juin 23, 2021
Dossier

MECANISME DE RECHERCHE DE PAIX INTERIEURE : Trouver en Jésus le nouveau repère

L’humanité toute entière s’applique à l’avènement d’une nouvelle fraternité qui résiste aux situations de crise économique et sociale. à cet effet, le Chrétien est invité à la conversion afin de témoigner à l’humanité que la Nativité de Jésus est un bel exemple de paix. Mgr Pascal N’Koué nous invite à cet effort, tandis que le Pape François propose à tous « une culture du soin ».

►   Noël, c’est la paix


Les tout-petits du jardin d’enfant “Les Neems” de Cotonou miment la Nativité de Jésus, signe de paix pour le monde

 Dans cet article, Mgr Pascal N’Koué nous invite à l’examen de conscience qui débouche sur l’adoption de grandes résolutions pour l’accueil du Nouveau-né à Noël. Il exhorte à l’humilité, à la responsabilité, à l’amour et à la bonne gestion du temps.

Le temps liturgique de l’Avent n’est pas une copie conforme du temps de Carême. Pendant l’Avent, on se prépare à la joie d’une naissance. Pendant le Carême on se prépare à la victoire d’un triomphateur. Mais les deux moments sont des temps qui nous demandent une révision de vie. Pour bien célébrer Noël, préparons donc nos cœurs, arrêtons surtout de nous intoxiquer l’esprit. Dans cet article, j’évoque cinq points qu’il faut éviter afin de mieux disposer notre cœur pour attendre le Sauveur qui nous dit : « Sans moi, vous ne pouvez rien faire » (Jn 15, 5). Saint Paul l’a tellement bien compris qu’il s’est donné cette conviction : « Je peux tout en celui qui me rend fort ». Pour célébrer une fête de Noël digne de ce nom, redevenons enfants de Dieu.

Noël, c’est la rupture des barrières

Arrêtons de ressasser nos échecs, de revenir sur nos malheurs, de murmurer sans cesse nos misères. Chacun a ses problèmes. Arrêtons de nous considérer comme des éternelles victimes. Extirpons plutôt de notre  psychique les pensées négatives parce qu’elles attirent davantage l’anxiété, l’angoisse, le sentiment d’être méprisé et incompris. Cela nous torture et on torture les autres. Nos mauvaises humeurs nous font perdre le sommeil et peuvent nous rendent malades. Et Judas Iscariote s’est suicidé parce que rongé par le remords.

Ayons plutôt un regard positif sur nos échecs. Considérons-les comme une formidable occasion pour apprendre. « Je n’échoue jamais »dit Nelson Mandela : « ou je gagne ou j’apprends ». Cherchons toujours à apprendre et à mettre en application ce que nous avons appris. Les échecs nous avertissent que nous ne sommes pas Dieu, nous ne sommes pas tout-puissants. Les erreurs nous disent que nous sommes sortis du bon chemin ou que quelque chose ne tourne pas rond. « C’est en se trompant qu’on apprend », disent les Italiens. Il faut toujours oser se relever et aller de l’avant. Noël, c’est la rupture des « gestes barrières ». Noël nous pousse à aller rencontrer ceux qui s’enferment et s’isolent par manque de confiance en eux-mêmes.

Soyons des prophètes de l’amour

Reprenons confiance en nous-mêmes. Tout le monde a reçu des talents à faire fructifier. Ne les enfouissons pas dans la stérilité des plaintes. Rendons grâce au Seigneur qui nous en a fait don. Et mettons-les au service des autres (1P 4, 10). Ayons confiance en nos qualités et en nos capacités. En toute chose, rendons grâce à Dieu et prions sans cesse. C’est dommage qu’on vive confiné dans la peur d’avancer. La peur est mauvaise conseillère. Se plaindre en permanence est une habitude très nuisible. Au lieu d’être acteur de sa vie, on en devient un triste spectateur. Il faut plutôt savoir gérer ses mauvaises humeurs et se fixer des objectifs à atteindre, trouver un sens à sa vie, sourire aux autres et d’abord à soi-même pour que tout change. Jésus veut faire de nous des prophètes joyeux de son Amour. Rappelons-nous qu’il nous a dit que nous sommes sel de la terre et lumière du monde. C’est une grande responsabilité.

