septembre 19, 2020
Comprendre la Parole

Confiance !

19e dimanche du temps ordinaire-A

Dans la vie des hommes, la peur est au carrefour de toutes les situations. Peur de la mort. Peur de perdre une faveur à laquelle on tient. Peur de l’homme qui est un loup pour l’homme et qui menace gratuitement la quiétude de son semblable. Peur des sorciers qui peuvent s’entourer des ténèbres pour nuire aux autres. Peur des fantômes qui dans l’imaginaire africain se promèneraient au cœur de la nuit ou sous le chaud soleil, à la croisée des chemins désertiques, pour emporter l’ombre ou le double  de qui les rencontre face-à-face. Mais en réalité, qu’est-ce qui peut faire peur à l’homme sinon ce qui a vraiment le pouvoir de décider de sa vie et de sa mort ? Et ce n’est que Dieu seul. C’est Lui justement qui nous dit par ailleurs dans l’évangile de Matthieu de ne pas avoir peur ; même pas de ceux qui s’entourent du voile pour nous nuire sournoisement : « Ne les craignez pas, car il n’y a rien de caché qui ne doive être découvert, ni de secret qui ne doive être connu » ( Mt 10, 26) ; « Ne craignez pas ceux qui tuent le corps et qui ne peuvent tuer l’âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr l’âme et le corps dans la géhenne » (Mt 10, 28). Dans la première lecture que la liturgie de ce dimanche propose, Dieu vide la peur de tout son contenu. Dieu annonce au prophète qu’il passera devant lui. Le passage du Seigneur a été précédé d’une série de déchaînements des forces de la Nature : un ouragan fort et violent ; un tremblement de terre ; un feu. Nous le savons, Satan et ses ministres  praticiens de la magie n’ont souvent rien d’autre à offrir que le spectacle du déchaînement des forces de la Nature pour faire trembler les hommes, et cela suffit pour maintenir ces derniers dans des cauchemars interminables. Et voilà que Dieu qui donne consistance à toute chose n’est ni dans un ouragan si fort et si violent à fendre les montagnes et à briser les rochers, ni dans un tremblement de terre, ni dans un feu. La conclusion est claire et se laisse tirer toute seule : les forces de la Nature privées de Celui qui les a créées et qui leur donne leur consistance, ne peuvent rien contre l’homme. À travers la tranquillité du prophète Élie, Dieu nous indique aujourd’hui l’attitude juste à adopter dans notre existence si souvent agitée et menacée : garder la sérénité devant les grandes agitations de la terre. Nos vies sont secouées par de forts ouragans qui emportent en un clin d’œil nos biens ou tout ce que nous avons de cher ou de précieux : Dieu n’est pas dans l’ouragan qui nous a tout emporté. Nous pouvons rester sereins ; Il passera après dans la brise légère pour nous consoler. Il y a des tremblements de terre qui nous donnent des secousses et qui nous font perdre nos assises. Gardons notre sérénité. Dieu n’y est pas. Il y a enfin le feu qui soumet à la chaleur torride toute notre vie. Nous nous demandons là où se trouve la paix en ce monde quand en ces moments, tout devient chaud autour de nous. Ce temps passera et le Tout-Puissant viendra dans la brise légère nous révéler sa bonté et nous restaurer. C’est à travers son Fils qu’il s’est révélé à l’humanité et par Lui, il a adressé à nous tous, sa Parole définitive qui sauve au cœur des menaces de la mort.

Confiance ! C’est moi, n’ayez pas peur !

Dans l’évangile du jour, la barque des disciples était battue par les vagues à cause du vent qui soufflait en sens contraire. Il arrive des moments où nous sommes confrontés au silence de Dieu devant les difficultés  qui s’abattent sur nous. C’est notre foi qui est mise à l’épreuve. Le Tout-Puissant n’abandonne pas ses bien-aimés à la gueule de la mort. Il vient toujours montrer au moment opportun qu’il domine tout et que nous n’avons rien à craindre. Jésus marchant sur la mer qui pour les Juifs, est la demeure des forces du mal, nous révèle qu’il est le plus puissant et qu’il soumet tout sous son autorité. Il dit à ses disciples apeurés : « Confiance ! C’est moi, n’ayez pas peur ! ».Tout disciple qui a la foi sait désormais que Dieu opère dans le calme et peut dans la foi, traverser toutes les catastrophes naturelles en chantant avec le psalmiste : « Dieu est pour nous un refuge et un appui. Un secours qui ne manque jamais dans la détresse. C’est pourquoi nous sommes sans crainte quand la terre est bouleversée et que les montagnes chancellent au cœur des mers. Quand les flots des mers mugissent, écument, se soulèvent jusqu’à faire trembler  les montagnes…» (Ps 46, 1-3).

Dans ma vie

La foi, c’est aussi se jeter les yeux fermés dans les bras de Jésus au cœur des situations humainement insolubles, assuré qu’avec Dieu rien n’est impossible.

À méditer

« Confiance ! C’est moi, n’ayez pas peur ! » (Mt 14, 27).

(1 R 19, 9A, 11-13A ; Rm 9, 1-5 ; Mt 14, 22-33)

Père Antoine TIDJANI, BIBLISTE

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