juillet 10, 2020
Questions/Réponses

Question : « De même vous aussi : pensez que vous êtes morts au péché, et vivants pour Dieu en Jésus-Christ », conseille Saint Paul aux Romains. Or, nous ne cessons de pécher contre Dieu. Alors, le fait de penser que je suis mort au péché peut-il m’aider à éviter le péché ?

Sidnelle KOUGBLENOU, Stagiaire

Réponse

Ma sœur, nous voici au 13e dimanche ordinaire A. La Parole de Dieu nous invite à une méditation sur la radicalité de notre condition de disciples (Évangile). Dans cette veine, Saint Paul nous exhorte à « penser » notre nouvelle identité : « Pensez, dit-il, que vous êtes morts au péché, et vivants pour Dieu en Jésus ». Cette recommandation peut-elle vraiment nous aider à éviter le péché ?

Signification du mot « Penser »

Comprendre vraiment ce que veut dire « penser » nous sera d’un grand secours. Penser signifie, au plus bas, « se souvenir ». On dirait, « souvenez-vous que vous êtes morts… ». Il peut aussi s’entendre au sens ordinaire de la réflexion argumentative. Le « penser » serait alors l’opération de l’esprit qui permet de faire des analyses à partir du fait de l’incorporation au Christ à travers le baptême. « Penser » peut aussi signifier « méditer ». Il s’agit fondamentalement d’une logique de cœur qui prend appui sur la foi. Enfin, « penser » peut signifier « croire » : « croyez que vous êtes morts… ». Il s’agit, dans ce dernier cas, de convictions à se faire au sujet de sa nouvelle identité en Jésus. C’est seulement, et après seulement, qu’on peut passer à l’étape de la mort à penser.

Penser la mort au péché

La seconde expression difficile à cerner est la « mort au péché ». Mourir au péché signifie se désolidariser avec lui, renoncer au mal et à toutes ses affiliations. Positivement dit, il s’agit de notre libération vis-à-vis des chaînes de la mort que sème en nous le péché, comme si nous n’existions plus (mourir) pour le péché et vice-versa. « Penser notre mort au péché », c’est donc non seulement se souvenir en permanence de cette mort dans l’acte de notre baptême, mais aussi réfléchir par la tête et par le cœur aux implications d’une telle mort et y croire effectivement. Notre esprit est si souvent préoccupé  par les soucis de la vie, que le « penser notre mort » passe vite aux oubliettes. Saint Dominique Savio avait sa devise pour ne pas succomber au péché : « Mieux vaut mourir que de commettre un seul péché ». Le penser pour ainsi dire est un acte d’être. Penser et être, sous ce rapport, sont collatéraux.

Penser la vie pour Dieu.

Penser la mort au péché, certes. Mais aussi penser la vie pour Dieu. Les deux ailes sont extrêmement importantes pour mieux vivre sa configuration au Christ. Vous voulez éviter le péché ? Eh bien ! Pensez aussi à vivre pour Dieu. Concrètement, il s’agit de s’attacher à la Parole de Dieu en travaillant à ressembler davantage à Dieu par l’imitation du Christ. On ressemble beaucoup plus à Dieu en imitant son Fils qu’en fuyant le péché. La peur de pécher nous fait plus pécher que le désir de vivre de la grâce de Dieu. « Penser vivre pour Dieu » revient à nous souvenir que nous devons faire comme le Christ, en faisant le bien en tout lieu et en tout temps.

Ma sœur, toute l’exhortation de Paul invite à établir une équation entre « le penser » et le « vivre ». Nous comprenons vraiment son appel si « le penser notre mort au péché et notre vie en Christ » transforme notre vie concrètement. La radicalité de cette transformation manifeste la profondeur de notre capacité à penser.

Père Jean OUSSOU-KICHO, Directeur du Complexe scolaire catholique de Bassila

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