février 28, 2020
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Espace jeunesse : Comment passer une journée romantique dans un esprit évangélique ?

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Comment passer une journée romantique dans un esprit évangélique ?

 

Le 14 février de chaque année est consacré à la Saint-Valentin, fête de l’Amour. Mais de quel type d’amour s’agit-il exactement ? Quelle est l’histoire de cette fête embourbée par les pratiques commerciales de notre époque ? Comment les chrétiens doivent-ils passer ce moment romantique tout en évitant les débauches ? Autant de préoccupations qu’aborde le père Hermann Juste Nadohou-Awanou, prêtre de l’archidiocèse de Cotonou.

  

  1. À l’origine, quel est le message exact de la fête de la Saint-Valentin ?

 

En réalité, la Saint-Valentin n’est pas une fête biblique. C’est une fête liée à l’histoire d’un prêtre romain prénommé Valentin, qui célébrait, en l’an 268 après Jésus-Christ, des mariages en secret, malgré l’interdiction de l’empereur Claude II à Rome et un peu partout. Ainsi, ce dévouement pour la cause de l’amour et du mariage, malgré l’interdiction de l’empereur Claude II, a valu au prêtre Valentin d’être décapité. En effet, l’empereur ayant eu besoin de jeunes et vaillants guerriers, a interdit le mariage dans tout l’empire, pour que cela ne devienne pas une excuse pour ne pas aller combattre. Ayant constaté que Valentin célébrait des mariages secrètement, il ordonna qu’on le décapite vers 270 après Jésus-Christ. Depuis ce temps, les couples ont vu en Valentin, l’intercesseur parfait pour réévaluer leur amour les uns pour les autres, pour leurs parents, leurs amis et pour tous les hommes en général. Ainsi, ceux qui étaient souvent très occupés et n’arrivaient pas toujours à témoigner de leur amour à leurs proches, essayaient de s’asseoir pour se réévaluer à travers un bilan annuel et de petites lettres portant la signature de « Ton Valentin ». Voilà comment est née la Saint Valentin. Plus tard, le Pape Gélase 1er décréta que le 14 février soit la fête de la Saint-Valentin, en l’honneur des trois chrétiens du même nom dont notre prêtre romain. Il s’agissait d’un bon moyen pour remplacer les Lupercales, une fête païenne qui se déroulait du 13 au 15 février et qui célébrait Faunus, le dieu romain protecteur des troupeaux et de la fécondité. Mais ces festivités finissaient souvent en orgie.

  

  1. Comment le jeune chrétien doit-il passer la journée de la Saint-Valentin ?

 

Le jeune chrétien doit d’abord profiter de ce jour pour célébrer Dieu qui est Amour, Lui qui donne aux hommes et plus particulièrement aux chrétiens de se faire reconnaître à l’amour qu’ils se portent les uns aux autres. Ensuite, le jeune chrétien doit profiter de la Saint Valentin pour honorer son prochain (conjoint, conjointe, voisin, parent, etc.), en lui donnant le plus beau témoignage d’amour qui soit. Il doit aussi honorer l’environnement dans lequel il vit selon les instructions du Pape François dans Laudato Si’. Par ailleurs, comme pour reprendre Saint François d’Assise, le jeune chrétien doit travailler le jour de la Saint-Valentin à être un instrument d’amour là où il y a la haine, un instrument de pardon là où il y a l’offense, un instrument d’union là où il y a la discorde, un instrument de vérité là où il y a l’erreur, un instrument de foi là où il y a le doute, un instrument d’espérance là où il y a le désespoir, un instrument de lumière là où sont les ténèbres et un instrument de joie là où il y a la tristesse. En réalité, quand on fait l’état des lieux, notre monde a besoin de témoignage authentique pour que les hôpitaux et les prisons soient vidés. Mais comment ? À travers la prière et l’action : « Ora et labora, prie et travaille ». En effet, l’amour durable n’est pas qu’émotion, mais aussi action et attention. Saint Jean le dit dans sa première lettre : « Petits enfants, n’aimons pas en paroles et avec la langue, mais en actions et avec vérité », (1 Jean 3, 18). On peut donc choisir ce jour de la Saint-Valentin pour lire et méditer par exemple, l’une des deux encycliques du Pape émérite Benoît XVI, Deus caritas est, publiée en 2005 et Caritas in veritate publiée en 2009, ou l’un des livres du père Daniel-Ange, Ton corps fait pour l’amour, publié en 1990 et Ton corps fait pour la vie, publié en 1994, ou encore, suivre des conférences-débats sur l’amour.

 

  1. Quels risques le jeune ne doit-il pas prendre en cette fête ?

 

Parmi les comportements peu recommandables, l’on peut citer : la drogue, le chicha, les excès de table, de lit et de vitesse. Il est communément admis que l’alcool et le tabac nuisent dangereusement à la santé. L’alcool, en effet, est la cause directe de l’inflammation du foie (hépatite) et du pancréas ; il trouble aussi le rythme cardiaque. Selon le British Medical Journal (Bmj), l’abus d’aliments ultra transformés accroît le risque de mortalité, le risque d’obésité, d’hypertension artérielle et de cancer. Par rapport au sexe, l’on a coutume de dire que le sexe est bon pour la santé, quand il ne s’accompagne pas de pratiques à risque. Il est également bon pour le moral pour cimenter un couple, pour améliorer le sommeil. Pourtant, les rapports sexuels, comme toute activité humaine, comportent leurs lots de risques tels que les infections sexuellement transmissibles (Ist) et les grossesses non désirées. Donc pas d’excès, ni de débauche le jour de la Saint-Valentin. Tout doit y être fait dans la mesure. Rien dans la démesure. Aux jeunes célibataires, je conseille de ne pas être angoissés à l’idée de ce que les mariés vivront ce jour, car leur tour vient. « L’amour est patient » (1 Co 13,4). Qu’ils résistent alors aux sollicitations du monde dans la confiance en Dieu dont la grâce n’est jamais vaine. Aux mariés, qu’ils prennent le temps de dire ensemble, la prière des époux de leur jour de mariage, de s’asseoir pour évaluer les hauts et les bas de leur vie de couple et de famille, faire leur bilan à la lumière de l’Esprit Saint pour une vie renouvelée. Aux découragés par le faux-amour, qu’ils laissent Dieu renouveler leur Espérance. Un dernier conseil : ne vous ruinez pas dans des cadeaux.

 

Qu’est-ce qu’un vicaire épiscopal ?

Un vicaire épiscopal est un prêtre ou des prêtres nommés librement par un évêque diocésain pour le seconder dans sa tâche dans un domaine particulier, ou bien dans une partie bien déterminée de son diocèse. Le vicaire épiscopal est un collaborateur immédiat de l’évêque. Les fonctions d’un vicaire épiscopal sont semblables à celles d’un vicaire général. Cependant, sa juridiction ne s’applique qu’à une certaine partie territoriale du diocèse, un secteur apostolique particulier ou un groupe déterminé de fidèles. Dans le droit de l’Église, appelé le droit canonique, la figure du vicaire épiscopal est décrite en son Canon 476.

Père Francis ADIMOU Aumônier diocésain de la jeunesse, Cotonou

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