S’accepter tel qu’on est

Arrêtons aussi de jalouser les autres. La jalousie maladive est improductive. Jalouser la réussite des autres, c’est stupide. Pas besoin de se comparer aux autres, encore moins de discréditer les autres pour se sentir important. Souvent, on est malheureux parce qu’on ne supporte pas de voir les autres réussir. On n’a pas à convoiter l’affection que reçoivent les autres. Ce n’est pas leur faute s’ils sont aimés. Ils ne nous volent rien. Par contre, nous devons nous poser des questions si nous n’avons pas d’amis. évidemment, celui qui passe son temps à gémir, à râler et à humilier les autres, on le fuira. C’est un véritable malade de l’esprit. Il se démolit lui-même petit à petit, sans le savoir. L’antidote, c’est s’accepter tel qu’on est : sa taille, ses handicaps, ses limites. Le roi Hérode Le Grand n’a pas supporté la naissance du tout-petit Jésus. Pourquoi ? à cause de son orgueil démesuré. Il est mort rongé par des vers. à la place de l’orgueil, cultivons l’humilité. Et pour y arriver, il faut apprécier combien Dieu nous aime tel que nous sommes. Saint Paul dit : « Je sais en qui j’ai mis ma confiance ».

La bonne gestion du temps

Arrêtons de tout remettre à demain. Cela s’appelle la procrastination. Tout remettre à plus tard ou vouloir faire les choses à la dernière minute est le propre des paresseux ou de ceux qui gèrent mal leur temps. C’est oublier qu’il y a des imprévus qui surprennent, des obstacles qui nous freinent : il faut les affronter et les surmonter. Personne ne connaît le jour de sa mort. Faisons le tri entre les tâches simples et difficiles, entre les tâches importantes et urgentes. Dès aujourd’hui, faisons face aux relations qui empoisonnent notre vie chrétienne. évitons les compromis qui nous empêchent de recevoir les sacrements du baptême, de confirmation, de réconciliation, de mariage etc. Commençons par le plus simple. Démarrons nos journées avec Dieu : une bonne demi-heure de méditation ou d’oraison. C’est la meilleure désintoxication psychique. Programmons nos journées en anticipant. Prévoyons la veille ce que nous ferons le lendemain. Dieu aide celui qui se lève tôt le matin, disent les Espagnols. La bonne gestion du temps est le grand secret de ceux qui vont loin. Pour cela, la nuit porte conseil. Elle est spécialement favorable au repos, à la détente de l’esprit, au recueillement et au silence.

Accueillons le Prince de la paix

Arrêtons de chercher à contenter tout le monde. Résistons au diktat de la société sur nous. Le «qu’en dira-t-on», le regard des autres sur nous n’a aucune importance s’il n’est pas bienveillant, s’il ne nous aide pas à avancer. Ce mauvais œil peut tuer. D’où cette phrase : « L’enfer, c’est les autres » (Jean-Paul Sartre). Il faut être soi-même. La liberté intérieure est une force et elle se cultive. Les critiques peuvent nous servir de carburant pour nous améliorer si nous savons prendre la vie du bon côté. La pensée commune ou la pensée unique rend esclave. Plus on cherche la volonté de Dieu, plus on sort des sentiers battus. Il faut toujours regarder haut dans le Ciel et vouloir y parvenir avec la grâce de Dieu. Etre heureux est une décision de la volonté, du cœur et de l’esprit. Le Messie vient pour tous. Mais il ne nous sauvera pas malgré nous. « Chacun demeure, quelles que soient les influences qui s’exercent sur lui, l’artisan principal de sa réussite ou de son échec », Paul VI, Populorum progressio (26 mars 1967) n°15.

Enfin, sachons que le plus grand don que l’Emmanuel, Dieu-avec-nous, nous apporte à Noël, c’est la paix : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ; ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne ». La paix, « c’est la mère de tous les biens, le fondement de la joie ». Et le sage oriental d’ajouter : « D’un cœur guéri et en paix naît l’humilité. De l’humilité naît la volonté d’écouter l’autre. De l’écoute naît la compréhension mutuelle, et de cette compréhension naît un monde de paix » (Daisaku Ikeda). Jésus, Prince de la paix, vient remettre la paix dans nos cœurs, dans nos familles, dans la société. Accueillons-le !

