juin 23, 2021
Jeunesse

Quelles sont nos responsabilités chrétiennes face au chômage des jeunes ?

Quelles sont nos responsabilités chrétiennes face au chômage des jeunes ?

 

Des milliers de jeunes chômeurs souffrent, matériellement et moralement, de l’échec des approches techniques développées par les hommes d’Etat pour faciliter l’accès à l’emploi. L’Église se doit alors d’intervenir pour trouver une solution juste et durable en raison des conséquences graves qui découlent du chômage des jeunes. Dans la dynamique de donner un visage chrétien aux réflexions sur le travail, Luc Vidjannagni Dansou, Entrepreneur catholique et auteur des livres « Manager par la Discipline » et « Manager par la Foi » propose des solutions pour un accompagnement ecclésiastique des jeunes.

(Interview réalisée par Monaliza Paloma HOUNNOU)

 

Qu’est-ce qui distingue le chômeur du sans-emploi ?

 

Le Bureau International du Travail (BIT) a défini le chômeur comme étant une personne en âge de travailler, soit âgée de 15 ans ou plus et qui remplit trois critères : – le chômeur doit être sans travail : il ne doit pas avoir exercé une activité rémunérée au cours de la semaine, ne serait-ce qu’une heure pendant la semaine de référence ; – le chômeur doit être disponible dans un délai de deux semaines pour occuper un emploi. Dans le cas d’arrêt maladie, la disponibilité est étendue à quatre semaines ; – le chômeur doit être activement à la recherche d’un travail au cours des quatre dernières semaines. Il doit ainsi mettre en œuvre des démarches spécifiques comme se déclarer chômeur ou s’inscrire dans une agence d’intérim. Au regard de ces critères du BIT, contrairement à ce que l’on pense, un chômeur n’est pas un inactif. Il s’agit d’une personne qui dispose de la capacité de travailler et qui est activement à la recherche d’un emploi. Il ne faut donc pas réduire toutes les personnes qui ne travaillent pas, aux chômeurs. De nombreuses personnes peuvent être momentanément sans emploi, alors que le chômeur, lui, est une personne qui peut et veut travailler, mais qui ne trouve pas d’emploi.

 

2° Quelles sont les conséquences sociales du chômage ?

Le chômage est aujourd’hui un problème social dans les pays africains. Les demandeurs de travail augmentent tandis que les besoins des structures d’accueil diminuent. Cela est dû d’une part, à la démographie galopante, au développement du travail exercé par les femmes, et d’autre part, à l’informatisation, aux phénomènes de délocalisation, mais surtout à l’inadéquation entre les formations et les besoins d’emploi. Par ailleurs, la corruption grandissante dans les administrations publiques réduit la capacité de l’Etat à investir et à créer assez d’emplois pour les jeunes. Ainsi, la première conséquence du chômage est, bien entendu, la perte de revenus. La perte voire l’absence d’un emploi peut être le début de la spirale de l’exclusion socioéconomique du chômeur. Car la perte de revenus entraîne la perte du logement, l’isolement, la clochardisation et le développement de tout vice comme la toxicomanie, la délinquance, etc. La seconde conséquence qu’il faut noter est l’impact psychologique de la perte ou de l’absence d’emploi, dans une société où le travail est perçu comme une valeur primordiale. En effet, celui qui n’a pas de revenus fixes ne pourra pas se marier. Tout ceci pourrait donc induire chez le chômeur, la perte de confiance en soi et détruire sa foi peu enracinée. De ce fait, le chômage peut conduire au suicide, aux dépendances diverses et aux soulèvements de masse qui détruisent les biens publics, mettant ainsi en péril la quiétude sociale.

 

3° Quel accompagnement l’Église peut-elle proposer aux jeunes, souvent victimes du chômage ?

Pour faire face au chômage des jeunes, « il faut de la créativité », « une créativité courageuse », nous dira le Pape François. Il nous demande aussi de : « travailler ensemble pour vivre l’hospitalité, en particulier envers ceux dont la vie est plus vulnérable. Cela fera de nous, des êtres meilleurs, de meilleurs disciples et un peuple uni ». Par cette exhortation du Pape, l’Église est conviée à renforcer la communion fraternelle. Tous les chrétiens en général et nous, aînés en particulier, devrons donc réfléchir et travailler ensemble avec les jeunes pour trouver les meilleures solutions au chômage. Pour ce faire, continuer à créer des unités de production communautaires en tenant compte de la discipline, serait une solution. Pour finir, j’estime que l’Église devra encourager les jeunes à l’entreprenariat et les accompagner afin qu’ils y réussissent.

 

Qu’est-ce qu’un vicaire apostolique ?

Un vicaire apostolique est une figure juridique dans l’Église. C’est un prélat qui représente le Saint-Siège avec les pouvoirs d’un évêque. Il n’a pas le titre d’un évêque pour la simple raison que, à la différence d’un évêque diocésain, le vicaire apostolique administre un territoire qu’on appelle « vicariat apostolique » et qui n’est pas encore érigé en diocèse. Dans l’histoire de l’Église au Bénin, nous avons connu des vicaires apostoliques. Mgr Louis Dartois fut le premier vicaire apostolique du Dahomey (1861-1905).

Père Serge Martin AINADOU

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