janvier 22, 2022
Ecologie

L’écologie profonde

Le concept d’écologie profonde a été inventé par le philosophe norvégien Arne Næss en 1973 dans l’une de ses publications qui porte sur « le mouvement écologique et le mouvement profond ». Il résume dans cet article sa pensée sur l’écologie qu’il développait depuis 1970 à travers le mouvement écologique qu’il a créé.

L’objectif que vise Arne Næss en créant le concept est de corriger l’idée de classification des êtres en fonction de leurs valeurs respectives qui s’imposait dans les débats sur l’écologie. Selon lui, cette classification empêche l’homme de vivre en harmonie avec la nature. Parce qu’en se posant la question de savoir si l’animal, si l’arbre ou un autre être vivant possède une âme, une conscience ou la raison, l’homme  manifeste envers ces êtres sa domination et sa puissance. C’est pour cela que les défenseurs de l’écologie profonde pensent que l’homme qui se considère comme l’être supérieur profite de son état et considère les autres êtres comme des ressources inépuisables, des êtres qui sont extérieurs à lui et dont il peut user à sa guise. 

Pour lutter contre cet ego surdimensionné que l’homme manifeste envers les autres créatures, les défenseurs de l’écologie profonde recommandent que l’homme change d’attitude envers l’environnement. Qu’il cherche maintenant à s’intégrer à son environnement, et qu’il se sente comme un composant de cet environnement. L’avantage serait qu’en disant : “je protège mon environnement”, l’homme pense en même temps à l’équilibre de cet environnement pour mettre en place une stratégie de bonne gestion des valeurs dont regorge la nature.

Mais l’écologie profonde a tendance à valoriser la nature matérielle et animale au détriment de l’homme. C’est pourquoi le Pape émérite Benoit XVI a souligné dans son message pour la Journée mondiale de la paix (1er janvier 2008), que : « l’être humain a évidemment une primauté de valeur sur toute la création. Respecter l’environnement ne veut pas dire que l’on considère la nature matérielle ou animale comme plus importante que l’homme. Cela veut plutôt dire que l’individu ne peut la considérer de manière égoïste comme étant à l’entière disposition de ses intérêts, car les générations à venir ont aussi le droit de tirer profit de la création, exerçant à son égard la même liberté responsable que nous revendiquons pour nous-mêmes ».            

Père Bidossessi Aurel DOHOU

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