Mgr Pascal N’KOUE, Archevêque de Parakou

►   « La culture du soin comme parcours de paix »

 (Extrait-Message du Pape François à l’occasion de la 54e Journée mondiale de la paix, le 1er janvier 2021)

Publié le 17 décembre 2020, le Message du Pape François pour la cinquante quatrième Journée mondiale de la paix rappelle les événements mondiaux qui ont fragilisés la paix l’an écoulé. Le Souverain pontife propose une nouvelle « boussole des principes sociaux ».

Le Pape François relâchant une colombe, messager de la paix, le 20 mars 2017

Au seuil de la nouvelle année, je souhaite adresser mes salutations les plus respectueuses aux chefs d’État et de Gouvernement, aux responsables des Organisations internationales, aux leaders spirituels et aux fidèles des différentes religions, aux hommes et aux femmes de bonne volonté. J’adresse à tous mes meilleurs vœux pour que cette année puisse faire progresser l’humanité sur la voie de la fraternité, de la justice et de la paix entre les personnes, les communautés, les peuples et les États.

L’année 2020 a été marquée par la grande crise sanitaire de la Covid-19 qui est devenue un phénomène multisectoriel et global, aggravant des crises très fortement liées entre elles, comme les crises climatique, alimentaire, économique et migratoire, et provoquant de grands inconvénients et souffrances. Je pense surtout à ceux qui ont perdu un membre de leur famille ou une personne chère, mais aussi à ceux qui ont perdu leur travail. Un souvenir spécial s’adresse aux médecins, aux infirmiers, aux pharmaciens, aux chercheurs, aux volontaires, aux aumôniers et au personnel des hôpitaux et des centres de soins qui se sont prodigués, et continuent à le faire, au prix de grandes fatigues et de grands sacrifices à tel point que certains d’entre eux sont morts dans leur désir d’être proche, des malades, de soulager leurs souffrances ou de leur sauver la vie. En rendant hommage à ces personnes, je renouvelle mon appel aux responsables politiques et au secteur privé pour qu’ils adoptent les mesures appropriées afin de garantir l’accès aux vaccins contre la Covid-19, et aux technologies indispensables nécessaires pour assister les malades et tous ceux qui sont plus pauvres et plus fragiles.

Il est douloureux de constater qu’à côté des nombreux témoignages de charité et de solidarité, diverses formes de nationalisme, de racisme, de xénophobie, et aussi de guerres et de conflits qui sèment la mort et la destruction, prennent malheureusement un nouvel élan.

Ces événements et d’autres, qui ont marqué le chemin de l’humanité en cette année qui s’achève, nous enseignent qu’il est important de prendre soin les uns des autres et de la Création pour construire une société fondée sur des relations de fraternité.

Dieu créateur, origine de la vocation humaine au soin

Dans le récit biblique de la Création, Dieu remet le jardin “planté en Éden” (cf. Gn 2, 8) entre les mains d’Adam avec la charge de “le cultiver et de le garder” (cf. Gn 2, 15). Cela signifie, d’une part, rendre la terre productive et, d’autre part, la protéger et lui conserver sa capacité à soutenir la vie. Les verbes “cultiver” et “garder” décrivent la relation entre Adam et sa maison-jardin, et montrent aussi la confiance que Dieu met en lui en le faisant seigneur et gardien de toute la Création.

Le soin dans le ministère de Jésus

Dans la synagogue de Nazareth, Jésus se manifeste comme celui que le Seigneur a consacré et « a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs leur libération, et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue, remettre en liberté les opprimés » (Lc 4, 18). Ces actions messianiques constituent le témoignage le plus éloquent de la mission que le Père lui a confiée. Dans sa compassion, le Christ s’approche des malades par le corps et par l’esprit et il les guérit. Il pardonne aux pécheurs et leur donne une vie nouvelle. Jésus est le Bon Pasteur qui prend soin des brebis (cf. Jn 10, 11-18 ; Ez 34, 1-31). Il est le Bon Samaritain qui se penche sur l’homme blessé, soigne ses plaies et prend soin de lui (cf. Lc 10, 30-37).

Les principes de la doctrine sociale de l’Église comme base de la culture du soin

La diakonia des origines, enrichie par la réflexion des Pères et animée au cours des siècles par la charité agissante de si nombreux témoins lumineux de la foi, est devenue le cœur battant de la doctrine sociale de l’Église qui s’offre à toutes les personnes de bonne volonté comme un précieux patrimoine de principes, critères et indications desquels tirer la “grammaire” du soin : la promotion de la dignité de toute personne humaine, la solidarité avec les pauvres et les sans défense, la sollicitude pour le bien commun, la sauvegarde de la Création.

