octobre 21, 2021
Editorial

La lèpre de la stigmatisation

La lèpre est considérée comme une maladie d’un autre âge. Pourtant, plus de 200.000 nouveaux cas sont dépistés chaque année dans le monde, dont plus de 40.000 en Afrique. Des statistiques alarmantes. Pourquoi y a-t-il encore autant de personnes affectées par la lèpre en 2021 ? Qu’est-ce qui freine les actions des nombreuses associations qui s’engagent dans la lutte contre cette maladie pour son éradication définitive ?

Le problème vient en effet de sa méconnaissance. La population connaît très peu la lèpre et ses symptômes. La honte et la peur d’être exclus amènent certains à cacher leur mal. Ils ne veulent pas être victimes de la discrimination, de la stigmatisation et de l’exclusion sociale au sein de leur communauté. C’est pourquoi la première action à mener est la lutte contre l’ignorance liée à la lèpre.

Il faut sensibiliser la population sur la nature de la maladie, les possibilités de soins et le respect dû aux personnes affectées. Aujourd’hui, la lèpre se soigne aisément dans les léproseries et les centres de santé comme la Léproserie de Ouidah, le Centre Saint Camille de Davougon et le Centre Raoul-Follereau à Pobè. La détection précoce de la lèpre prévient les handicaps permanents et freine la transmission. À cet effet, les acteurs de la santé doivent régulièrement mener des campagnes de dépistage actif dans tout le pays et surtout dans les zones les plus reculées.

La connaissance de la maladie et la prévention des invalidités peuvent réduire la stigmatisation, la discrimination des personnes atteintes de la lèpre. Elles pourront rendre la dignité et le respect aux personnes déjà touchées par l’extrême vulnérabilité due aux stigmates liés à la maladie.

À l’occasion de la 68e Journée mondiale des lépreux, célébrée le 31 janvier 2021, notre engagement contre l’ignorance liée à la lèpre, permettra de briser le mécanisme de l’exclusion et de la stigmatisation qui règne encore aujourd’hui. 

 Serge Bidouzo

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