octobre 25, 2020
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GESTION DES DECHETS ET DE LA SALUBRITE DU GRAND NOKOUE : Les responsables rassurent face à une population qui grogne

Dans le souci d’assainir les villes, l’Exécutif béninois dans son Programme d’action du gouvernement (Pag), a monté un projet de gestion des déchets solides dans cinq villes du Grand Nokoué (Porto-Novo, Cotonou, Abomey-Calavi, Ouidah et Semè-Podji). Une initiative gouvernementale qui, après trois mois de mise en œuvre, présente un bilan à multiples facettes.

Un agent d’hygiène ramasse les ordures dans une ruelle de Cotonou

Trois mois déjà que les camions Benne à ordures ménagères passent dans les quartiers des Communes du Grand Nokoué pour la collecte des déchets solides. En effet, ce projet en phase active est apprécié parce qu’il a précisément pour objectif de réduire l’impact néfaste des déchets sur l’environnement et l’amélioration du bien-être des populations. « Ce projet du Gouvernement se révèle d’une grande importance pour le maintien de la propreté de l’environnement », déclare Pierre Etchiminou, habitant du quartier Sègbèya à Cotonou. Il note néanmoins quelques insuffisances. À son avis, des irrégularités s’observent ici et là dans la phase de pré-collecte des déchets sur le terrain. Pierre Etchiminou confie : « depuis le retrait des Ong en charge de la collecte des déchets, il y a quelques mois, le recyclage n’est plus fait et on est obligé de retourner à l’ancienne méthode ». En clair, certains ménages doivent maintenant creuser des trous pour y enfouir les déchets. Certains les brûlent. Ivon Tomavo n’est pas très content de ce qui se passe au quartier Zogbo : « Les agents d’hygiène viennent parfois les mercredis ou les weekends et ne sont pas réguliers. Ce projet profite à ceux qui habitent le long des voies principales. Ceux qui habitent le long des grandes artères sont désavantagées. Et on voit des ordures entassées devant les portails pendant des jours, ce qui cause des désagréments. Cette initiative va semer plus de désordre que ce qu’on observait auparavant ».  Un point de vue partagé par dame Kpédjo, habitant au quartier Alédjo-Agori dans la Commune d’Abomey-Calavi. « Depuis près de deux mois qu’il nous a été notifié dans le quartier que le contrat de l’Ong qui s’occupait du ramassage des ordures a pris fin, nôtre concession est remplie de tas d’immondices », se désole-t-elle. Depuis une semaine chaque ménage rivalise d’imagination pour faire disparaître les ordures devenues franchement encombrantes. Ce n’est pas le cas partout. Jean de Dieu Ahomè, habitant de Ouidah, quartier Tovè, pense que « la société de gestion des déchets ménagers est un bon projet mis en place par le Gouvernement pour l’assainissement des Communes. Ainsi la collecte se fait les mercredis et vendredis de façon régulière ». Malgré les désagréments subis par une frange de la population du Grand-Nokoué, les officiels se veulent rassurants.

Un objectif atteint à mi-chemin

Lancé en juillet 2020, la phase de pré-collecte active atteint déjà l’objectif visé à trois niveaux, selon Valery Lawson, directeur général de la société de gestion des déchets dans le Grand Nokoué. Le premier objectif qui est la destruction des dépotoirs sauvages dans les villes dont plus de cent mille tonnes de déchets en moins de trois mois, le deuxième qui est le déploiement progressif des nouveaux dispositifs de collecte de déchets dans les zones retenues pour la pré-collecte, et le troisième par le démarrage de la collecte des déchets dans les zones secondaire et tertiaire avec des camions Benne. « L’absence des agents d’hygiène dans certaines zones est un dysfonctionnement dû à l’insuffisance des équipements de pré-collecte dont la livraison est retardée par la crise sanitaire », déclare Valery Lawson. Après la pré-collecte des déchets dans les ménages, s’en suit la collecte à 54 points de regroupement dont 32 à construire, et le transfert des déchets solides et ménagers vers deux Centres d’enfouissement sanitaire dont Ouèssè et Takon afin de trier et de valoriser les déchets. Le directeur invite les populations à adhérer à cette vision de rendre propres les villes tout en respectant les bons comportements pour le bien de tous.

 Ange-Marie Gaglozoun Stagiaire

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