Le soin comme promotion de la dignité et des droits de la personne

Toute personne humaine est une fin en soi, jamais un simple instrument à évaluer seulement en fonction de son utilité. Elle est créée pour vivre ensemble dans la famille, dans la communauté, dans la société où tous les membres sont égaux en dignité. C’est de cette dignité que dérivent les droits humains, et aussi les devoirs, qui rappellent, par exemple, la responsabilité d’accueillir et de soutenir les pauvres, les malades, les marginaux.

Le soin de la maison commune

Tout aspect de la vie sociale, politique et économique trouve son accomplissement quand il se met au service du bien commun, c’est-à-dire de « cet ensemble de conditions sociales qui permettent, tant aux groupes qu’à chacun de leurs membres, d’atteindre leur perfection d’une façon plus totale et plus aisée » (Conc. Oecum. Vat II, Const. past. Gaudium et spes, n°26). Par conséquent, nos plans et nos efforts doivent toujours prendre en compte les effets sur l’ensemble de la famille humaine, en pondérant les conséquences pour le moment présent et pour les générations futures.  

Le soin au moyen de la solidarité

La solidarité nous aide à regarder l’autre – que ce soit comme personne ou que ce soit, au sens large, comme peuple ou comme nation – non pas comme une donnée statistique ou un moyen à exploiter et ensuite à écarter lorsqu’il n’est plus utile, mais comme notre prochain, compagnon de route, appelé à participer comme nous au banquet de la vie auquel tous sont également invités par Dieu.

Le soin et la sauvegarde de la Création

L’Encyclique Laudato si’ prend pleinement acte de l’interconnexion de toute la réalité créée et met en relief l’exigence d’écouter en même temps le cri des nécessiteux et celui de la Création. De cette écoute attentive et constante peut naître un soin efficace de la terre, notre maison commune, et des pauvres. À ce sujet, je désire répéter que « le sentiment d’union intime avec les autres êtres de la Nature ne peut pas être réel s’il n’y a pas en même temps dans le cœur de la tendresse, de la compassion et de la préoccupation pour les autres êtres humains » (Lett. enc. Laudato si’’, 24 mai 2015, n°91).

La boussole pour un cap commun

À une époque dominée par la culture du rejet, devant l’aggravation des inégalités dans les nations et entre elles, je voudrais donc inviter les responsables des Organisations internationales et des gouvernements, du monde économique et du monde scientifique, de la communication sociale et des institutions éducatives, à prendre en main cette “boussole” des principes rappelés ci-dessus pour imprimer un cap commun au processus de globalisation, « un cap réellement humain ». En effet, cela permettrait d’apprécier la valeur et la dignité de chaque personne, d’agir ensemble et dans la solidarité pour le bien commun, en soulageant ceux qui souffrent de la pauvreté, de la maladie, de l’esclavage, de la discrimination et des conflits. J’encourage par cette boussole chacun à devenir prophète et témoin de la culture du soin afin de combler de nombreuses inégalités sociales. Et cela sera possible seulement avec une participation forte et généralisée des femmes, dans la famille et dans chaque environnement social, politique et institutionnel.

La « boussole » des principes sociaux, nécessaire pour promouvoir « la culture du soin », est indicative même pour les relations entre les nations qui devraient être inspirées par la fraternité, le respect réciproque, la solidarité et l’observance du droit international. 

Le respect du droit humanitaire doit être aussi rappelé, surtout en ce moment où les conflits et les guerres se succèdent sans interruption. Malheureusement, beaucoup de régions et de communautés ne se rappellent plus le temps où elles vivaient en paix et en sécurité. De nombreuses villes sont devenues comme des épicentres de l’insécurité : leurs habitants luttent pour maintenir leurs rythmes normaux parce qu’ils sont attaqués et bombardés sans discrimination par des explosifs, de l’artillerie lourde et des armes légères. Les enfants ne peuvent pas étudier. Les hommes et les femmes ne peuvent pas travailler pour nourrir les familles. La famine s’enracine là où elle était inconnue autrefois. Les personnes sont contraintes de fuir, laissant derrière elles non seulement leurs maisons, mais aussi l’histoire familiale et les racines culturelles.

