janvier 22, 2022
Questions/Réponses

Question : « La Sagesse est resplendissante, elle est inaltérable ». La Sagesse est une vertu que j’ai toujours désirée. Comment pourrai-je me l’approprier puisqu’elle se laisse trouver par ceux qui la cherchent ?

Gérard HOTEGNI, Brocheur

Réponse

Mon frère, les textes de ce 32e dimanche ordinaire A ont un ton sapientiel et nous laissent entrevoir la beauté et la splendeur de la Sagesse : « la Sagesse est resplendissante, elle est inaltérable. Elle se laisse aisément contempler par ceux qui l’aiment, elle se laisse trouver par ceux qui la cherchent ». S’il en est ainsi, comment s’y prendre concrètement ?

Des questions préalables

Avant même de chercher à savoir le processus d’acquisition de la Sagesse, il nous faut passer par quelques questions : qu’est-ce que la Sagesse ? Où peut-on la trouver et qui peut-on appeler le sage ? Au regard des textes, la Sagesse est cette vertu personnifiée qui permet « un parfait jugement », la délivrance du souci (1re lecture) autrement dit, une vie paisible ; elle est la capacité à prévoir (Évangile) et va jusqu’à construire en nous l’espérance en la vie après la mort (2e lecture).

Cette Sagesse est assimilable à la Parole de Dieu et à Dieu lui-même. En termes clairs, Dieu est la sagesse suprême. Celle-ci se découvre à travers les Écritures. Être sage, c’est donc posséder cet art de bien vivre en se conformant à la Parole de Dieu. Être sage, c’est ni plus ni moins vivre selon le dessein de Dieu sur l’homme, c’est vivre comme Dieu veut.

La Sagesse commence avec la crainte du Seigneur (Ps 111, 10)

La crainte du Seigneur, qui s’apparente à la piété, est le premier don du Saint-Esprit. Elle n’est pas une peur bleue de Dieu mais une révérence d’amour filial vis-à-vis de lui. Cette révérence, socle de toute croissance spirituelle, morale et humaine dans la perspective de Dieu, joue le rôle de régulation de la conscience. Elle permet à l’homme d’imposer des limites à son agir (les commandements de l’interdiction) et lui montre la direction à suivre pour aboutir à la Sagesse véritable (le commandement de l’Amour). La crainte de Dieu incline l’homme à se soumettre à l’autorité de Dieu et à faire en toute chose sa volonté. Celui qui ne craint pas Dieu tombe dans la rébellion et tient pour subsidiaire sa Parole. Par contre, le cœur qui craint Dieu fait toute chose pour lui plaire. Il découvre la pensée de Dieu et vit de sa Sagesse.

Vision entre prévision et provision

L’Évangile des dix jeunes filles invitées à des noces nous indique deux autres moyens : la prévision et la provision. La différence entre les deux catégories de filles ne tient qu’à ce critère. La première catégorie est sensée et sage pour avoir prévu le temps du retard et pris des dispositions pour ne pas être prise au dépourvu au moment de l’arrivée de l’Époux.

Pour grandir dans la sagesse, il faut prévoir, faire preuve d’intelligence, penser au bon comme au mauvais temps, et se munir de provisions conséquentes. Il faut simplement être un homme de vision. Cette dernière permet en effet de vivre le présent dans la perspective du futur. Saint Paul invite déjà les Thessaloniciens à cet exercice de la vie du futur dans le quotidien par le truchement de l’espérance. Mon frère, pour devenir sage, il faut développer la crainte de Dieu, source de toute Sagesse. Cette crainte cultive en nous le discernement qui n’est rien d’autre que la vertu de la clairvoyance de l’esprit

Père Jean OUSSOU-KICHO, Directeur du Complexe scolaire catholique de Bassila

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