novembre 29, 2020
Questions/Réponses

Question : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Mon Père comment pourrais-je aimer comme moi-même quelqu’un qui m’a fait du tort et ne le regrette nullement ? Avec mon cœur d’humain, je trouve cela impossible ! Que faire pour y arriver ?

Sidnelle KOUGBLENOU, Stagiaire

Réponse

Ma sœur, ce 30e dimanche ordinaire A, le Christ nous rappelle l’essentiel de la vocation chrétienne : aimer Dieu et son prochain comme soi-même. S’il est plus aisé et naturel d’aimer ceux qui nous aiment, il en va tout autrement pour les personnes qui nous font du tort et, qui pis est, s’en réjouissent. Beaucoup n’y arrivent pratiquement pas. Et c’est là toute la pertinence de la question que tu poses en ce jour. Comment aimer cette dernière catégorie comme soi-même ?

Rester fidèle à sa vocation

Le Christ accueilli à travers sa parole peut nous aider. Il provoque en effet notre conversion au point où nous changeons de mentalité et de comportement vis-à-vis du malfaiteur. Il nous invite à un dépassement des ressentiments de la chair pour vivre dans l’Esprit. Notre vocation est fondamentalement d’aimer et de n’être qu’amour, à la manière du Christ. Plus précisément, elle consiste, pour nous distinguer des païens, de l’amour pour l’ennemi. Il s’agit là d’un défi vital pour notre appartenance au Christ. Dans ce sens, le mal subi ne doit jamais nous transformer en malfaiteurs. Nous ne devons pas devenir injustes et haineux, vindicatifs et meurtriers, etc., parce que nous en avons été victimes. Là-dessus, les Thessaloniciens nous donnent un bon exemple : il s’agit de persister dans le bien, dans l’amour, malgré toutes sortes d’épreuves subies de la part de l’ennemi. Il faut rester fidèle à sa vocation.

Pardonner, prier et rechercher le bien

L’amour du prochain commence par le pardon qui trace le chemin de la réconciliation. Jésus nous en donne l’exemple parfait sur la croix quand il pardonne à ses bourreaux. Le spectre du mal ne sera pas brisé si l’offensé n’accepte pas de pardonner. A ce niveau précisément, Jésus nous indique un second moyen, bienfaisant pour le persécuteur comme pour nous-mêmes : la prière. Il l’indique surtout lorsque le frère refuse de reconnaître le mal. La prière pour l’ennemi nous permet de percevoir l’offense autrement comme chemin de miséricorde à offrir. En dernier ressort, Jésus demande que l’on fasse du bien à l’ennemi. C’est ni plus ni moins une invitation à ne pas se limiter à l’offense mais à considérer l’offenseur dans ses droits et besoins et à ne pas l’en priver.

Demander la grâce d’aimer nos ennemis

L’Amour pour l’ennemi est une grâce à recevoir de Dieu. Cette grâce, au risque de vous surprendre, est celle de l’Amour personnel pour Dieu. À la question « quel est le grand commandement ? », Jésus commence par évoquer l’Amour de Dieu pour déboucher sur l’Amour du prochain. L’amour du prochain s’épanouit dans l’Amour de Dieu ; plus encore l’amour de l’offenseur joyeux. En conséquence, pour surmonter l’impossible amour de l’ennemi sur le plan humain, il faut absolument approfondir notre relation d’Amour pour Dieu. Plus on grandit dans l’Amour pour Dieu, plus il est possible d’aimer le prochain. Plus on se découvre comme mendiant d’Amour et témoin de miséricorde de Dieu, plus on regarde le frère comme soi-même, en besoin de notre amour pour grandir dans le bien.

Ma sœur, l’offense sans remords ne doit pas détruire le bien en nous. Au contraire, il doit nous pousser à plus de bonté envers l’ennemi en termes de pardon, de prière et de bien à faire, mais aussi dans la redécouverte de la miséricorde divine pour soi-même.

Père Jean OUSSOU-KICHO, Directeur du Complexe scolaire catholique de Bassila

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