Que de ressources sont gaspillées en faveur des armes, en particulier les armes nucléaires, des ressources qui pourraient être utilisées à des priorités plus significatives pour garantir la sécurité des personnes, telles que la promotion de la paix et du développement humain intégral, la lutte contre la pauvreté, la garantie des besoins sanitaires. Certains problèmes mondiaux comme la pandémie actuelle de la Covid-19 et les changements climatiques le mettent aussi en lumière. Quelle décision courageuse serait celle de « constituer avec l’argent que l’on emploie pour les armes et pour les autres dépenses militaires, un “Fonds mondial” pour pouvoir éliminer définitivement la faim et contribuer au développement des pays les plus pauvres » !

Pour éduquer à la culture du soin

La boussole des principes sociaux constitue un instrument fiable pour divers contextes interdépendants. Je voudrais donner à ce sujet quelques exemples.

– L’éducation au soin naît dans la famille, élément naturel et fondamental de la société, où l’on apprend à vivre en relation et dans le respect réciproque. Cependant, la famille a besoin d’être mise dans des conditions qui lui permettent d’accomplir ce devoir vital et indispensable.

– Toujours en collaboration avec la famille, d’autres acteurs importants de l’éducation sont l’école et l’université et, de façon analogue par certains aspects, les acteurs de la communication sociale. Ils sont appelés à véhiculer un système de valeurs fondé sur la reconnaissance de la dignité de chaque personne, de chaque communauté linguistique, ethnique et religieuse, de chaque peuple et des droits fondamentaux qui en dérivent. L’éducation constitue l’un des piliers les plus justes et solidaires de la société.

– Les religions en général, et les leaders religieux en particulier, peuvent jouer un rôle irremplaçable en transmettant aux fidèles et à la société les valeurs de la solidarité, du respect des différences, de l’accueil et du soin des frères les plus fragiles. Je rappelle à ce sujet les paroles du Pape Paul VI adressées au Parlement ougandais en 1969 : « Ne craignez pas l’Église : elle vous honore, vous éduque des citoyens honnêtes et loyaux, elle ne fomente pas de rivalités ni de divisions, elle cherche à promouvoir la saine liberté, la justice sociale, la paix. Si elle a quelque préférence, celle-ci va aux pauvres, à l’éducation des petits et du peuple, au soin de ceux qui souffrent ou sont délaissés » .

– À ceux qui sont engagés au service des populations dans les organisations internationales, gouvernementales et non gouvernementales, à ceux qui ont une mission éducative, et à tous ceux qui, à divers titres, œuvrent dans le domaine de l’éducation et de la recherche, je renouvelle mon encouragement afin que l’on puisse atteindre l’objectif d’une éducation « plus ouverte et plus inclusive, capable d’une écoute patiente, d’un dialogue constructif et d’une compréhension mutuelle » . Je souhaite que cette invitation, adressée dans le cadre du Pacte éducatif global, trouve une adhésion large et variée.

Il n’y a pas de paix sans la culture du soin

La culture du soin, cet engagement commun, solidaire et participatif pour protéger et promouvoir la dignité et le bien de tous, cette disposition à s’intéresser, à prêter attention, à la compassion, à la réconciliation et à la guérison, au respect mutuel et à l’accueil réciproque, constitue une voie privilégiée pour la construction de la paix. En ce temps où la barque de l’humanité, secouée par la tempête de la crise, avance péniblement à la recherche d’un horizon plus calme et serein, le gouvernail de la dignité de la personne humaine et la “boussole” des principes sociaux fondamentaux peuvent nous permettre de naviguer avec un cap sûr et commun. Comme chrétiens, nous tenons le regard tourné vers la Vierge Marie, Étoile de la mer et Mère de l’espérance. Tous ensemble, collaborons pour avancer vers un nouvel horizon d’amour et de paix, de fraternité et de solidarité, de soutien mutuel et d’accueil réciproque. Ne cédons pas à la tentation de nous désintéresser des autres, spécialement des plus faibles, ne nous habituons pas à détourner le regard, mais engageons-nous chaque jour concrètement pour « former une communauté composée de frères qui s’accueillent réciproquement, en prenant soin les uns des autres ».

Pape François

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