pour le Bénin, à un peu plus d’un mois de l’élection présidentielle. « Le pouvoir est devenu une idole dans mon pays. Et c’est pour cela que ce pèlerinage a bel et bien sa raison d’être. Nous devons supplier Dieu pour ce pays. Tous frères et donc tous fils et filles du Bénin, je demande au Seigneur que les démons de la violence s’éloignent de notre pays ».

Requinqués spirituellement et moralement, tous les pèlerins ont repris le chemin de leurs destinations respectives.

Père Irenée Aurel Tigo Vicaire à la paroisse Yeesu Kparo Geo de Sinendé

►  Un chemin de croix très émouvant sur la colline

Une station du chemin de croix au cours de laquelle les pèlerins implorent la miséricorde divine

Chaque année, le diocèse de N’Dali organise un pèlerinage à Bembèrèkè. Le pèlerinage s’étend traditionnellement sur trois jours, c’est-à-dire du vendredi au dimanche. Mais au regard de l’actualité mondiale du Coronavirus, le pèlerinage a été réduit à deux jours à savoir : samedi et dimanche. L’édition de février 2021 de ce pèlerinage a été marquée par de grands moments de prières et de dévotions, notamment l’éprouvant mais émouvant chemin de croix de la journée du samedi.

Golgotha est situé à l’extérieur de Jérusalem sur une colline, une montée. Ici à N’Dali, le Golgotha est au sommet des collines de la ville de Bembéréké, en face du Sanctuaire. Ce qui a fait la pénibilité du parcours est aussi ce qui a fait la beauté et le charme spirituels de ce chemin de croix. Les six premières stations entièrement sculptées en pierre représentaient les personnages bibliques de la scène de la passion du Christ en taille humaine. La beauté des sculptures, en harmonie avec le décor de l’environnement, vous inspire dévotion et vénération, contrition et conversion, recueillement et prière.

En faisant l’expérience du chemin de croix à Bembèrèkè, avec la montée rude de la montagne, chaque pèlerin a ressenti les croix de sa vie et les a offertes au Seigneur. Et chaque fois que le corps endolori voulait renoncer à poursuivre la montée, le souvenir de la persévérance du Christ redonnait intérieurement courage pour aller jusqu’au sommet du Golgotha. Ce qui était émouvant pendant ce chemin de croix, c’est l’impressionnante solidarité des uns à soutenir et à encourager spontanément ceux qui n’en pouvaient plus, et là se dessine le visage de Marie, de Simon de Cyrène et de Véronique dans le visage de ces personnes qui aidaient les autres. Le chemin de croix est au fond un chemin de vie, où dans la douleur, vous faites l’expérience de l’amitié et de la fraternité.

Si monter au Golgotha, au sommet de la montagne fut éprouvant, en redescendre ne fut pas moins éprouvant. Mais seulement à penser que la pénibilité du chemin de croix de Bemkérèkè n’est rien à côté de ce que le Seigneur a vécu dans sa chair, l’on tombe à genoux pour lui rendre grâce pour son Amour pour tous. Cet Amour qui le conduit jusqu’à la tombe, magnifiquement représentée sur ce parcours unique de chemin de croix.

Tous les pèlerins étaient contents à la fin du parcours, contents d’avoir éprouvé leur ténacité et leur persévérance, contents d’avoir expérimenté leurs limites humaines et surtout spirituelles. À la fin de ce parcours, un seul besoin étreint le pèlerin : la soif. Une représentation de la scène de Cana avec six jarres est implantée. Ce sont les Frères Franciscains de l’Immaculée Conception qui ont réalisé ce chef-d’œuvre spirituel qui se poursuit dans le diocèse de N’Dali. Ils en appellent à la générosité des bonnes volontés pour parachever ce qui est commencé pour la gloire de Dieu et le salut des hommes. Que Saint François d’Assise, rencontré à la sortie de ce parcours, intercède pour tous !

Stanislas Amoussou

►  Parakou : L’enfance missionnaire aux pieds de Notre-Dame de Komiguéa

Plus de deux mille enfants de toutes les paroisses du diocèse de Parakou étaient réunis aux pieds de Notre-Dame de Komiguéa, du 26 au 28 février, pour l’édition 2021 du pèlerinage diocésain de l’enfance missionnaire. Sous l’égide du père Yves Aïdomohan, aumônier diocésain de l’enfance missionnaire, et de leurs responsables paroissiaux, les enfants ont participé à des enseignements, se sont amusés et ont prié.

Débuté dans l’après-midi du vendredi 26 février 2021, le pèlerinage marial diocésain de l’enfance missionnaire a connu son apothéose le 28 février 2021, deuxième dimanche du temps de Carême.

Marqué par la participation de plus de 2.000 enfants, le pèlerinage de cette année est placé sous le thème : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le », avec pour objectif d’aider les enfants à s’épanouir dans le Christ-Jésus. Et donc, en choisissant ce cadre, c’est leur permettre à travers les enseignements et des activités tant spirituelles (chemin de croix et méditation du chapelet) que récréatives, de reprendre conscience de leur mission en tant qu’enfants dans l’Église et dans le monde.

La messe de clôture a été présidée par le père Patrick Sabi Sika, Recteur du Centre d’accueil. De l’homélie prononcée par le père Yves Aïdomohan au cœur de la liturgie, on peut retenir qu’en ce deuxième dimanche du temps de Carême, le Seigneur invite les chrétiens à l’écoute et à se donner totalement aux autres. L’aumônier de l’enfance missionnaire a fait savoir que l’écoute nécessite des dispositions et a des obligations. Selon lui, écouter, c’est d’abord faire confiance et ensuite obéir.  Ainsi, il a appelé les pèlerins à placer une confiance totale en Dieu et à l’obéissance dans la foi. Enfin, en s’appuyant sur la deuxième lecture et le psaume responsorial, le père Aïdomohan a invité les enfants à n’agir que pour la gloire de Dieu, à marcher avec le Seigneur. L’appel est donc lancé à chaque enfant missionnaire de se laisser guider par Dieu, ce qui l’aidera à abandonner ses mauvais comportements en vue d’une transformation personnelle et du monde. 

Avant la bénédiction finale, l’aumônier a remercié les enfants, les responsables à divers niveaux qui n’ont ménagé aucun effort pour contribuer à la réussite de cet événement. Il a pris enfin l’engagement de mieux faire les années à venir, en vue d’une enfance épanouie dans le diocèse de Parakou.

Albéric AZONGANHOUÉ correspondant

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