février 28, 2020
Comprendre la Parole

Tu es mon serviteur

2e Dimanche du temps ordinaire-A

Tu es mon serviteur

 

Le dimanche passé, nous assistions au baptême de Jésus par Jean-Baptiste. L’Esprit-Saint descendu sur Jésus à cette occasion l’a manifesté à Jean-Baptiste. Il le reconnaît comme le Messie attendu. Celui qu’Isaïe annonçait comme le Serviteur de Dieu, Jean le présente en disant : « Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ». Le mot serviteur est le terme le plus repoussant dans notre mentalité  d’hommes post-modernes où tout est perçu en gros plan. La haute technologie est au point, la société super-structurée est là sous nos yeux et chacun veut en gérer une portion comme chef, représentant ou directeur. En soi, ce n’est pas mauvais. Mais il nous faut aller plus en profondeur de nos “grands titres” pour faire coïncider leur sens avec celui que Dieu donne à son Fils pour le salut du monde. Et c’est là où Dieu nous déroute au cœur de notre mentalité. Son Fils dans la sainte Écriture est présenté avec des termes peu honorables : « Serviteur », « agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ». En somme, des mots à résonance d’humiliation et de sacrifice qui répugnent en général à tout le monde. Dieu nous renvoie toujours à cet essentiel tapi au fond des choses que l’orgueil de nos cœurs nous fait oublier. Les belles choses que nous contemplons sur la terre  ne  sont que les fruits de sacrifices d’humbles hommes et femmes qui se sont faits les serviteurs et servantes de tous. Quand les grands titres que nous avons l’honneur de porter se comprendront comme des humbles services à rendre à l’humanité dans un esprit d’immolation et de sacrifice, alors le message du Christ peut se féliciter d’être bien compris.

 

Être le serviteur de Dieu

Dans la Bible, nombreux et variés sont les termes qui définissent le mot « serviteur ». Depuis l’hébreu èbèd, naar, mecharéth au grec doulos (esclave), païs (esclaves et serviteurs appartenant à la famille), thérapôn (serviteur en tant qu’administrateur de la maison, Hé 8, 2), leitourgos (serviteur, ministre dans le sens d’un service public, un sacerdoce, Hé 1, 7), diaconos (service se rapportant à l’activité pour Christ, 1 Co 3, 5), latreûs ( le mot latreïa et le verbe latreueïn s’y retrouvent plusieurs fois pour indiquer le service de Dieu dans ses attributions morales, religieuses et cultuelles (Rm 9, 4; Hé 9, 1; Rm 12,1, où le mot est employé par opposition au service des idoles, cf. 1 M 1, 43 ). Jésus, comme serviteur de Dieu, donne sens à cette expression en choisissant de se conformer strictement à la  volonté de Dieu. « Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé » (Jn 4, 34). Dans le livre d’Isaïe, sa mission et son identité se précisent : il est caractérisé par le silence et la discrétion (cf 1er chant du Serviteur, Is 42, 1-7).  Il est marqué par  l’épuisement et l’humiliation (Cf. le 2e chant du Serviteur, Is 49, 1-8). Il apparaît maltraité (Is 50, 6-7), mais justifié par le Seigneur Dieu (Is 50, 8-9). Cet aspect douloureux de sa mission sera explicité et approfondi dans le 4e chant (Is 52,13-53,12). Le titre de serviteur isaïen s’enrichit sur les lèvres de Jean-Baptiste par celui de l’agneau de Dieu qui culmine dans la personne de Jésus.

 

Être l’agneau de Dieu qui enlève le péché du monde

Jésus est appelé l’Agneau de Dieu (Jn 1, 29 ; Jn 1, 36) en ce sens qu’il est mort pour nous tous. Sa mort constitue le sacrifice parfait et ultime pour le péché. Tout l’Ancien Testament nous fait comprendre la teneur de son sacrifice. Isaïe annonçant Jésus, prophétisait en ces termes : Il a été maltraité et opprimé et il n’a point ouvert la bouche, semblable à un agneau qu’on mène à la boucherie, à une brebis muette devant ceux qui la tondent ; il n’a point ouvert la bouche (Is 53, 7). L’immolation de l’agneau pascal et l’application de son sang sur les poteaux des maisons (Ex 12,11-13) sont une belle image de l’œuvre expiatoire de Christ à la croix. En fait, tout le système sacrificiel établi par Dieu dans  l’Ancien Testament constitue le cadre de la venue de Jésus-Christ, qui est le sacrifice  parfait auquel Dieu a pourvu, pour l’expiation des péchés de son peuple.

  • Dans ma vie

Si ma conception du service dans l’Église n’est pas conforme à celle de Jésus le Serviteur de Dieu, alors mon parcours à sa suite est à refaire les yeux fixés sur Lui.

  •  À méditer

– Jésus comme serviteur de Dieu donne sens à cette expression en choisissant de se conformer strictement à la volonté de Dieu « Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé » (Jn 4, 34).

– Quand les grands titres que nous avons l’honneur de porter se comprendront comme des humbles services  à rendre  à l’humanité dans un esprit d’immolation et de sacrifice, alors le message du Christ pourra se féliciter d’être bien compris.

 (Is 49, 3.5-6, 1 Co 1, 1-3 ; Jn 1, 29-34)

Père Antoine Tidjani

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